Les violences dans les banlieues françaises sont suivies avec attention aux Etats-Unis
Elles interpellent observateurs, experts, médias, simples citoyens.
CNN a évoqué en direct des risques de "guerre civile" et la possible instauration d'un "couvre-feu". La crise dans un pays souvent taxé d'arrogant vis-à-vis des USA suscite un déluge de messages dans les forums des principaux sites d'information comme Yahoo News.
Certains des auteurs des messages n'ont toujours pas pardonné à la France sa position contre la guerre en Irak. Une autre partie de ces missives électroniques est clairement raciste, interprétant les violences dans les banlieues franciliennes comme le début d'une guerre civile inspirée par des islamistes.
Les principales chaînes de télévision montrent des images des heurts nocturnes entre policiers et manifestants et des voitures incendiées. "Paris brûle", annonçait ABC jeudi soir.
Le journal à sensation "New York Post" publie la tribune libre d'un commentateur franco-iranien indiquant sous le titre "Pourquoi Paris brûle-t-il" que les banlieues d'Ile-de-France "ont été plongées dans une version européenne de l'Intifada qui semble incontrôlable". Mais pour Jeremy Shapiro, expert de la Brookings Institution, "c'est une erreur de penser que l'importance de la population musulmane a un effet sur la politique étrangère de la France". Pour lui, "cela n'a pas joué un grand rôle dans sa position face à la guerre en Irak". A contrario, "la France est très impliquée en Afghanistan et elle a pris une ligne dure contre la Syrie".
Les observateurs américains soulignent par ailleurs l'échec de l'intégration en France des populations immigrées.
Dans un éditorial titré "A Paris, parler fort ne suffit pas", le "New York Times", journal de l'establishment de centre-gauche, note que ceux qui "brûlent les voitures et lancent des pierres sur la police sont les fils d'immigrés arabes et africains, la plupart musulmans, qui n'ont jamais été intégrés à la société française".
"La France s'accroche à son approche de l'immigration qui est de déclarer qu'une fois qu'on est en France, tout le monde est Français, et à égalité. Mais la vérité, c'est que tout le monde n'est pas français, n'est pas à égalité, particulièrement à une époque d'immigration accrue", ajoute le "New York Times".
De son côté, le "Washington Times" (ultra-conservateur) publie une photo de pompiers tentant d'éteindre un incendie titrée "Paris en flammes" et accompagnée d'un article décrivant "la rage des émeutes raciales". Quant au "Wall Street Journal" (conservateur), il estime pour sa part que "les émeutes des jeunes ont transformé la banlieue de Paris en zone de guerre".
Le département d'Etat s'est abstenu vendredi de commenter les émeutes. "C'est un problème qui est du ressort du gouvernement français et des Français ", a déclaré son porte-parole. Mais l'ambassade des Etats-Unis à Paris a recommandé aux Américains d'éviter les zones à risque.
SOURCE ICI :
http://info.france2.fr/france/15437309-fr.php