Nous sommes de retour de notre voyage en Inde.
Nous avons débarquer à Delhi, et pour nous rendre à Dharamsala nous avons mis 12 Heures.
A l'aller nous avons du faire le trajet en taxi avec chauffeur. Nous l'avons fait en 2 jours. Et au retour nous avons pris le bus, toute la nuit, de 7 heures du soir à 7 heures du matin. Puis l’avion qui fait une première escale à Amman et une deuxième à Zurich. Des heures d’attente ! Trois jours et deux nuits, ne dormant que dans les fauteuils des salles d’attente ou dans le bus et l’avion. Epuisant.
Nous avons été en premier au T.C.V de Dharamsala, (les écoles tibétaines). Nous avons rencontré le responsable des T.C.V de la région qui parlait un peu français. Il nous a fait visiter l’école. Nous avons vu les enfants qui sont venus à nous avec une spontanéité que n’ont plus les enfants occidentaux. Nous avons visité les dortoirs des petits orphelins. La nursery : une petite pièce accueillante avec des petits berceaux verts et une petite peluche dans chaque berceau. C’était très touchant. Le responsable nous a invité a déjeuner, car il était midi, dans la cantine des professeurs.
Puis nous avons pris R.V. pour faire la connaissance de notre petit filleul.
Nous étions très impatient de le rencontrer, lui et sa famille. Et nous n’avons pas été déçu. La maman de Tenzin nous avait fait elle-même, à la main, (genre macramé) des petits sacs et des porte-crayons qu’elle nous a offert très gentiment. Le papa de Tenzin nous a invité à manger chez lui. Il faut dire pour la petite histoire, que c’est le cuisinier personnel du Dalaï Lama. Il nous a montré son badge avec fierté. Il nous a fait un très bon repas végétarien. Tenzin a une petite sœur de 5 ans, adorable. Elle est à la crêche (dernière année de maternelle chez nous) et elle sait déjà lire et écrire le tibétain et l’anglais. Elle sait aussi compter. Les enfants tibétains sont très matures.
Au TCV nous avons assisté à un cour de chant. Les enfants avaient entre 6 et 10 ans. Une vingtaine environ. C’était très impressionnant d’entendre ces voix asiatiques chanter à l’unisson. Un moment inoubliable.
L'Inde nous a laissé une impression très mitigé.
Le peuple tibétain s'est organisé, compte tenu des circonstances, d'une façon remarquable. Les enfants ont tous une scolarité, les orphelins sont pris en charge par la communauté, ainsi que les personnes agées qui sont seules et sans ressources. Tout celà financé uniquement par les dons et le parrainage des associations internationales. Il y a également des écoles "Handicraft" qui sont des sortes de centres d'apprentissage pour apprendre un métier manuel à ceux qui n'ont pas la possibilité intellectuelle ou physique de continuer des études. Et un hôpital près de l'école pour soigner les enfants malades.
Il n'en est pas de même pour le peuple indien. Du moins pour les pauvres. Car on parle beaucoup de la pauvreté en Inde, mais peu souvent de la richesse qui existe également. L''Himachal Pradel est très touristique, par conséquent c'est la région privilégié des riches indiens qui partent en vacances. Ainsi se cottoient pauvreté et richesse.
Nous avons vu des enfants, des femmes seules avec bébés (qu'elles nous mettaient pratiquement dans les bras), des lépreux mendier à tous les coins de rue, tous avec une insistance très génante pour les touristes qui ne peuvent donner à tout le monde.
Nous avons vu des indiens bien nourris, avec de grosses cylindrées, des téléphones portables dernière génération, de riches et luxueux habits pour leurs femmes, jeter des regards de mépris pour les miséreux sans jamais leur donner la moindre roupie. D'ailleurs les mendiants le savent car ils ne s'adressent jamais à eux.
Le problème des castes en Indes tue la moindre possibilité de solidarité entre eux.
Nous n'avons jamais vu un mendiant tibétain étant donné que la communauté tibétaine prend en charge leurs orphelins, leur handicapés et leurs petits vieux.
Il est vraiment désolant de voir qu'il n'en est pas de même du peuple indien. Ca nous laisse un gout amer, car même si nous donnons aux associations humanitaires nous savons très bien que cet argent là ne sera pas employé pour tous ces mendiants qui traînent dans les rues, sans espoir d'amélioration de leur triste existence.
Je m'étais pris d'affection pour une mendiante malade de la lèpre. Je passais tous les jours devant elle en allant au cyber-café. Au début je ne lui ai rien donné puis je lui ai donné 10 roupies. Elle a eu un sourire tellement lumineux que chaque jour je lui donnais ses 10 roupies. Quand elle nous a vu partir le dernier jour, avec nos sacs à dos, elle nous a souhaité gentiment bon voyage.
Je suis très triste de l'avoir quitté sans avoir rien pu faire pour elle. Je pense très souvent à elle, qui doit être assise dans son coin habituel, tendant le moignon qui lui sert de main, et j'en ai les larmes aux yeux.
Il est très difficile de gérer ça, de retourner dans notre confort quotidien en sachant que cela existe, et surtout de ne pas avoir la possibilité de faire quoi que ce soit pour changer cette situation.
Pourtant la richesse est bien présente en Inde. Nous l'avons vu. Mais le souvenir que nous gardons de ce pays est cette pauvreté et ce manque d'hygiène, affichés dans toutes les rues de Delhi, de Chandigarh et de Dharamsala où nous avons séjourné.
C'est hallucinant, même avec une imagination débordante, je n'aurais jamais pu envisager un tel spectacle ! Seul les quartiers riches sont épargnés par la saleté et les odeurs dont il est difficile de faire abstraction.
A Delhi nous avons voulu aller dans un parc qui nous paraissait accueillant. Mais celui-ci était jonché de détritus. Il est difficile de comprendre que les pouvoirs publics ne mettent pas en place un système de nettoyage, ne serait-ce que pour l'aspect touristique.
Mais peut-être que les touristes qui viennent en Inde, ne descendent que dans les hôtels luxueux mis en place spécialement pour eux, et ne regardent pas le vrai visage de l'Inde.
Je n'arrive pas à croire qu'aucune pression ne soit exercé sur ce pays afin d'améliorer le sort de leur enfants, de leur vieillard et surtout de leur lépreux. La lèpre est une maladie qui, aujourd'hui, se soigne très facilement. Pourtant on laisse dans la rue des personnes qui en sont atteintes, sans aucun soin, avec pour tout avenir d'être rongé progressivement, jusqu'à leur mort.
Cette situation est démoralisante. Quand nous revenons d'un tel pays, nous apprenons à relativer et nous ne regardons plus les choses de la même façon.
Il m'arrive de souhaiter ne jamais avoir était confronté à cela. Mais pourtant ça existe et cette situation pourrait être évitée, ou tout au moins améliorée, si seulement les castes supérieures venaient en aide aux castes inférieures, plutôt que de les ignorer et de les mépriser, comme c'est le cas aujourd'hui.
Voilà le douloureux souvenir que je garde de ce voyage. Mais j'ai la satisfaction de constater que mon petit filleul vit dans une famille aimante, qui nous a invité avec une générosité exceptionnelle.
Nous revenons avec dans nos bagages, un nouveau parrainage, d'une jeune fille orpheline de 16 ans, scolarisé en classe XI (la première chez nous) et qui voudrait poursuivre des études pour devenir médecin. Nous l'y aiderons le plus que nous pourrons.
Et qui sait, peut être qu’un jour elle soignera les lépreux !
P.S. les photos ne sont pas encore développées






, t'es un amour 

