[center]TEXTE
"Camarades, notre littérature soviétique vit et doit vivre les intérêts du peuple de la patrie. La littérature est l'affaire propre du peuple. Voilà pourquoi le peuple considère chacun de vos succès, chacune de vos oeuvres d'importance comme sa victoire à lui. Voilà pourquoi on peut comparer chaque oeuvre réussie avec un combat gagné ou avec une grande victoire sur le front économique. Au contraire, chaque échec de la littérature soviétique est profondément et amèrement ressenti par le peuple, le Parti, l'Etat. (...) Vous êtes sur la première ligne du front idéologique. D'immenses tâches vous sont posées, d'une importance internationale, et cela doit stimuler le sentiment de responsabilité de chaque véritable écrivain soviétique, devant son peuple, devant l'Etat, devant le Parti ainsi que la conscience de l'importance du devoir à accomplir. (...).
Naturellement, c'est notre littérature, reflétant un régime supérieur à n'importe quel régime démocratique bourgeois, une culture de beaucoup de fois supérieure à la culture bourgeoise, qui a le droit d'enseigner une nouvelle morale pour toute l'humanité".
Andréï Jdanov. Sur la littérature, la philosophie et la musique. Ed. de la Nouvelle Critique, 1950
AUTEUR
Andréï Alexandrovitch (1896 - 1948)
Politicien soviétique, théoricien du réalisme socialiste.
Membre du praesidium du Soviet suprême en 1937.
VOCABULAIRE
réalisme socialiste = ne décrit pas la vie telle qu'elle est mais telle que Jdanov et le pouvoir soviétique veulent qu'elle soit montrée. L'art représente la politique culturelle officielle du parti communiste. Toute création artistique doit servir la propagande du système et glorifier Staline. Il veut mettre en évidence le peuple révolutionnaire, héroïque et optimiste.
praesidium du Soviet suprême = gouvernement dirigé par un président
Soviet (mot russe) = c'est un conseil, un ensemble de personnes.
première ligne du front idéologique = avant poste dans le secteur des croyances, idées, doctrines influant sur le comportement individuel ou collectif.
propagande = discours pour pousser les gens à faire quelque chose, en l'occurrence ce qu'il est décrit dans ce discours.
URSS= Union des Républiques Soviétiques et Socialistes
ENVIRONNEMENT HISTORIQUE
Jdanov était un proche de Staline. Celui-ci, dans les années 1920, s'empare progressivement du pouvoir en excluant du parti ceux qui s'opposent à lui et en éliminant (politiquement, voire physiquement) ses rivaux. Il prend la tête de l'URSS en 1926. Il a eu une politique de nationalisation systématique. Après la guerre, il impose aux pays de l'Europe de l'Est sa politique et parvient aussi à l'imposer à certains pays asiatiques.
NATURE DU DOCUMENT
Texte de propagande adressé par Jdanov aux écrivains soviétiques alors qu’il est directeur de la propagande du Comité central de parti communiste et bras droit de Staline. Il s’agit d’un extrait du livre Sur la littérature, la philosophie et la musique, écrit par Jdanov en 1946 et édité par la Nouvelle Critique en 1950 (maison d'édition française, proche du parti communiste).
GENRE LITTERAIRE
Discours politique édité en français après le décès de l'auteur.
CRITIQUE
Comment l'auteur sait-il ce dont il parle?
Jdanov s'inspire des textes d’Engels et de Marx pour établir sa conception du réalisme socialiste
Que peut-on dire de son honnêteté intellectuelle?
Sa doctrine a certainement été influencée par le pouvoir dictatorial de Staline : de ce fait, glorifier Staline et imposer sa vision des créations artistiques ne sont pas toujours honnête. En effet, le peuple soviétique n’était pas aussi heureux que le pouvoir politique voulait le laisser croire.
RESUME DU TEXTE
Dans son discours, Jdanov fait part aux écrivains soviétiques de leur responsabilité face au peuple, à l’Etat et au Parti. Ils sont également porteurs de la supériorité du régime soviétique sur les autres régimes, ce qui leur donne le droit d’enseigner une nouvelle morale pour toute l’humanité.
Qu'est- ce que le document apporte à ma connaissance?
En faisant des recherches sur Internet pour découvrir Jdanov, j’ai pu parcourir l’histoire de l’URSS au temps de Staline. J’ai appris qu’il était un dictateur qui imposait sa vision des choses et que si l’on n’était pas d’accord avec lui, c’était la prison ou la mort. Il a faussé l’image de son peuple devant le monde entier, son peuple recevait lui aussi une image fausse de ce qui se passait à l’extérieur de l’URSS et cela au travers des créations artistiques (film, livre, musique, peinture…). [/center]




