Dimanche, des individus mal intentionnés sont entrés par effraction dans la fourrière animale du Port et ont lapidé à coup de galets deux de ses pensionnaires. Mutilés et traumatisés, les chiens ont dû être euthanasiés lundi matin.
25 mars 2005
Dimanche matin. L’un des gardiens de la fourrière du Port se rend comme chaque week-end à son travail pour nourrir les pensionnaires. Pour une fois, rien à signaler. Les bâtiments n’ont pas été une énième fois dégradés. Le technicien referme la grille et actionne l’alarme avant de repartir. Les animaux resteront seuls jusqu’au lendemain. Stupeur lundi matin, à 7 h 30, lorsque son collègue arrive à la fourrière. Deux chiens apeurés, les membres cassés et le corps recouvert de plaies béantes gisent sur le sol jonché de galets. Apparemment, des individus auraient enjambé un mur de trois mètres de haut après avoir sectionnés des barbelés et neutralisés l’alarme pour pénétrer dans l’enceinte du chenil. Ils auraient ensuite démontés les portes des boxes où étaient présents une douzaine de chiens. Les deux “royal Bourbon” sont encore en vie, visiblement traumatisés. Afin d’abréger leur souffrance, ils sont conduits immédiatement chez un vétérinaire pour y être euthanasiés. “C’est un acte de cruauté, de la maltraitance gratuite”, s’offusque Cyril Lerevenu, responsable de la fourrière du Port. “Mes techniciens ont été très choqués.” Le personnel du chenil est pourtant habitué aux actes délictueux commis dans son établissement. “On est vandalisé au moins tous les quinze jours”, soupire Cyril Lerevenu. Cadenas et volets métalliques arrachés, portes cassées, boxes ouverts, animaux kidnappés, chiens libérés dans la nature..., la fourrière du Port est sans cesse victime d’intrusions, de vols et de dégradations. Pour ne plus subir l’assaut des jeunes du quartier, l’établissement, encastré dans le quartier de la Pointe, a dû renforcer son système de sécurité voilà un an et demi.
Une véritable forteresse
Alarme avec capteurs infrarouges, murs réhaussés et surmontés de barbelés, gaz lacrymogènes se déclenchant automatiquement... Aujourd’hui, la fourrière du Port a des allures de forteresse. La seule de l’île à bénéficier d’un tel dispositif mais aussi la seule à être victime de telles attaques. Cyril Lerevenu avoue “ne plus savoir quoi faire. C’est de la folie douce”. Jamais un tel degré de cruauté n’avait été atteint dans ce chenil en proie à une escalade de la violence. Le responsable de la fourrière pense qu’il n’y a pas moyen de les empêcher d’agir : “Peut-être arrêteront-ils le jour ou l’un d’entre eux se fera mordre par un chien ?” Et si ce ne sont pas les délinquants qui sont attaqués, c’est peut-être la population qui risque d’être victime à leur place. Puisque à chaque fois qu’ils libèrent les animaux, une meute composée parfois de trente chiens, pouvant être dangereux, erre dans les rues du Port. “Je suis déjà venu récupéré une meute sur le parking de Jumbo Score situé juste à côté de la fourrière.” Le responsable de la fourrière a porté plainte pour dégradation de matériel et acte de cruauté envers un animal. Les auteurs du délit encourent six mois d’emprisonnement et 7 600 euros d’amende.
http://www3.clicanoo.com/article.php3?id_article=99985







