L'Europe, sera-telle française?

La politique c'est ici.

L'Europe, sera-telle française?

Messagede Siyabonga le Ven Juin 16, 2006 16:00

Napoléon, c'est à Waterloo qu'on l'a eu , pas vrai?
Alors.. :zen:
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Messagede Maldoror le Ven Juin 16, 2006 16:03

Tu peux nous la faire en version longue?

Enfin, au passage, les tentations impérialistes sont moins françaises qu'européennes, sauf changement d'orientation de la politique communautaire dans le courant de la nuit...
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Messagede Siyabonga le Ven Juin 16, 2006 16:27

Maldoror a écrit:Tu peux nous la faire en version longue?

Enfin, au passage, les tentations impérialistes sont moins françaises qu'européennes, sauf changement d'orientation de la politique communautaire dans le courant de la nuit...

-------
Derrière cette hargne condescendante s'est réfugié un nationalisme exacerbé camouflé.
En version V.O. cela nous donne: les français ne sont pas impérialistes! la preuve? Suffit de voir fleurir "Carrefour" partout , en Belgique, Pologne etc.; Electrabel etc.. etc..
Evidemment le pire ennemi c'est toujours Bruxelles et cela depuis la "morne plaine"et son chemin creux d'Ohain de 1815!
où pourtant les oiseaux entendirent le "cliquetis" des armes et les "cambronne!" de la "vieille" garde qui survécu.
"BRUXELLES"!! empêche de tourner en rond, si j'ai bien lu?
Mais qui c'est-y qui tourne en rond cherchant la faille?
Rond, rond, macaron.. :zen:

Des idées, j'ai rien vu! Quel forum tout d'même! :fou:
Ah! mais ! Comme je suis bête! "Les anglosaxons"!
Vingt dieux! j'oublie toujours ces chenapans! :zen:
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Messagede Maldoror le Ven Juin 16, 2006 16:43

Siyabonga a écrit:
Derrière cette hargne condescendante s'est réfugié un nationalisme exacerbé camouflé.


Ces propos s'adressent à moi en particulier, ou était-ce seulement une irrépressible envie de replacer dans la discussion une expression fétiche...

Siyabonga a écrit:En version V.O. cela nous donne: les français ne sont pas impérialistes! la preuve? Suffit de voir fleurir "Carrefour" partout , en Belgique, Pologne etc.; Electrabel etc.. etc..
Evidemment le pire ennemi c'est toujours Bruxelles et cela depuis la "morne plaine"et son chemin creux d'Ohain de 1815!
où pourtant les oiseaux entendirent le "cliquetis" des armes et les "cambronne!" de la "vieille" garde qui survécu.
"BRUXELLES"!! empêche de tourner en rond, si j'ai bien lu?
Mais qui c'est-y qui tourne en rond cherchant la faille?
Rond, rond, macaron.. :zen:

Des idées, j'ai rien vu! Quel forum tout d'même! :fou:
Ah! mais ! Comme je suis bête! "Les anglosaxons"!
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De ce que j'ai pu comprendre de la "version V.O." tu assimiles les entreprises françaises à la population française, ce qui est à mon sens dénué de fondements.
Enfin, lorsque j'écris "les tentations impérialistes sont moins françaises qu'européennes, sauf changement d'orientation de la politique communautaire dans le courant de la nuit" cela signifie simplement que la logique impérialiste n'est plus porté par la France mais par l'Unino européenne, via son double processus d'élargissement/intégration, ce n'est en rien un jugement de valeur sur "Bruxelles" ou même sur l'impérialisme...
Ce qui m'amène à considérer que tes qualités de rédacteur sont finalement supérieures à celles de lecteur, ce qui n'est pas sans m'inquiéter sur l'avenir et l'intérêt de cette discussion...

Pour ce qui est du fond du propos, ou de moins de ce que je crois en avoir saisis, je ne comprends pas en quoi cela te pose problème que des entreprises comme Carrefour s'étendent à l'étranger, c'est un effet plutôt positif du libéralisme et de l'actionnariat, non?
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Messagede ombre de sang le Ven Juin 16, 2006 17:33

Suivons cette personne....
Carrefour s'implante à l'étranger c'est de l'impérialisme.
S'ils ne s'implantent pas ca aurais été à cause d'un "ultra-nationalisme".
J'ai bon? :D
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Messagede Maldoror le Ven Juin 16, 2006 17:52

ombre de sang a écrit:Suivons cette personne....
Carrefour s'implante à l'étranger c'est de l'impérialisme.
S'ils ne s'implantent pas ca aurais été à cause d'un "ultra-nationalisme".
J'ai bon? :D


+1

C'est également un paradoxe qui m'a semble présent dans son argumentation... :D

J'irais même jusqu'à suposer, mais l'intéressé pourra me corriger, que le reproche qu'il fait en général à ces entreprises (ou à telle ou telle décision administrative) c'est essentiellement d'être rattachées de près ou de loin à la France.
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Messagede Siyabonga le Ven Juin 16, 2006 19:44

Posté le: Ven Juin 16, 2006 13:43 Sujet du message:

--------------------------------------------------------------------------------
De ce que j'ai pu comprendre de la "version V.O." tu assimiles les entreprises françaises à la population française, ce qui est à mon sens dénué de fondements.

:zen: Salut la France!
Aux armes!
mon sang impur abreuvera vos sillons! :zen:

"dénué de tous fondements"???? Quel parti-pris! sapristi!
Est-ce que je "peux" invoquer certaines gesticulations oubliées semble-til mais pour cause!
- Danone, menacé par coca-cola- of all people!- :((( je pense me souvenir de réactions TERRIBLES! :zen:
-GDF menacé par l'Italie et .. Z'avez oublié?
-reprendre votre "nonos" belge, Electrabel?
- le "patriotisme économique" - qui a inventé ce truc? Je le sais m'sieur! C'est.. Bruxelles m'sieur! (J'ai 10/10?)

Non, non, loin de vous ces funestes desseins! Les français sont les champions de l'Europe. ils obéissent à tous les règlements, pourfendent les impies!
Comment ai-je pu errer de la sorte? ce Siyabonga , quel rigolo!
c'est du "n'importe quoi! "
Alors, on le dit, "Vive la France"!
les français? des victimes du "système" libéral ""bruxellois"" voté par Strasbourg.. curieux ça! :zen:
D'après "The Economist"? "La grande nation"! :zen:
Z'êtes chatouilleux pas vrai? Poisson mord!
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Messagede Gattaca le Ven Juin 16, 2006 19:49

si je dis que tu es completement dingue, c'est un jugement de valeur...? :)) :)) :))

Mais si j'argumente, ça peut passer ? :D


en tout cas ta prose est on ne peut plus pénible à lire... essaye de faire un effort.
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Messagede Jameslol le Ven Juin 16, 2006 19:49

[center]Je ne sais pas, mais je suis sûr que le week end sera Européen :lol:


:coucou:
[/center]
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Messagede Maldoror le Ven Juin 16, 2006 20:22

Siyabonga a écrit:Posté le: Ven Juin 16, 2006 13:43 Sujet du message:

--------------------------------------------------------------------------------
De ce que j'ai pu comprendre de la "version V.O." tu assimiles les entreprises françaises à la population française, ce qui est à mon sens dénué de fondements.

:zen: Salut la France!
Aux armes!
mon sang impur abreuvera vos sillons! :zen:

"dénué de tous fondements"???? Quel parti-pris! sapristi!
Est-ce que je "peux" invoquer certaines gesticulations oubliées semble-til mais pour cause!
- Danone, menacé par coca-cola- of all people!- :((( je pense me souvenir de réactions TERRIBLES! :zen:
-GDF menacé par l'Italie et .. Z'avez oublié?
-reprendre votre "nonos" belge, Electrabel?
- le "patriotisme économique" - qui a inventé ce truc? Je le sais m'sieur! C'est.. Bruxelles m'sieur! (J'ai 10/10?)

Non, non, loin de vous ces funestes desseins! Les français sont les champions de l'Europe. ils obéissent à tous les règlements, pourfendent les impies!
Comment ai-je pu errer de la sorte? ce Siyabonga , quel rigolo!
c'est du "n'importe quoi! "
Alors, on le dit, "Vive la France"!
les français? des victimes du "système" libéral ""bruxellois"" voté par Strasbourg.. curieux ça! :zen:
D'après "The Economist"? "La grande nation"! :zen:
Z'êtes chatouilleux pas vrai? Poisson mord!


Chatouilleux? Avec les rigolos, toujours, d'autant plus lorsqu'ils ont une fâcheuse tendance à s'exprimer péniblement dans la langue d'un pays qu'ils entendent dénigrer en permanence.
Après, la France est critiquable sur bien des points, nous sommes d'accord, mais de là à vouloir pourfendre chacune de ses actions économiques (tel que le développement de supermarché à majorité d'actionnaires français), quand bien même ceux-ci sont en accord avec une logique libérale autant qu'avec la politique communautaire (qui ne l'est pas toujours, la PAC en est un bon exemple), ce n'est pas faire montre de patriotisme que de soulever l'incohérence, c'est l'exigence de tout individu, français ou pas.

Enfin, pour l'instant, je tiens à te signaler que tu es tout seul sur la barricade et qu'il n'y a personne prêt à te tirer dessus... Juste au cas où tu en douterais vraiment.
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Messagede Siyabonga le Ven Juin 16, 2006 20:45

Tiens! tu amènes du blé au moulin!
La P.A.C. disions-nous.. qu'en penses-tu?
:zen:
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Messagede Maldoror le Ven Juin 16, 2006 20:55

Siyabonga a écrit:Tiens! tu amènes du blé au moulin!
La P.A.C. disions-nous.. qu'en penses-tu?
:zen:


Etant donné que mon chargé de TD m'a posé sensiblement la même question au cours du semestre, je t'en offre même deux réponses pour le prix d'une, sur la PAC et sur le Chèque britannique. C'est pas de l'esprit de franche ouverture ça ?
Tu m'excuseras, j'adopte ta méthode, je laisse à l'interlocuteur le soin de trier les éléments de réponses en rapport avec le sujet et ceux qui ont été rammassés sur la route :lol:

PS: Sinon, à l'occasion, si tu peux m'expliquer en quoi l'implantation de magasins carrefour dans les PECO témoigne d'un impérialisme français, le sujet est toujours d'actualité, s'agirait de pas sauter sur n'importe quel os sans avoir finit de ronger le premier.


Les 15 et 16 décembre derniers, le Conseil européen de Bruxelles adoptait un accord portant sur les perspectives financières de l’Union européenne pour la période 2007-2013. Au nombre des dispositions générales qui fondent ce cadre financier pluriannuel, on rencontre notamment l’affirmation du principe selon lequel "chaque pays doit contribuer de façon égale et équitable au coût de l’élargissement". En l’occurrence cette affirmation vise moins à consacrer qu’à réactualiser une notion déjà présente dans le processus budgétaire de l’Union.

Appliqué au Royaume-Uni à compter de 1984 lors du Conseil européen de Fontainebleau, et ce après plusieurs années de querelles budgétaires avec les autres Etats membres, ce mécanisme de péréquation également appelé le « rabais » ou le « chèque britannique » se fondait sur le principe selon lequel « tout Etat membre supportant une charge budgétaire excessive au regard de sa prospérité est susceptible de bénéficier, le moment venu, d’une correction ».
Organisées selon un critère de la fiscalité, les modalités de calcul des contributions avaient eu pour conséquence de faire du Royaume-Uni, pourtant l’un des Etats membres le moins prospère, l’un des principaux contributeurs du budget communautaire. Le pays, affichant à l’époque un niveau de vie de 10 % inférieur à la moyenne européenne, contribuait ainsi de façon excessive au budget communautaire, ce déséquilibre étant alors largement accentué par le peu de bénéfice que le pays pouvait retirer d’une politique budgétaire de l’Union favorisant essentiellement les Etats membres à fort potentiel agricole. Ainsi, le rabais britannique consistait en un remboursement de la contribution britannique à hauteur de 66%, remboursement financé par l’ensemble des autres Etats membres.
Dans la pratique, plusieurs Etats vont alors successivement bénéficier de régimes dérogatoires, les exemptant en partie de participer au financement du « chèque britannique », si bien que ce dernier finit par majoritairement reposer sur la France, qui se voit dans l’obligation de contribuer au tiers du montant de la correction.
Mais, malgré son indéniable à la date de son instauration, le rabais britannique a peu à peu perdu sa raison d’être, du moins quant au critère de prospérité. Ainsi, déjà à compter de 1990, le niveau de vie britannique s’était hissé au même niveau que celui des autres Etats membres. En 2003, il se révélait être devenu de 10% supérieur à la moyenne communautaire. Enfin, conséquemment à la baisse du produit national brut européen suite à l’élargissement de l’Union, le Royaume-Uni affiche un niveau de vie de 19% supérieur à la moyenne communautaire.
Pourtant, la correction britannique s’est perpétuée jusqu’à ce jour en dépit d’une évidente perte de légitimité, le Royaume ayant même obtenu en 1999 que sa contribution aux dépenses liées à l’élargissement soit intégrée dans le calcul de la correction, se préservant ainsi pour une large part des conséquences financières de l’élargissement de l’Union.
D’une légitime mesure de compensation, on était ainsi parvenu à un système d’exception dénué de fondement, si ce n’est l’« anomalie budgétaire » que constituait aux yeux des britanniques la prépondérance de la France quant au bénéfice de la politique agricole commune.

Les observateurs de cette authentique pierre d’achoppement communautaire avaient ainsi tout le loisir de critiquer le déficit de solidarité entre les Etats membres tout autant que les incohérences du système budgétaire européen.

Pour autant, la réforme engagée lors du Conseil européen des 15 et 16 décembre 2005 rend-elle caduque l’ensemble de ces critiques ? Il est permis d’émettre quelques réserves sur ce point, tant l’avenir de cette réforme est incertain (A) et tant celle-ci semble de nature à entretenir l’opposition des intérêts nationaux (B).


A/ L’avenir incertain du chèque britannique

Longtemps monopolisée par le conflit franco-anglais, la question du rabais britannique aura ainsi mis plusieurs décennies à seulement pouvoir être sereinement abordée par les institutions communautaires elles mêmes. Pour saisir par quel levier cette épineuse question a pu dépasser le conflit de nations pour être intégré dans une authentique politique de réforme communautaire, il faut s’attacher au préalable à saisir les fondements du mécanisme de correction britannique afin d’évaluer de cette réforme.

1°- Les fondements de la correction britannique

Bien que le Royaume-Uni ne puisse plus aujourd’hui invoquer leur bénéfice, il n’est pas fortuit de rappeler les principes qui ont présidé à l’élaboration du rabais britannique. Ceux-ci se décomposent, d’une part, sur une distinction formelle entre contributeur net et bénéficiaire net et, d’autre part, sur la nécessaire conciliation dans une Europe encore fragile des intérêts nationaux et des objectifs communautaires.

a) La distinction entre contributeur net et bénéficiaire net

La distinction entre contributeur net et bénéficiaire net repose elle-même sur deux caractéristiques essentielles, à savoir un budget communautaire dont la ressource principale est constituée par une contribution des Etats membres calculée en fonction de leur produit national brut respectif ainsi que des dépenses communautaires incluant une redistribution des dites ressources au sein des Etats membres, et ce en fonction des secteurs communautarisés.
De la conjonction de ces deux caractéristiques du budget communautaire, les Etats membres sont donc naturellement appelés à calculer leur position, dans le cadre de leur politique budgétaire communautaire, par rapport au budget communautaire en cherchant à déterminer si les flux entre contribution et retour s’avèrent positifs ou négatifs.
Ainsi, sont considérés comme contributeurs nets les pays dont le montant de la contribution au budget communautaire excède les retours en termes d’aides financières de la part de la Communauté et, inversement, sont dénommés « bénéficiaires nets » les Etats membres percevant un montant total d’aides financières communautaires supérieur à celui de leur contribution au budget de l’Union.
C’est précisément sur le fondement de cette distinction, considéré comme la conséquence comptable du principe de solidarité, que Margaret Thatcher obtint ainsi le rabais britannique en 1984.

Mais, au-delà de l’inévitable prise en compte des réalités comptables, l’intégration de cette distinction au sein du processus budgétaire de l’Union doit s’entendre comme la prise en compte d’une réalité sous-jacente à l’existence du rabais britannique, celle de la persistance des intérêts nationaux jusque dans les secteurs communautarisés.

b) La nécessaire conciliation entre les objectifs communautaires et les intérêts nationaux

Principalement élaboré sur la base de cette distinction entre bénéficiaires nets et contributeurs nets, le rapport des Etats membres avec la politique budgétaire de l’Union communautaire ainsi conçu entretient de fait une ligne de partage au sein même de l’Union. D’un côté se situeraient les véritables acteurs de l’Union européenne, à savoir les contributeurs nets, tandis que de l’autre, les bénéficiaires nets hériteraient du très peu reluisant statut de consommateur de solidarité.
Il va sans dire que la persistance d’une telle différenciation participe de l’affaiblissement de l’Union européenne et constitue un tacite désaveu de la politique de communautarisation budgétaire engagée. Pour autant, on ne peut raisonnablement considérer cette distinction comme un principe obsolète, à moins de considérer comme allant de soi que la construction européenne se fasse au détriment systématique des Etats membres.
Mais, s’il a pu un temps constituer une réponse probante à l’inévitable harmonisation des intérêts nationaux et des objectifs communautaires, le maintien en l’état du chèque britannique ne peut aujourd’hui se réclamer d’une quelconque légitimité sur la base de la distinction entre contributeur net et bénéficiaire net. Il est en effet devenu évident qu’à compter de l’instant où il a commencé de constituer, non plus une mesure de compensation, mais un authentique appareil de désengagement vis-à-vis des engagements communautaires du Royaume-Uni, le rabais britannique s’avère être une faille majeure dans le système budgétaire de l’Union, et plus généralement un fâcheux anachronisme pour une entité politique qui se veut résolument tournée vers l’avenir.

C’est ainsi à raison que le Conseil européen a, dans le cadre de l’élaboration de ses perspectives financières pour la période 2007-2013, projeté d’engager une réforme du mécanisme de la correction britannique.

2°- La probable réforme du chèque britannique

a) Une révision forfaitaire du chèque britannique

Les estimations ayant démontré que, sauf réforme sur ce point, le montant global du chèque britannique à l’issue de la période 2007-2013 avoisinerait les 55 milliards d’euros, le Conseil européen des 15 et 16 décembre 2005 a obtenu de la part du Royaume-Uni une réduction de 10,5 milliards d’euros pour l’ensemble de cette période.
Constituant de fait un plafonnement du rabais britannique, cette réduction substantielle s’affirme donc comme une indéniable avancée budgétaire, corrigeant les errances du mécanisme de correction sans pour autant sarcler les fondements légitimes. De plus, l’acceptation de principe de cette mesure par le Royaume-Uni témoigne d’une certaine volonté de sortir de l’impasse entretenue par la querelle franco-anglaise sur le sujet.
Néanmoins, malgré le bon sens qui semble animer cette réforme, il convient de nuancer cet avis positif, tant le choix d’une réforme de type forfaitaire semble laisser nombre d’interrogations en suspens. Car, bien que la finalité immédiate de la réforme, c’est-à-dire la réduction du chèque britannique, ait indéniablement été atteinte, la cohérence budgétaire de l’Union ne saurait pour autant être rétablie à raison de cette seule mesure.

En effet, cette dernière visant moins à la rationalisation du mécanisme de correction budgétaire qu’à la compensation à posteriori de ses faiblesses, il était nécessaire qu’elle soit accompagnée d’une réforme complémentaire, ce dont le Conseil européen s’est partiellement acquitté.

b) Un ajustement progressif de la contribution britannique à l’élargissement

Ainsi, il a été convenu lors du Conseil européen des 15 et 16 décembre 2005 que le Royaume-Uni devrait pleinement participer, au plus tard en 2013, au financement des coûts de l’élargissement de l’Union relatifs aux Etats membres ayant été intégrés à compter du 30 avril 2004, à l’exception de toutes les dépenses agricoles, ces dernières comprenant les paiements aux agriculteurs, les dépenses de marché ainsi que les dépenses de développement rural. Un calendrier de participation progressive a été fixé à cette fin. Ainsi, le Royaume-Uni participera aux frais de l’élargissement, en comparaison des autres Etats membres, à hauteur de 20% en 2009, à hauteur de 70% en 2010 et enfin à part égale au plus tôt en 2011 et au plus tard en 2013.
En l’occurrence, cet ajustement progressif de la contribution britannique aux frais de l’élargissement contribue un incontestable rétablissement de l’équilibre au sein de la politique budgétaire de l’Union, qui tendrait de plus à mettre un terme aux critiques rituelles quant au déficit de solidarité des britanniques vis-à-vis des Etats membres les moins prospères de la Communauté.

Mais ces conclusions du Conseil européen, sauf à être transcrites dans les textes législatifs, demeureront dépourvues d’effets juridiques. Du fait que toute modification des ressources propres de l’Union nécessite l’unanimité entre les Etats membres, et à considérer l’exclusion dont les dépenses de la PAC font l’objet dans ces conclusions, on distingue sans peine que l’avenir de ce projet de réforme reste intimement liée à la querelle franco-anglaise.

B/ Les enjeux de la révision du rabais britannique : un facteur d’opposition des intérêts nationaux

L’unanimité exigée entre les Etats membres pour toute modification des ressources propres de l’Union et l’opposition de longue date entre la France et l’Angleterre au double sujet de la politique agricole commune et du rabais britannique ont instauré un réel dilemme communautaire, que Tony Blair avait posé en des termes pour le moins explicites : pas de révision du chèque britannique sans réforme de la PAC. Pour autant que l’on ait pu critiquer la méthode britannique sur la forme, il convient néanmoins de reconnaître que l’Union européenne ne saurait désormais plus faire l’économie d’une remise en cause de sa politique agricole commune (1) si elle entend au final rationaliser le budget communautaire (2).


1°- Une remise en cause de la politique agricole commune

Parfois considérée comme le « cœur historique de la construction européenne », la politique agricole commune a ses indéfectibles partisans, dont la France n’est pas des moindres. Pourtant il faut convenir que cette politique pose problème, d’une part, par son manque de cohérence (a) et, d’autre part, par le paradoxe qu’elle constitue au vue des objectifs communautaires (b).

a) Les défaillances structurelles de la PAC

Le fonctionnement de la PAC, reposant sur une réglementation du marché communautaire et sur une logique protectionniste vis-à-vis des productions agricoles des Etats tiers, se traduit concrètement par diverses modalités d’actions.
En premier lieu, la Communauté fixe un « prix d’intervention » pour des productions déterminées, c’est à dire le prix auquel les organismes publics s’engagent à acheter, en ayant recours aux crédits communautaires, l’excédent de production des agriculteurs. Dans la pratique ce prix d’intervention constitue un « plancher » pour le marché communautaire. Ensuite, en vue de pallier à d’éventuels abus de surproductions, différents mécanismes de contrôle ont été instaurées, tel la fixation de quotas sur des productions ciblées au delà desquels l’agriculteur subit une taxation ou les mesures d’incitation, essentiellement financières, au « gel » et à la mise en jachère des terres agricoles.
Pourtant, malgré l’élaboration de ces dispositifs, la PAC se heurte aux problèmes récurrents que pose toute régulation artificielle de l’offre et de la demande. Pour exemple, on a pu constater que certaines cultures agricoles, notamment celle du lin en Espagne, étaient parfois exclusivement motivées par le bénéfice des primes communautaires et étaient ainsi purement et simplement détruites une fois les dites primes octroyées, du fait que la production se révélait dépourvue de débouchés économiques. Par ailleurs, par une « perversion » porpre à toute économie subventionnée, les aides européennes aux producteurs favorisant les surproductions, comme celle du sucre, dont l’Union subventionne ensuite la vente à perte sur le marché mondial, et ce aux frais des contribuables européens. De plus, en écoulant ainsi à bas prix ses excédents, la politique agricole commune agit à la baisse sur les cours mondiaux correspondants, et participe d’autant à l’écart Nord-Sud, en empêchant les pays pauvres de vendre leurs propres produits agricoles ou en les contraignant du moins à vendre quasiment à perte.

La volonté de pérenniser un système à ce point défaillant et contre productif, qui a de quoi laisser perplexe le plus conciliant des observateurs, semble moins trouver sa justification dans l’existence d’un réel projet politique que dans l’attachement à une certaine idéologie économique, difficilement compatible avec le projet européen.

b) Un paradoxe idéologique au sein de l’Union

En effet, reposant comme nous l’avons exposé précédemment sur une politique interventionniste pour le marché communautaire et sur une logique protectionniste à l’égard du marché extérieur, la PAC ne laisse nul doute quant à sa filiation avec une conception étatique de l’économie. Elle apparaît sans conteste comme la transposition à l’échelle communautaire des politiques keynesiennes qui ont déjà largement avoué leurs limites dans le cadre national.
La PAC jure d’autant plus dans une Union européenne qui se réclame du libéralisme, et où prévaut au final une économie administrée, employant contre toute logique des fonds publics afin de subventionner des secteurs d'activité structurellement déficitaires.

Ainsi, au-delà de la politique du chantage que peut constituer une révision du chèque britannique soumise à une réforme conjointe de la politique agricole commune, la corrélation entre les deux sujets paraît difficilement contestable. Il apparaît donc inévitable pour que le budget communautaire soit rationalisé que les diverses sensibilités nationales s’accordent sur la finalité de leur engagement communautaire, tant en termes de contribution financière que de positionnement idéologique.

2°- La nécessaire et laborieuse rationalisation de la politique budgétaire communautaire

Nul doute que le budget communautaire est miné par nombre d’incohérences structurelles tout autant que par la persistance de conceptions nationales de l’économie. Seul une réforme portant sur ces deux écueils communautaires sera de nature à rationaliser un système dont le caractère inique du rabais britannique n’est en somme qu’une expression parmi d’autres des errances budgétaires de l’Union européenne.
Cette révision du budget communautaire, qui devra nécessairement se traduire par un ajustement du rabais britannique et de la politique agricole commune à la réalité économique tant du marché communautaire que du marché extérieur, semble déjà avoir été largement engagé par le Conseil européen des 15 et 16 décembre 2005. Néanmoins, il y a lieu de souligner que se profile déjà dans ce projet de réforme les indices d’une pérennisation de l’idéologie qui est à l’origine même du dilemme budgétaire de l’Union et des ses défaillances avérées. En effet, en excluant les dépenses relatives à la politique agricole commune de l’obligation faite au Royaume-Uni de s’acquitter des frais de l’élargissement à part égale avec les autres Etats membres, le Conseil perpétue la logique nationale qui a jusqu’ici prévalu dans l’élaboration de la politique budgétaire communautaire.
Ainsi, hormis le fait que les perspectives financières pour la période 2007-2013 aient promu la solidarité avec les nouveaux Etats membres ainsi que l’obtention des conditions de financement du budget communautaire soutenables et équitables, il semble que soit appelé à perdurer dans la pratique une conception fort peu compatible avec les intérêts et les ambitions européennes. En l’occurrence, les obstacles que rencontra le projet rationalisation du budget communautaire relèveront moins de la technique que de la capacité de l’ensemble des Etats membres à réévaluer toute la signification de leur engagement communautaire.
[/b]
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Messagede Siyabonga le Sam Juin 17, 2006 02:33

je commence à te connaitre !
Tu dresses des barricades puis tu accuses les autres d'y monter.
on te parle d'un sujet tu vas pêcher la bible et la refile.personne ne le lit c'est trop long et c'est "sélectionné" bien entendu!
J'ai lu, je n'ai pas vu ta réponse .
de + la P.A.C. et Doha?
ne nous refile pas les 3 mousquetaires!
je sais que je m'exprime mal -parait-il- mais se réfugier derrière des vieux grimoires cela ne m'impressionne pas du tout.
j'écoute ce que TOI tu as à dire!
ombre de sang elle elle s'exprime toute seule sans bible! Du ner que diable! :zen:
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Messagede Jameslol le Sam Juin 17, 2006 03:14

Siyabonga a écrit:ombre de sang elle elle s'exprime toute seule sans bible! Du ner que diable!


[center]Tu ne me l'avais pas dit que tu étais une jeune damoiselle Charlie :bis:




:p :trompette: :lol: :coucou:
[/center]
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Messagede ombre de sang le Sam Juin 17, 2006 08:39

Ouais, moi non plus ca faisait un bail qu'on me l'avais pas dis. :((
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