de Jameslol le Mer Aoû 30, 2006 06:15
Microsoft pris dans la toile... chronique d'une mort annoncée
Tel est le titre d'un excellent essai (version PDF, 222Ko) paru il y a quelques jours sur le Web. Ecrit par deux spécialistes bardés de diplômes (dont un prof d'HEC, diplomé d'Harvard et docteur en mathématiques, excusez du peu), on y trouve une longue explication de ce qui oppose Microsoft au modèle de développement libre. C'est fichtrement bien documenté, bourré de référénces en tous genres, de Marx à la pyramide de Maslow, en passant par Bill Gates (forcément), Torvalds et Stallman. Seulement voilà, c'est diffusé en PDF, ça fait 19 pages A4, ça manque furieusement de d'hyperliens expliquant les différents concepts, et même si tout le monde vous affirme l'avoir lu, ça m'étonnerais bigrement que ça soit vrai. Heureusement, l'excellent Framasoft a publié des notes de lecture, et le Nomablog s'est fendu d'un compte rendu façon Reader's Digest (comprendre : pour les flemmards, les neuneus ou les cadres pressés). Tant mieux, ça m'évitera de le faire, d'autant que je n'ai guère de temps de m'occuper de cela d'une part, et d'autre part c'est une occasion de moins de passer à tort pour un anti-Microsoft primaire. Merci donc à Nomablog et à Framasoft...
Pour ma part, je voudrais souligner quelques extraits, pris ici et là, qui m'ont paru particulièrement significatifs :
Je commencerais par une citation de François Elie, président de l'indispensable ADULLACT. Accrochez-vous, elle dépote !
Un logiciel libre est gratuit, une fois qu'il est payé.
Au premier abord, on peut ricaner, en estimant que Lapalisse n'aurait pas dis mieux. Et pourtant, on tient là une vérité première qui mérite qu'on s'y attarde. Oui, le logiciel libre est gratuit une fois qu'on a réussi à le développer. Bien sûr, je prèche pour ma paroisse (n'oublions pas que je suis evangéliste ;-), mais un logiciel libre, que ce soit Linux, OpenOffice.org ou Mozilla, a un coût, lié à sa distribution (serveurs, bande passante), à sa conception (hébergement des outils type bugzilla, Bonsai, etc.) ou à la rétribution de ses contributeurs clés :
* Alan Cox et Linus Torvalds pour Linux,
* Les développeurs payés par Sun pour OOo
* Les Drivers et super-reviewers de Mozilla
Revenons au papier Microsoft pris dans la toile, et passons à une autre citation, portant sur l'utilisation de logiciels libres dans la fonction publique. Après une longue citation de l'excellente lettre du député Villanueva Nuñez à Microsoft (dont la lecture devrait être obligatoire !), on trouve ce paragraphe, qui est pour moi une évidence :
Les logiciels libres et les standards sont plus qu’une alternative pour les collectivités publiques en France et dans le monde. Ils sont une nécessité, un impératif démocratique. En fait, les collectivités publiques partagent, ou devraient partager, avec l'Internet et les logiciels libres la même nature, les mêmes valeurs : l'accessibilité, le droit de ne pas être exclu, le patrimoine public. Les valeurs de la république sont : liberté, égalité, fraternité ? Ce sont aussi les valeurs des communautés qui travaillent autour d’Internet, même si ces mots ne sont pas toujours explicités. Alors c’est dit ! Service public et logiciels libres, même combat. Ils ne pouvaient que converger.
Oui, logiciels libres et standards ouverts sont une évidence pour le service public, et c'est ce que confirment mes interlocuteurs dans les administrations !
Enfin, je reprendrais la conclusion du document lui même, qui n'est autre qu'une citation de Bill Gates, extraite de son livre Le travail à la vitesse de la pensée. Oui, on pourrait croire que je ne peux pas donner raison à Bill Gates. Et pourtant, je suis déjà tombé d'accord avec Steve Ballmer, et j'ai pourtant écris ici même que Microsoft est une bonne boite. Alors écoutons Bill Gates quand il prend du recul sur Internet et pense à autre chose que les dividendes de Microsoft et aux parts de marché du monopole Microsoft :
Le style de vie Internet peut augmenter l'engagement du citoyen dans la vie publique. Beaucoup de décisions à prendre sont politiques, sociales, et non techniques : comment donner à tous l'accès au Web, comment protéger les enfants... Quelle que soit leur culture, les citoyens doivent s'engager dans l'impact social et politique de la technologie numérique, afin de faire en sorte que cette nouvelle ère reflète bien la société qu'ils désirent.
Oui, oui et oui ! Il revient à chacun de nous de faire des choix en tant que citoyen : quand on parle d'accès pour tous, on en vient à des considérations qui sont à la fois citoyennes et techniques : respect des standards du Web pour partager l'information avec tout le monde, respect de l'accessibilité quand je publie un site ou un document.
Quand on parle de faire en sorte que la nouvelle ère numérique reflète la société numérique, on peut raisonnablement penser ouverture, Liberté, ou encore indépendance maximale vis à vis des multinationales dépourvues d'éthique. Vous adhérez très probablement à ce genre de valeur, et je vois mal comment ne pas le faire : rares sont les gens qui se revendiquent fermés, opposés à la Liberté, et qui souhaitent plus encore dépendre de la volonté de grands groupes industriels parfois monopolistiques.
Alors, si vous croyez en Ouverture, Liberté et Indépendance, vous vous devez de choisir un navigateur libre, disponible sur toutes les plateformes, dans une multitude de langues, vous laissant accès au moteur de recherche de votre choix. Il est essentiel que nous puissions nous approprier notre navigateur, le personnaliser, l'améliorer, vérifier (ou faire vérifier) que nous pouvons lui faire confiance en terme de sécurité.
Alors, faites ce que Bill Gates recommande dans son style de vie Internet : respectez les standards du Web et utilisez un navigateur libre.
Et à ceux qui, par flemmardise, par crainte de l'inconnu, par peur du changement, restent sur un navigateur obsolète et propriétaire, je rétorquerais une citation de Benjamin Franklin :
Ceux qui sont prêts à abandonner une liberté essentielle pour un peu de sécurité immédiate ne méritent ni liberté ni sécurité.
En Ecosse, un homme a été arrêté pour attentat à la pudeur... parce qu'il s'épongeait le front avec son kilt.[Coluche]