Comme une suite aux traductions des Manuscrits de la Mer Morte , sur l'utilisation de ce champignon hallucinogène (l'amanita muscaria !...) dans le cadre des religions => par John Marco Allegro -...
Carl P. Ruck -Professeur de mythologie classique à l’université de Boston.
« Christ » traduction grecque de l’hébreu « Messiah », est traduit par « le consacré », « l’oint ». Le titre de « Christ » n’était accordé qu’à ceux qui avaient reçu « l’onction de Dieu en lui ».
Cette huile sainte de consécration, comme décrite dans la version originale hébreu de la recette d’Exode (XXX : 22-23), contenait plus de 6 livres de kaneh-bosem, une substance identifiée par des étymologistes, des linguistes, des anthropologues, des botanistes et autres chercheurs réputés, au cannabis incorporé dans six mesures d’huile d’olive, avec une variété d’autres herbes médicinales. Les anciens « consacrés » étaient littéralement enduits de cette mixture.
Carl P. Ruck a cherché dans le domaine des substances psycho-actives au sein de l’histoire des religions pendants plus de trente ans, travaillant avec des sommités tels que le Père du LSD, Albert Hoffman, l’enthéobotaniste Richard Evans Shultes et le plus fameux mycologue R. Gordon Wasson..
Au sujet de l’utilisation du cannabis dans l’Ancien Testament il explique : « Il y a peu de doute au sujet du rôle du cannabis dans la religion judaïque... il n’y a pas de plus importante plante comme source de fibres pour les textiles et les huiles nutritives et aucune aussi facile à faire pousser... »
Ruck parle ensuite de la continuation de cette pratique dans la période primitive chrétienne « de manière évidente, la profusion du cannabis et une longue tradition établie au sein du judaïsme ne peuvent que conduire à ce qu’elle soit incorporée dans les préparations des premiers chrétiens ».
Les ingrédients actifs du cannabis peuvent être transférés dans une huile, et peut être absorbée au travers de la peau, qui est, en fin de compte, un grand organe.
Dans le Nouveau Testament, Jésus ne baptisait aucun de ses disciples comme cela est pratiqué aujourd’hui par l’Eglise Catholique, mais plutôt il les consacrait avec une huile enthéogène puissante, envoyant les douze apôtres faire de même... « Et ils rejetèrent de nombreux démons, et ils oignirent d’huile ceux qui étaient malade, et ils les soignaient » (Marc 6 :13)
. De la même manière, après le passage de Jésus, Jean suggère "que tous les membres malades de la communauté chrétienne devraient faire appel aux anciens afin qu’ils les oignent d’huile au nom de Jésus " (Jean 5 :14).
On doit comprendre que dans le monde antique, des maladies telles que l’épilepsie étaient attribuées à des possessions démoniaques et afin de soigner une personne d’une telle maladie, on utilisait un exorcisme, avec l’aide d’herbes médicinales.
Il est intéressant de noter que le cannabis a prouvé son efficacité dans le traitement non seulement de l’épilepsie mais également de nombreuses maladies que Jésus et ses disciples soignèrent telles les maladies de peau (Matthieu 8 :10,11), des problèmes de vue (Jean 9 :6-15) et des problèmes menstruels (Luc 8 :43-48).
Selon d’anciens documents chrétiens, même le soin des membres cassés peut être attribué à l’utilisation de Sainte Huile. « Toi, huile sainte à nous donnée pour la sanctification... tu es ce qui renforce les membres tordus » (Actes de Thomas).
Un ancien texte chrétien, les Actes de Pierre et des Douze Apôtres, qui est plus ancien que le Nouveau Testament, dont la rédaction est estimée au second siècle après JC, voit Jésus donner à ses disciples une « boîte à onguent » et une « poche pleine de médecine » avec des instructions pour eux d’aller dans la ville et de soigner les malades. Jésus explique que l’on doit soigner les « corps d’abord » avant de pouvoir « soigner les cœur ».
Ces découvertes ne devraient pas être des surprises, puisque l’utilisation médicale du cannabis pendant cette période est confortée par des traces archéologiques et des maladies comme celles décrites ci-dessus ont été traitées avec des préparations de cannabis dans la région pendant des siècles avant la période chrétienne.
Alors que Jésus et ses disciples commencèrent à répandre la connaissance de la guérison par le cannabis dans le monde antique, le Christ devint un terme pluriel « chrétiens », c’est-à-dire ceux qui furent oints par la Sainte Huile. Comme le Nouveau Testament l’explique : « ... l’onction que tu as reçue de lui reste en toi, et tu n’as plus besoin de personne pour t’enseigner. Mais comme cette onction de lui t’enseigne au sujet de toutes choses et comme cette onction est réelle, ne contrefais pas la manière dont elle t’a été enseignée, reste en lui » (Jean 2 :27).
Les chrétiens, « ceux qui sont oints », reçurent la « connaissance de toutes choses » par cette « onction celui qui est Saint » (Jean 2 :20). Par conséquent, ils n’avaient besoin d’aucun autre enseigneur et ils furent dotés de leur propre connaissance spirituelle. Effectivement, selon les propres mots de Jésus après son initiation par Jean, il apparaîtrait que sa propre puissance spirituelle vient de la consécration ou de l’onction...
Les branches de la chrétienté auxquelles appartenaient ces textes illégaux sont connues comme Gnostiques. Ces sectes illégales vénéraient un Jésus radicalement différent de celui qui nous est parvenu à partir de la branche primitive du christianisme et qui grandit par la suppression de toutes les sectes conflictuelles ou païennes et menant aux Ages Sombres, l’Eglise Catholique Romaine.
Heureusement, une de ces sectes gnostiques a eu la prévoyance de cacher quelques-unes de ces écritures interdites, et ces écrits furent découverts en 1945. Tous ces textes gnostiques sont aussi anciens, voire plus anciens dans certains cas, que le Nouveau Testament, il n’est donc pas facile de rejeter leurs visions et révélations au sujet de Jésus et du christianisme primitif qu’ils contiennent.
Une des différences les plus prononcées entre les doctrines de l’Eglise Catholique Romaine et celles appartenant aux chrétiens gnostiques concernent la « foi » par rapport à la « connaissance ».
Le terme « gnose » lui-même est un mot grec signifiant « connaissance » et le point central des pratiques religieuses gnostiques concernait le développement de la connaissance spirituelle dans chaque membre individuel. Alternativement, la pratique de l’Eglise catholique repose dans la « foi », l’individu ne connaissant jamais Dieu lui-même, qui est limité à des descriptions et des édits religieux de l’Eglise qui s’administre elle-même au travers d’une hiérarchie de prêtres, d’évêques et de papes.
De la redécouverte des textes gnostiques nous pouvons voir qu’ils croyaient énormément que leur propre expérience spirituelle venait de l’utilisation de la Sainte Huile, et les gnostiques critiquaient ouvertement l’Eglise Catholique Romaine pour l’acte placebo du baptême, qui n’a semble-t-il aucun effet spirituel. Effectivement, le traité gnostique de l’Evangile de Philippe dit que : « Le chrême est supérieur au baptême.
Car par l’onction nous sommes appelés « oints » (chrétiens), et non à cause du baptême. Et le Christ était ainsi nommé à cause de l’onction car le Père oint le Fils, et le Fils oint les apôtres, et les apôtres nous ont oint. Celui qui a été oint a le Tout. Il a... le Saint Esprit... ». « Dans certains textes gnostiques... la consécration spirituelle est requise pour pénétrer dans les plus hauts mystères » (Rudolph 1987). De la même manière, les Naassènes « prétendaient être les véritables chrétiens du fait qu’ils étaient oints par le chrême ineffable » (Mead, 1900).
Jésus l’Initiateur.
Dans le second livre de Ieou, Jésus dit à ses disciples que parmi les secrets qu’ils se verront montrés, il y a le mystère des Cinq Arbres, qui en ce cas, signifie obtenir la connaissance de certaines plantes magiques qui étaient utilisées lors de catalyseurs shamaniques lors de cérémonies.
Ces cinq mêmes arbres se réfèrent à ce qui est peut-être le plus ancien texte chrétien, l’Evangile de Thomas : « ... il y a cinq arbres pour vous dans le Paradis... Tout ceux qui les connaîtront n’expérimenteront pas la mort ».
Du point de vue gnostique, « ne pas expérimenter la mort » signifie atteindre un certain état de purification intérieure ou d’illumination, état dans lequel l’initié se « relève des morts », signifiant l’ignorance et l’aveuglement, c’est-à-dire, qu’il a obtenu la possession de la conscience de son Soi spirituel, et comme tel, il a réalisé qu’il était une part d’un plus grand ensemble cosmique qui continuera longtemps après la disparition du corps matériel.
Le Second Livre de Ieou nous donne une description précise d’une cérémonie shamanique qui mène à un état supérieur, qu travers de l’ingestion des « cinq arbres ».
« Le Maître prépara l’endroit pour l’offrande... plaçant une jarre de vin à droite et une à gauche, et il répandit certaines baies et épices autour du plat, ensuite, il mit certaines plantes dans leur bouche... et aussi une autre plante dans leurs mains, et il les plaça en cercle autour du sacrifice »
Selon le professeur Ruck, même le vin utilisé dans de telles cérémonies était vraisemblablement bien plus fort que le simple vin de table.
« Les vins anciens étaient toujours fortifiés, comme le « vin fort » de l’Ancien Testament, avec des additifs d’herbes, de l’opium, des Solanacées (datura, belladone), mandragore, etc., ... » Et nous pouvons certainement retrouver quelques candidats aux « Cinq Arbres » parmi ces ingrédients.
On peut retrouver des traces de la mandragore dans la Genèse et dans le Cantique de Salomon qui documentent clairement l’intérêt que les hébreux avaient pour des plantes magiques. L’utilisation et la connaissance de ces plantes furent sans doute transmises par certaines branches de la foi, comme les gnostiques, cela est évident. La mandragore a été utilisée magiquement au travers du monde antique et dans les « temps romains la magie commença à être associée massivement avec les propriétés psycho-actives des plantes » (Schultes & Hofmann 1979/1992).
Une des sectes gnostiques les plus significatives et répandues, les manichéens, pratiquaient des cérémonies similaires à celles que Jésus pratiquait, et ils furent condamnés par l’Eglise Catholique pour l’utilisation des sacrements.
Le père de l’Eglise Catholique Romaine, Saint Augustin, qui lui-même renonça au manichéisme, censura furieusement les manichéens hérétiques qui échappèrent à la persécution de l’Eglise Catholique ,et la secte survécut jusqu’au douzième siècle dans diverses parties de l’Europe, où ils disparurent sous les coups des armées catholiques, et également en Chine où il finirent par disparaître sous l’action d’éléments indigènes de cette culture.
En ce qui concerne l’utilisation de champignons par les chrétiens, le professeur Carl Ruck explique, «
L’indication la plus irrésistible que l’Amanita muscaria était le repas eucharistique est certainement les agapes chrétiennes représentées sur des mosaïques du quatrième siècle préservées sous la basilique Aquila dans le nord de l’Italie. Dans un contexte de symboles gnostiques, elles décrivent un panier de champignons... Ce n’est pas une restauration et donc les champignons... ne sont pas là comme de simples délicatesses culinaires. De la même manière, l’amour des manichéens pour le « champignon rouge » doit être compris en des termes de rôle que le champignon tient dans le végétarisme gnostique ».
On peut admirer également ces peintures de champigons sacrés dans des églises en France
http://www.erowid.org/plants/amanitas/a ... ory1.shtml
http://www.erowid.org/plants/show_image ... a_art1.jpg
Bien sûr, les anciens psychonautes chrétiens qui utilisaient des enthéogènes afin d’explorer le royaume de l’espace intérieur le firent dans un état d’esprit différent de la majorité de ceux qui les utilisent aujourd’hui, un moyen d’atteindre une gnose spirituelle, et donc traitée avec révérence et respect. En comparaison, l’approche actuelle des drogues est non structurée, chaotique et non sacrée.







