Bonjour,
Je suis intimement persuadé que nous sommes à la veille (cela se compte en décennie) d’un écroulement de notre civilisation consommeriste. Pour une raison simple : elle n’est pas tenable dans le temps car elle ne tient pas compte que le monde est un espace fini. La seule question qui vaille pour nos enfants (et pour les plus jeunes forumeurs..) est celle de savoir si cet écroulement sera violent ou s’il sera la conséquence d’un changement radical des mentalités.
Le constat actuel est simple et connu : Nous cannibalisons nos ressources. Il nous reste à mon avis moins de 50 ans pour modifier radicalement notre mode de vie si nous voulons sauvegarder l'écosystème. Il reste, au rythme de consommation actuel, 41 années de réserves prouvées de pétrole, 70 années de gaz, 55 années d'uranium. Nous consommons désormais plus de ressources fossiles que nous en découvrons de nouvelles. De plus, Il est prévu, d'ici à 20 ans, un doublement du parc automobile mondial ainsi qu'un doublement de la consommation énergétique mondiale. Enfin, plus nous approchons du terme des ressources, plus celles-ci sont difficilement extractibles.
Nous détruisons à un rythme accéléré la nature : ainsi si le rythme actuel de déforestation n’est pas modifiée dans cinquante ans, la forêt amazonienne aura cessé d’exister. Des 998 millions d’hectares de forêts en 1970, il ne restait que 958 millions en 1980, 919 en 1990 et 913 en 1994, soit plus de 60% de la quantité coupée sur l’ensemble de la planète. On estime, par ailleurs, la destruction de la floresta amazonica à 5,8 millions d’hectares par an. Sources : Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE)
La pollution des sols, des mers et de l’air augmente de façon alarmante
Ce constat est connu de tous : le seul remède possible est de sortir est de l’univers mental dans lequel nous sommes enfermés et qui conduit à une inversion des valeurs : la consommation n’est pas un moyen de subsistance mais une fin en soi. Car nous avons fait de l’économie le dernier dieu encore vivant. La funeste constitution européenne en est une dérisoire manifestation : ériger comme valeur suprême la recherche d’une économie hautement compétitive est une aberration qui nous coûtera cher : un exemple pour rendre compétitif l’économie, il faut en diminuer les charges, il faut donc agir sur les variables d’ajustement. Le coût de la main d’œuvre est la première variable. Une telle logique conduit donc à la délocalisation. Car le drame est que le coût écologique des délocalisations n’est jamais pris en compte dans le prix de revient des produits. Par exemple exporter 60 % des jouets de Chine ou de Thaïlande suppose l’utilisation de combustibles fossiles pour le transport, de la pollution maritime (dégazage par exemple). Je le dis haut et fort même si cela peut paraître emphatique, pour sauver la planète, il faut cesser cette course suicidaire à un marché mondial et revenir à des marchés locaux. Toutes nos actions politiques, économiques et sociales ne devraient aujourd’hui essentiellement déterminées que par rapport au critère de leur impact environnemental.
Or, cette pensée est aujourd’hui incroyablement difficile à accepter parce que nous sommes conditionnés par un mode de pensée incroyablement puissant. Nous attendons par exemple la reprise de la croissance comme étant la planche nécessaire de salut de notre société pour en soulager une partie de ces maux. Pourtant qu’est-ce que la croissance sinon une agression supplémentaire d’un monde qui n’en peut plus ?
Sans une révolution mentale, nous ne saurons pas capable de relever les défis gigantesques qui sont devant nous


