Le jeudi 6 avril 1972, dans un terrain vague de Bruay-en-Artois, aux abords du coron de la fosse 4, on retrouve le cadavre de la jeune Brigitte Dewèvre. Cette affaire va vite prendre des proportions considérables. Elle est instruite par le juge Henri Pascal, le fameux juge Pascal, si enclin à communiquer les progrès de son enquête à une presse aussi nombreuse qu’avide. Il inculpe rapidement Maître Pierre Leroy, notaire à Bruay, puis sa compagne, Monique Béghin-Mayeur, dont la belle villa jouxte le terrain vague où a été retrouvée Brigitte. Cent jours après les faits, le notaire est libéré, le juge est dessaisi du dossier. Un jeune camarade de la victime, Jean-Pierre F., sera à son tour inculpé et écroué. L’affaire s’envenime alors : on parle de justice de classes. Un grand journaliste parisien écrira (anonymement) dans la Cause du Peuple, qu’un bourgeois tel que Pierre Leroy, qui mange des steaks d’une livre alors que les ouvriers crèvent de faim, ne peut qu’être l’assassin de Brigitte. Finalement, Leroy et Mayeur bénéficieront d’un non-lieu, et Jean-Pierre sera acquitté. Trente ans après les faits, l’affaire de Bruay n’a toujours pas de coupable. Si aucun élément nouveau ne survient, elle sera définitivement prescrite en 2004. Bruay-en-Artois a été rebaptisé Bruay-la-Buissière.








