Casea a écrit:Ca arrange tout le monde qu'il y ait des analphabètes pour ne rien demander de plus, pour ne pas réaliser dans quel monde ils sont, avoir de la main d'oeuvre bon marché.
A la base, je me demande juste ce qui légitime que je (on) continue de suivre ces lois, ces règles et donc qu'on accepte tout ça ?
Je me sens de moins en moins fière d'être honnête (vis à vis de la société, pas des individus). Une bonne poire quoi.
Envie de réagir à ce qui est écrit ici, en passant...
Je comprends ton désarroi, et je le partage en partie, nous sommes beaucoup à le partager sans savoir quoi faire au juste. Ou en sachant que ce que l'on pourrait faire nous ammène à contourner la loi, donc à renoncer à notre confort, voire à mettre notre vie en danger.
Pour citer un seul exemple, j'ai croisé un jour un inspecteur de l'éducation nationale qui m'a dit que l'étude de la poésie n'était pas utile à mes élèves qui de toute façon seraient ouvriers. Ils ne sont pas tous comme ça dans ce milieu et heureusement, mais là je me suis trouvée face à la voix de l'intelligentsia la plus proche du pouvoir, celle qui est bien heureuse que surtout on ait pas trop de rêves parce qu'elle n'a pas l'intention de nous offrir les moyens de les réaliser... Et qui surtout serait vite renversée si l'analphabétisme diminuait. Ca les arrange qu'on ne sache pas lire entre les lignes des programmes électoraux par exemple, comme ça tout le monde va voter à la tête du client vu dans paris-match!!!!
Ce n'était qu'un exemple.
Et c'est vrai que c'est difficile de savoir par quel bout prendre le problème à bras le corps. Car plus on s'approche du pouvoir plus les lenteurs administratives augmentent et l'argent nous atrophie.
Mais j'ai décidé de prendre les choses de façon plus optimiste, en me disant (c'est un mince réconfort, certes) que c'est à son niveau que l'on peut faire changer les choses.
En éduquant ses enfants dans les lois de la nation, mais aussi et surtout dans les lois humaines qui ne sont pas écrites mais dont les valeurs sont sans doute plus importantes. (je reconnais que faire des gosses dans ce monde là, parfois, ça me décourage)
En faisant avec les gens que l'on croise les choses les plus justes selon notre coeur et notre réflexion, en ne laissant pas l'injustice gagner.
C'est à chacun de voir ce qu'il peut faire selon ses aptitudes. J'essaie de convaincre mes élèves que même si plus tard ils ne pourront pas faire le métier dont ils rêvent (quand vraiment ce n'est pas le cas, mais on les pousse toujours sinon...), la vie ne s'arrête pas au métier. Il faut avoir sa propre poésie pour supporter le monde (que ce soit la musique, l'observation des oiseaux, la course à pied,...).
Et avant tout, j'essaie de leur apprendre à lire entre les lignes, à comprendre les sous-entendu.
je parle des accords de Kyoto dès que possible. J'ai une collègue qui fait actuellement une séquence sur la corrida...
On ne peut pas faire un enseignement non politisé, c'est impossible. J'ai vu bp de profs d'histoire parler de la guerre d'Algérie et de ce qu'on nous cache à ce propos.
Et puis, quand on côtoie des gosses, c'est simple de leur expliquer pourquoi je ne veux pas de la télé, pourquoi je n'en ai pas quand ils abordent le sujet, pourquoi je ne porte pas de "marque", etc.
Ce ne sont que des exemples tirés de ma propre expérience, mais je suis certaine que dans pas mal de cas cette simple éducation à la vie peut se faire. Tiens, rien que la personne qui refuse la pub dans sa boîte aux lettres...
Et pour les problèmes politiques, il y a la politique de quartier, les élections municipales, il y a les médias, dont il faudrait que nous sachions nous servir pour qu'ils nous entendent. C'est par de petites choses qu'on en fait avancer de grandes. Je le pense.
Oui, biensûr, ça ne rend pas le tableau plus blanc pour autant, mais si tu penses que ta vision de la société est la bonne, alors, oui, il faut, et on peut, se battre à sa façon. Quand tu donnes de ton tps à une association, tu agis... Biensûr, l'Etat compte sur les associations vu que lui ne fait rien. C'est un cercle vicieux, mais il ne faut pas se laisser gagner par le désespoir pour ne pas les laisser gagner.
Tous les ans, alors que la chasse n'est pas ouverte, on voit des c******** tirer sur des piafs en nidification sous les yeux des flics qui les protègent des écolos... C'est un lobby assez puissant les chasseurs. Mais une voix, plus une autre, plus encore une autre... un jour ils vont peut-être finir par nous entendre les politiques, et faire appliquer des lois justes. Ca me démange de prendre un flingue. Mais si je le fais, après je ne pourrai plus me battre contre ça, c'est aussi simple.
C'est pas ce qui va remonter le moral des troupes, je le crains. Il faut juste garder un peu d'espoir pour avoir du courage et faire un peu avancer les choses.