Natsumé Soséki

Tout sur les livres

Modérateur: z0z0

Natsumé Soséki

Messagede Shogun le Jeu Nov 25, 2004 23:02

Image
Tous les Japonais
connaissent le portrait
de Natsume Sôseki
qui orne les billets
de 1000 yens.



Natsume Kinnosuke est né le 9 février 1867 à Ushigome, Edo ( aujourd'hui Tôkyô ) dans l'arrondissement actuel de Shinjuku . Sa naissance coïncide avec le début de l'ére Meiji (1867-1912), de modernisation du Japon.
Il prendra comme nom de plume, en 1888, "Sôseki" dont le kanji signifie "obstiné"
C'est un enfant non désiré, d'une mère âgée qui le rejette. Il est confié à un couple de serviteurs jusqu'à l'âge de neuf ans. De retour dans son foyer, il continue à être rejeté par son père et sa mère meurt en 1881, lorsqu'il vient d'avoir 14 ans.

Au collège, il se passionne pour la littérature chinoise et se destine à l'écriture. Mais quand il entre à l'Université de Tokyo en septembre 1884, il est obligé de commencer des études d'architecture mais étudie en même temps l'anglais. Il apprendra également l'allemand et le français, ce qui exceptionnel pour un japonais de son temps.

En 1887, il rencontre Masaoko Shiki, qui le pousse à écrire et l'initie à la composition des haïkus. En 1890, il entre au Département d'Anglais et obtient son diplôme en 1893. Il commence aussitôt à enseigner.

En 1895 il est nommé professeur à Matsuyama et son expérience donnera lieu dix ans plus tard à la rédaction de Botchan. L'année suivante, il est nommé à Kumamoto et continue à publier dans des revues des haïkus et d'autres poèmes.
Le 10 juin 1896, il se marrie avec Kyoko Nakane.

Le gouvernement japonais l'envoie étudier en Angleterre, d'octobre 1900 à janvier 1903.
Cette expérience n'est pas des plus heureuses, car il manque d'argent et passe beaucoup de temps enfermé et plongé dans des livres. De cette confrontation avec L'Occident, Sôseki laisse des textes très variés qui relatent son expérience londonienne; certains sont empreints de rêveries historiques, d'autres particulièrement cocasses.

A son retour, il se voit confier la tâche de succéder au prestigieux Lafcadio Hearn comme lecteur de littérature anglaise à l'université de Tokyo, poste qu'il va abandonner pour se consacrer entièrement à l'écriture à partir de 1907, grâce à un contrat avec un grand journal de Tokyo, Asahi, pour lequel il rédige de nombreux ouvrages.
Son premier livre "Je suis un chat" parait en 1905. C'est une vision ironique, à travers les yeux naïfs d'un chat, du Japon de son temps.

Le second voyage, d'agrément celui-là, le mène en Mandchourie alors sous domination japonaise, puis en Corée, de septembre à octobre 1909. Invité par l'un de ses meilleurs amis occupant un poste-clef dans l'administration coloniale, il parcourt le pays avec nonchalance et cache difficilement un certain mépris pour les autochtones.

A partir de 45 ans, la santé de Sôseki se dégrade rapidement. Il sort avec difficulté de chez lui.
Il se rapproche des pratiques religieuses nommées "Sokutenkyoshi" de détachement de soi.
Il meurt d'un ulcère à l'estomac le 9 décembre 1916.


De nombreux haïkus
1905: Je suis un chat (Wagahai wa neko de aru)
1906: Botchan / le jeune homme (Botchan)
1906: Oreiller d'herbe (Kusamakura)
1907: Le mineur
1909: Petits contes de printemps (Eijitsu shôhin)
1909: Sanshirô
1909: Et puis (Sorekara) ... publié aussi sous le titre Ensuite
1910: La Porte (Mon)
1911: Haltes en Mandchourie et en Corée
1912: A l'équinoxe et au delà (Higan sugi made)
1913: Le voyageur
1914: Le pauvre coeur des hommes (Kokoro)
1915: A travers la vitre
1915: Les herbes du chemin
1916: Clair-obscur, inachevé (Meian)
Avatar de l'utilisateur
Shogun
Visionnaire d'or
Visionnaire d'or
 
Messages: 3487
Inscription: Dim Nov 07, 2004 15:01
Localisation: Sao Paulo

Messagede Shogun le Jeu Nov 25, 2004 23:03

Botchan

Ce court roman est un des plus populaires du Japon. Chaque écolier japonais le lit au cours de sa scolarité. Ce roman est très largement autobiographique et se rapporte au séjour de l'auteur à Matsuyama 10 ans plus tôt.
Nous sommes dans le Japon de la fin du dix-neuvième siècle, la première génération après la restauration de l'empereur Meiji, alors que le pays vient seulement de s'ouvrir au monde et qu'une nouvelle époque commence.
Botchan est orphelin très jeune, bagarreur et risque-tout. Le garçon ne trouve d'affection que chez Kiyo, la servante de la famille, noble lignée ruinée par la Restauration Meiji, et qui le chérit à l'extrême. Envoyé pour son premier poste comme professeur de mathématiques dans un collège de province, le jeune citadin se trouvera, comme l'auteur, transplanté, en butte aux tracasseries de ses élèves (qui l'ont surnommé " professeur nouilles et friture ") et aux manœuvres de ses collègues.
L'école a ses règles strictes, les cours sont rythmés par le son du clairon, les professeurs sont jaloux les uns des autres et exigent qu'on les respecte en fonction de leur position dans la hiérarchie. Il leur donne des sobriquets, se lie d'amitié avec un collègue, qu'il a surnommé Porc-Epic. Il ne se sent pas à l'aise, venant de la capitale.
Les autres le trouvent superficiel et vaniteux et lui, se sent exilé parmi des campagnards. Il se révolte : " On avait acheté mon corps pour un pauvre salaire, mais avait-on le droit de m'obliger à rester dans l'école en regardant fixement une table, durant mon temps libre ? " Les bagarres entre le collège et l'école normale à l'occasion de la célébration de la victoire du Japon sur la Russie marqueront la fin de la carrière provinciale du professeur. Dénoncé dans la presse locale comme un " jeune blanc-bec inconnu fraîchement débarqué de Tokyo qui a incité nos élèves, ces jeunes gens dociles et respectueux, à provoquer des troubles ", il sera tout heureux de présenter sa démission et de rentrer à Tokyo.
C'est un roman d'éducation, caustique et vif, plein d'observations au vitriol sur le milieu provincial.

Le dessinateur Jirô Taniguchi (né le 12 août 1947 à Tottori) a reconstitué dans une longue saga en cinq volumes, style manga réaliste, "Au temps du Botchan", la vie de Sôseki et l'ambiance de l'époque.
Avatar de l'utilisateur
Shogun
Visionnaire d'or
Visionnaire d'or
 
Messages: 3487
Inscription: Dim Nov 07, 2004 15:01
Localisation: Sao Paulo

Messagede Shogun le Jeu Nov 25, 2004 23:04

Printemps:
Sous un voile de lune
Ombre de fleur
Ombre de femme!

Été:
Un soleil rouge
Tombe dans la mer
Quelle chaleur d'été!

Automne:
O feuilles, demandez à la brise
Laquelle d'entre vous quittera la première
L'arbre encore verdoyant!
Avatar de l'utilisateur
Shogun
Visionnaire d'or
Visionnaire d'or
 
Messages: 3487
Inscription: Dim Nov 07, 2004 15:01
Localisation: Sao Paulo

Messagede Shogun le Jeu Nov 25, 2004 23:05

Aïku ^
Avatar de l'utilisateur
Shogun
Visionnaire d'or
Visionnaire d'or
 
Messages: 3487
Inscription: Dim Nov 07, 2004 15:01
Localisation: Sao Paulo

Messagede Mara le Ven Nov 26, 2004 00:36

ça donne vraiment envie de lire, voici une riche idée du tout frais "romancier d'or" (mes hommages, tu grimpes vite...).

Je me permets donc de te conseiller Maxence Fermine, "Neige", c très court, mais pour les occidentaux c'est une approche à la française du Haiku, et c'est plutôt bien écrit. C'est poétique itou, un vrai bonheur, et un rythme de rédaction "à la japonnaise", ça ne fait pas de mal...
Avatar de l'utilisateur
Mara
Romancier d'or
Romancier d'or
 
Messages: 1463
Inscription: Lun Nov 15, 2004 01:44
Localisation: ...

Messagede Shogun le Ven Nov 26, 2004 01:00

oki merci du conseil !

je continurai en fonction des trouvailles !
Avatar de l'utilisateur
Shogun
Visionnaire d'or
Visionnaire d'or
 
Messages: 3487
Inscription: Dim Nov 07, 2004 15:01
Localisation: Sao Paulo


Retourner vers Livre

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 0 invités