Maternage ou comment changer leur toute leur vie
Puisqu'il faut des preuves pour tout, voici la preuve par les rats :
Extrait de Science & Vie :
Chronomètre en main, un homme en blouse blanche s’installe devant deux cages posées sur une table dans son laboratoire. Pendant une demi-heure, patiemment, il observe l’un après l’autre le comportement des deux jeunes rates assises au milieu de leur portée. Première constatation, l’une des deux femelles est plus préoccupée par sa progéniture que l’autre. Consciencieusement, elle lèche et dorlote ses petits âgés d’à peine une semaine. Les bébés rongeurs, qui ne se déplacent pas encore tout seuls, se laissent cajoler tranquillement. Pendant plus de dix minutes, la mère ne cesse de passer d’un petit à l’autre. Rien à voir avec ce qui se passe dans la seconde cage, où la femelle apparaît beaucoup moins attentive. Au total, elle consacre moins de trois minutes aux rituels des soins. Le décompte est précis puisque le temps consacré à chaque séance de « câlins » est scrupuleusement noté dans un cahier. Cette observation est menée par le biologiste canadien Michael Meaney, responsable du projet « Comportement, gènes et environnement » de l’université McGill, à Montréal. Depuis 1998, lui et son équipe s’intéressent au développement du stress et de l’anxiété chez le nouveau-né. Or, l’observation des rats lui permet d’expérimenter différentes théories sur l’origine de ces troubles. Par exemple, les femelles moins « maternantes » ont systématiquement des petits dont les réactions face à un stress sont excessives. Démonstration ? Michael Meaney claque brusquement dans ses mains. Aussitôt, la première portée s’affole… avant de reprendre au bout d’un court instant ses occupations. La deuxième, elle, reste figée et il faut de longues minutes avant le retour à la normale. En 1957, déjà, l’Américain Seymour Levine avait réussi à démontrer que le simple fait de séparer des petits rats de leur mère de manière répétitive pendant les dix premiers jours de leur vie avait pour conséquence de modifier à vie leur réponse hormonale au stress. […]












