de TINDI14 le Lun Nov 07, 2005 14:33
PARIS, 7 novembre (AFP) - Trente-quatre policiers ont été légèrement blessés lors de la onzième nuit de violences en France, 1.408 véhicules ont été incendiés, 395 personnes interpellées en dépit de l'intervention du président de la République Jacques Chirac appelant au rétablissement de l'ordre public.
Parmi les policiers blessés, deux ont été la cible de tirs de grenaille à la cité de la Grande Borne à Grigny dans l'Essonne. Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy leur a rendu visite dès dimanche soir à l'hôpital d'Evry où des éclats de plomb leur ont été extraits.
M. Sarkozy a déploré que ces tirs de grenaille visaient la tête des fonctionnaires. Un des policiers lui a présenté une cartouche de fusil de chasse ramassée sur place. Le ministre s'est rendu ensuite à la cité des Tarterêts à Corbeil-Essonnes où des nombreux jets de cocktails molotov ont été lancés tout au long de la soirée. Il avait auparavant visité la direction départementale de la sécurité publique de Seine-Saint-Denis, où il a souhaité que "l'ordre républicain revienne dans tous les quartiers". "Sinon, a-t-il dit, ce sera soit l'ordre des bandes, soit l'ordre des mafias, soit un autre ordre".De nombreux établissements scolaires ont été également pris pour cibles: une école maternelle à Nantes, une crèche à Saint-Maurice (Val-de-Marne), une école du quartier à Strasbourg, deux autres à Saint-Etienne.
Des jets d'engins incendiaires ont à nouveau été relevés dans de nombreux endroits comme à la Ricamary (Haute-Loire) où des bus ont été visés. Deux églises ont par ailleurs été touchées par des engins incendiaires: celle de Saint-Edouard à Lens (Pas-de-Calais) et le presbytère de l'île de Thau à Sète (Hérault). De nombreux établissements scolaires ont été également pris pour cibles: une école maternelle à Nantes, une crèche à Saint-Maurice (Val-de-Marne), une école du quartier à Strasbourg, deux autres à Saint-Etienne.
Les bâtiments de la police n'ont pas été épargnés avec un bureau de police à Clermont Ferrand totalement détruit tandis qu'à Perpignan, un véhicule en feu a été projeté sur le poste de police du Moulin-à-Vent. D'autres bâtiments publics ont été pris pour cible: ainsi à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), un centre social a été ravagé tandis qu'à Trappes (Yvelines) c'est une trésorerie principale qui a été endommagée. Un entrepôt pharmaceutique de Suresnes (Hauts-de-Seine) a également été touché. Comme la veille, les incendies de véhicules se sont également multipliés en province, notamment à Toulouse où ils atteignaient un total d'une trentaine vers 23 heures, contre 50 pour l'ensemble de la nuit précédente.
Le Premier ministre s'exprimera à 20H ce soir à la télévision et dévoilera un ensemble de mesures destinées.En début de soirée, le président Jacques Chirac était sorti de sa réserve qu'il observait depuis le début des émeutes il y a 11 jours en demandant le "rétablissement de la sécurité et de l'ordre public". Le président de la République, qui s'exprimait devant la presse à l'issue d'un Conseil de sécurité intérieure tenu au lendemain de dégradations record (1.300 véhicules brûlés dans la nuit de samedi à dimanche, plus de 310 arrestations), a également insisté sur le "respect de chacun, la justice et l'égalité des chances". "Le dernier mot doit revenir à la loi", a-t-il martelé.
M. de Villepin a de son côté annoncé "un renforcement des forces de sécurité partout sur le territoire où cela est nécessaire" et une "accélération des procédures de justice" afin notamment de "faire en sorte que les individus interpellés puissent être déférés devant les tribunaux en comparution immédiate". Il a précisé qu'il dévoilerait lundi un ensemble de mesures pour avancer dans la République que nous souhaitons", celle de "l'égalité des chances". Le Premier ministre s'exprimera à 20H00 à la télévision.
Le bilan des émeutes est allé crescendo depuis la mort le 27 octobre de deux jeunes de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), électrocutés alors qu'ils se croyaient poursuivis par la police. Les dégradations avaient atteint un pic dans la nuit de samedi à dimanche avec 1.295 véhicules incendiés dans toute la France, dont 554 en province et 349 arrestations. Depuis le début des troubles, un total de 3.500 véhicules ont été brûlés et 800 arrestations effectuées, selon un décompte de l'AFP basés sur les chiffres officiels. Dans le centre de Paris, 32 véhicules particuliers avaient été incendiés et 30 personnes avaient été arrêtées.
Dans la nuit de samedi à dimanche un "atelier de confection" artisanale de cocktails-Molotov selon la police, avait été découvert dans le quartier du Parc aux Lièvres à Evry et six mineurs placés en garde à vue.