Le visionnage de l’épisode III de la saga star wars , m’a laissé songeur. L’épisode en effet aborde de façon malheureusement fugitive des questions intéressantes : ainsi, le grand spectacle pyrotechnique étant toujours plus vendeur que les réflexions de fond, l’analyse des structures de la république en déliquescence n’est évidemment pas très poussée.
Or, elles me paraissent intéressantes :
Ainsi, il est affirmé que cette république serait une démocratie. Ce point ne semble jamais discuté voire discutable. Et pourtant ! Cette affirmation au regard des données fournies par les six films n’est pas si évidente que cela. Car dans cette république "démocratique", une institution semble posséder un pouvoir considérable : il s’agit bien sur du conseil des jedis. Ce conseil jouit manifestement de prérogatives politiques importantes pour une institution qui est tout sauf démocratique. Le conseil des jedi n’est démocratique ni dans sa constitution (les jedis ne sont pas élus) ni dans son renouvellement (puisque le conseil coopte ses membres, de plus la force semble se transmettre par le sang : bonjour la démocratie).
Le conseil des jedis s’apparente – si j’ai bien compris – au ministère des affaires étrangères : son rôle est essentiellement diplomatique, cependant les jédis semblent disposer d’une sorte d’immunité de juridiction. Les jédis peuvent tuer les « méchants » sans avoir à répondre de leurs actes devant quiconque.
Plus généralement, il ne semble pas que les jedis doivent répondre de leurs actes politiques devant une institution démocratique, en particulier le sénat. Curieuse démocratie … Ceux-ci tient au fait que les jédis sont animés par l’idée forte selon laquelle ils représentent le bien (la démocratie), ils l’incarnent à un point tel qu’ils apparaissent comme au dessus de tout contrôle. Or, on peut se demander tout de même quel rapport il peut exister entre la force (une phénomène à la fois physique et psychique) et un type d’organisation politique…. Les bouddhistes au pouvoir !!
En vérité, la république apparaît bien davantage proche d’une théocratie (car la force est une religion si on en croit l’épisode IV) que d’une démocratie.
En vérité, la chute de la république me paraît essentiellement une conséquence des faiblesses structurelles du conseil des jedis qu’a exploité avec intelligence le chancelier Palpatine.
Car politiquement, le conseil est une organisation à la fois irresponsable (nous venons de le souligner) et autiste. Elle ne comprend aucune des machinations du chancelier (pourtant relativement transparentes) et surtout elle n’apporte aucune solution réelle.
Prenons un premier exemple : les jedis semblent passer leur temps à la fin de la république à lutter contre les séparatistes. Bonne chose a priori, mais ces séparatistes ont peut être des raisons légitimes d’agir. Il y a dans ces mouvements peut être davantage de jacqueries que des rebellions contre le pouvoir central dans un but purement politique. Les jedis se posent-t-ils ce genre de questions ou celle de la légitimité de leur action ? Point du tout. Ils font le ménage et repartent. Super !!
Surtout, les jedis sont particulièrement incapables de répondre aux tourments du jeune anakin. A quoi sert la force si elle n’apporte aucune réponse aux préoccupations les plus naturelles de l’être humain ? Le culte de la force est–il une finalité ou un moyen d’améliorer le sort des êtres vivants dans la galaxie ?
Au fond, les jédis m’apparaissent comme un cénacle de bien pensants ayant naturellement le droit au pouvoir, irresponsables et relativement inefficaces et qui plus est passant leur temps à brimer celui qui est le plus humain de tous (Anakin).
L’importance accordée au conseil des jedis doit faire réfléchir : il y a chez beaucoup une tendance naturelle à faire confiance à certains "élus" pour l’exercice du pouvoir parce qu’ils posséderaient des qualités exorbitantes A méditer...





