LES LITANIES DE L'OPTIMISTE
J’en appelle à la plus terrible femme
Car toi seule peux éteindre ma flamme.
Las de vivre. Las de rêver.
Je me sens comme dériver
Tel un esquif sans vent ni voile,
Sur des mers que l’ennui me voile.
J’en appelle à la plus terrible femme
Car toi seule peux éteindre ma flamme.
Le merveilleux et l’optimisme
Sont les maîtres du banditisme,
Car dans l’espoir de leur vision
Je me nourris par perfusion.
J’en appelle à la plus terrible femme
Car toi seule peux éteindre ma flamme.
Le livre qui jamais n’est moi,
Le son qui n’infuse qu’émoi,
L’image donne l’apparence,
La forme d’un buste trop dense.
J’en appelle à la plus terrible femme
Car toi seule peux éteindre ma flamme.
Vois ! J’immole mon corps offert.
Viens ! L’antique lame de fer
D’un arc par ta main décharnée
Me prendra ce qui fut donné.
J’en appelle à la plus terrible femme
Car toi seule peux éteindre ma flamme.
Pour une tasse de mon sang,
Nectar d’un rouge ravissant,
Donne moi ton baiser mortel,
Que ce siège soit ton autel.
J’en appelle à la plus terrible femme
Car toi seule peux éteindre ma flamme.
Je veux naviguer hors du temps,
Entrevoir le rêve latent
Qui trop souvent m’était voilé,
Vivre l’instant qu’on m’a volé.
J’en appelle à la plus terrible femme
Car toi seule peux éteindre ma flamme.
Les fragments furtifs de l’enfance
Savent contourner ma défense,
Ils démasquent ma vie absurde,
J’en suis opprimé comme un kurde.
J’en appelle à la plus terrible femme
Car toi seule peux éteindre ma flamme.
Face aux récifs du quotidien
Je cherche la foi de l’indien,
Car sans volonté ma nef sombre.
Las de rêver et las de l’ombre.
J’en appelle à la plus terrible femme
Car toi seule peux éteindre ma flamme.





