Arrivé jeudi 21 avril à Pékin, Jean-Pierre Raffarin effectue jusqu’au 24 avril un voyage officiel en Chine. Objectif : approfondir les relations politiques et économiques.
Cette visite officielle a commencé avec la vente de cinq gros porteurs A380 et 20 appareils de la famille des A320 à trois compagnies chinoises pour 2,5 milliards d’euros
Et comme pour la Tchéchénie pas un mot n’a été prononcé au sujet de l’annexion du Tibet par la Chine. Surtout ne pas contrarier ces Messieurs les Chinois, on risquerait de perdre des contrats.
Le Tibet aurait toutes les raisons du monde de faire du terrorisme pour faire parler d’eux afin de récupérer leur pays. Pourtant ils ne le font pas, eux. Ils ont choisi la non violence.
Le prix Nobel de la paix, reçu par le dalaï-lama contribua largement à mieux faire connaître son combat acharné mais non violent pour la libération du Tibet, sa lutte pour le respect mutuel et l’héritage culturel de son peuple.
Il est actuellement installé à Dharamsala (Inde du Nord) où 10000 réfugies réorganisent leur vie, cherchant à sauvegarder leur identité culturelle et leur religion.
Grâce à l’aide d’associations occidentales (dont le parrainage d’enfan)t, les petits Tibétains peuvent faire des études afin de pouvoir lutter plus tard pour la libération de leur pays. Les Tibétains restés au Tibet sont victimes de discrimination, ils n’ont pas le droit à leur culture, et les mères préfèrent se séparer de leur enfants, et de les envoyer en Inde ou au Népal afin qu’ils poursuivent une scolarité normale.
J’ai décidé d’en parrainer un. Si quelqu’un est intéressé je peux lui donner l’adresse de deux associations sérieuses qui s’en occupent. Nous suivons la scolarité de cet enfant, jusqu’à ses 18 ans, et même plus si nous le désirons, et s’il veut poursuivre des études. Nous lui écrivons régulièrement ; lui aussi ; et nous pouvons même aller le voir ainsi que sa famille s’il n’est pas orphelin.
Un peu d’histoire :
Le 12 mars 1959, des milliers de femmes tibétaines marchèrent dans les rues de Lhassa exprimant ainsi leur révolte contre l’occupation illégale du Tibet par la Chine. Nombre d’entre elles y perdirent la vie.
Pour les Tibétains, le réel problème est celui de la vérité face à la non-vérité.
En 1959, quand l’invasion chinoise a commencé au Tibet, le gouvernement chinois a annoncé qu’il libérait ainsi les Tibétains de la menace impérialiste. Grâce à cette libération, 1,5 million de Tibétains ont perdu la vie, des milliers ont fui leur pays ; la religion, la culture, les coutumes, le patrimoine tibétains ont été détruits.
Pourtant les Tibétains sont convaincus de la force de leur action patiente et non-violente.
Ils demandent leur autonomie, le droit de vivre dignement dans leur pays. Il est écrit dans la Constitution chinoise que les droits des minorités doivent être respectés. Cette demande d’autonomie est constante et fait suite à une demande de Deng Xiaoping en 1979 que les Tibétains proposent des solutions concrètes. Le Dalaï-Lama avait alors proposé l’autonomie plutôt que l’indépendance. Cette demande est juste. « Nous sommes convaincus que le gouvernement chinois comprendra. »
Certains dirigeants chinois espèrent qu’à la disparition du Dalaï-Lama, le problème du Tibet disparaîtra, c’est faux.
Le problème du Tibet est grave, c’est celui d’un peuple et le Dalaï-Lama est convaincu que les Tibétains doivent prendre en main eux-mêmes leur destin. La République populaire de Chine ne pourra ébranler cette conviction fondée sur la vérité, la non-violence et la démocratie. La vérité et la justesse d’une cause ne peuvent disparaître comme cela. « Nous sommes convaincus que ces valeurs ne sont pas seulement valables pour le problème du Tibet mais qu’elles permettraient de résoudre de nombreux problèmes dans le monde. Conviction et détermination sont pour cela nécessaires. »
Le Dalaï-Lama insiste sur le fait que le soutien apporté par la communauté internationale à l'éducation des jeunes tibétains réfugiés, à travers le parrainage est un bon moyen de garantir la liberté d'expression des Tibétains et leur existence même.



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