Martina Hingis

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Martina Hingis

Messagede Jameslol le Mer Jan 18, 2006 21:36

SPORT
Le Temps I Article



L'homme qui a reformaté Martina Hingis


TENNIS. La revenante est facilement venue à bout de Vera Zvonareva (6-1 6-2) au premier tour de l'Open d'Australie. Elle est tenace, elle est affûtée. Son gourou: Pat Etcheberry, maître controversé de la préparation physique.


Christian Despont
Mercredi 18 janvier 2006

Dans ses yeux scintille une lueur d'espoir, mêlée d'ambition. Martina Hingis est de retour, altière et joyeuse, pressée d'en découdre. C'est comme si elle n'était jamais partie; comme si le déploiement de clairvoyance infligé à Vera Zvonareva, mardi, dans la nuit de Melbourne, annonçait juste un brillant réveil (6-1 6-2).

«Vous n'imaginez pas à quel point c'est bon, a gazouillé la revenante. J'ai suivi mon plan de marche, j'ai vraiment bien joué. Certes, j'ai eu la chance d'être programmée en nocturne, où la chaleur et l'humidité n'entrent plus en ligne de compte. Ma plus grande crainte est de ne pas tenir la distance.»

La question - centrale - de sa condition physique reste ouverte. Martina Hingis, face au monde qui l'entoure, a admis la nécessité de surmonter ses indolences de virtuose. Dans le secret d'un retour soigneusement manigancé, elle a suivi un stage à Saddlebrooke, Floride, où sévit le maître de la souffrance sollicitée: Pat Etcheberry, bourreau des corps, Américain d'origine chilienne, sexagénaire volubile et increvable qui, pour principal fait d'armes, lança le javelot en 1964, aux Jeux de Tokyo.

Le forçat a notamment «construit» Justine Henin, dernière réponse à la brusquerie depuis la retraite de Martina Hingis. La Belge, 20 ans, était venue frapper à la porte du mentor, le regard effarouché, petite fille fluette à la maturité anormale, forgée dans un destin cabossé. «Je lui ai demandé quel était son but. Elle m'a répondu: devenir la meilleure. Nous avons travaillé dans ce sens... Ce n'était pas compliqué parce que, entre autres qualités humaines, Justine possède un sens du sacrifice extraordinaire. Je ne l'ai jamais entendue se plaindre.»

A ses ouailles, Etcheberry demande toujours l'objectif, et les y amène. Pour Jim Courier, l'idée consistait à gagner un million de dollars avant l'âge de 30 ans. Ce fut fait. L'ex-numéro un mondial raconte encore à quel point, parfois, les tournois lui semblaient reposants...

Supplicier Justine Henin ne fut pas plus difficile: la jeune fille a toujours considéré le bonheur comme une vague hypothèse. Sa mère est décédée d'un cancer. Son père l'a aguerrie à une carrière de phénomène de foire. Ses frères ont acheté un coupé sport avec ses premiers émoluments. Toute son enfance gît dans les méandres de sa mémoire. Pas de famille, pas d'amis.

Esclave de ses tourments, de ses propres exigences, Justine Henin a soulevé des poids jusqu'à en vomir et s'arracher des larmes. Certaines nuits, les courbatures l'ont empêché de trouver le sommeil. Force fragile, la Belge a tenu les 3h30 d'une empoignade farouche avec Lindsay Davenport, de vingt centimètres sa supérieure, en pleine canicule australienne, sans jamais mollir - ni physiquement, ni mentalement. «Elle peut encore s'améliorer», a précisé Etcheberry...

Justine Henin, non, ne pouvait pas: «J'ai décidé de mettre un terme à notre collaboration. Je ne pense pas que mon corps soit encore capable de supporter de telles charges. Mais s'il y a quelqu'un à qui je dois tout, c'est bien Pat. Il m'a forgé un physique d'athlète et un mental de gagnante.»

Martina Navratilova avait tenté de la raisonner: «Quand je l'ai vue à l'entraînement, j'ai pensé: «Mon Dieu, cette femme travaille très dur». Je me suis demandé combien de temps elle pourrait durer à ce rythme. J'ai eu la réponse.» Justine Henin, frappée par un virus mal identifié, vaguement déprimée, a passé dix mois chez elle, reclue dans sa solitude.

Comme elle, tous les cadors qui ont ployé sous ses coups de boutoir avouent une fascination étrange pour Etcheberry. Jim Courier, Pete Sampras, Andre Agassi, Monica Seles, mais aussi les golfeurs Erine Els et Nick Faldo, louent les vertus enchanteresses de leur séjour à Saddlebrook, dans ce stalag agrémenté de maisonnettes, d'un lac, de piscines, de palmiers et de petits ponts en bois.

Jamais Pat Etcheberry n'a accordé l'exclusivité de son savoir à un champion, fût-ce Pete Sampras, le plus prodigue d'entre tous. Son enseignement est personnalisé. Pour Henin, il a ciblé les frappes à hauteur d'épaules, en raison d'une petite taille (1,67 m); la tonicité des triceps, pour développer la puissance au service; la respiration séquencée, pour dissiper les excès de stress.

Rien de sorcier. Rien d'inédit, même, selon les spécialistes, si ce n'est une manière subtile, joviale, voire fraternelle d'enseigner la souffrance, dans ce qu'elle sécrète de confiance en soi. Quand Henin fut poursuivie par des rumeurs de dopage, Pat Etcheberry l'a enhardie en ces termes: «Tu vois, Justine, si les gens imaginent que tu es dopée, c'est que tu as drôlement bien travaillé. Il faut accepter ce compliment.»

L'homme confesse une admiration sans faille, quasi poétique, pour Martina Hingis. Il pense que la petite princesse «peut devenir plus costaude qu'elle ne l'était à 20 ans». A quel prix?
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En Ecosse, un homme a été arrêté pour attentat à la pudeur... parce qu'il s'épongeait le front avec son kilt.[Coluche]
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