Pourquoi l'IRAN à raison sue le NUCLEAIRE :

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Pourquoi l'IRAN à raison sue le NUCLEAIRE :

Messagede zouaoui le Ven Jan 20, 2006 16:47

A propos du nucléaire

Israël, la Corée du Nord, l’Iran: trois poids, trois mesures



Par Chems Eddine Chitour



Depuis quelques mois et avec une régularité de métronome, les membres du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Grande-Bretagne et France), par AIEA interposée, imposent une doctrine du Traité de non-prolifération (TNP) établie dans les années 1968 pour le partage du monde entre ceux qui détiennent le feu nucléaire et ceux qui en seront privés.

Un véritable battage médiatique indexé sur des pressions intolérables fait que beaucoup de pays ont signé l’accord du TNP, leur interdisant en principe de ne pas tenter d’une façon ou d’une autre d’acquérir ou de produire de l’uranium enrichi qui leur permettrait de fabriquer la bombe atomique. Ainsi un pays comme l’Algérie, pendant près de 25 ans, a refusé de signer le TNP, l’argument toujours valable étant qu’il faut que tout le Bassin méditerranéen devrait être dénucléarisé. On l’aura compris, il est fait allusion à Israël.

Dans les années de sang, l’Algérie, acculée à la défensive à cause d’un prétendu programme nucléaire qui lui permettrait à terme de disposer de la bombe atomique, a été amenée à signer le TNP. Par ailleurs, un petit pays, Israël, insignifiant à l’échelle du nombre, non seulement dispose d’un arsenal impressionnant en armes de destruction massive capable de détruire la planète plusieurs fois, mais de plus, arrive à tétaniser la conscience du monde en tournant le dos aux résolutions des institutions internationales. Par son impunité, ce pays plonge le monde arabe et musulman dans l’incompréhension, le désarroi de l’impuissance et dans la fatalité.



Quelques rappels

La bombe atomique est synonyme de puissance et d’invulnérabilité et de terreur pour les victimes. Il nous faut savoir que dès le début du siècle dernier, le mécanisme de la fission a été mis en évidence par plusieurs savants. Les quantités de chaleur libérées lors de la fission sont phénoménales et environ 10.000 fois plus importantes que celles d’une réaction de combustion classique. On doit à Enrico Fermi, physicien italien de talent, d’avoir maîtrisé la fission nucléaire en ralentissant la réaction en chaîne. Cela eut lieu le 2 octobre 1942 pour la première fois dans l’histoire de l’humanité: l’homme pouvait maîtriser l’apocalypse.

Ce n’est qu’après 1973 (première crise de l’énergie), que graduellement l’énergie nucléaire permit la production d’électricité: 450 réacteurs sont en fonctionnement dans le monde, dont 120 aux Etats-Unis, 55 en France qui fournissent 75% de son électricité. L’autre utilisation de l’énergie nucléaire consiste à libérer toute l’énergie en une fraction de seconde: c’est la bombe atomique. Einstein et Edward Teller (le père de la bombe) ont fortement incité le président des Etats Unis à utiliser les bombes atomiques dans le conflit. Effectivement, Harry Truman donna l’ordre de lancer deux bombes sur Nagasaki et Hiroshima (6 et 9 juin 1945), tout en tournant le dos à l’offre de reddition des Japonais.

Le cycle de production du combustible d’uranium enrichi se déroule en gros en trois étapes. D’abord, la cuisson du minerai d’uranium, qui donne un produit pâteux connu sous le nom de Yellow Cake: ensuite, la conversion de ce produit à l’état gazeux pour produire du tétrafluorure d’uranium (UF4), puis de l’hexafluorure d’uranium (UF6); enfin, la production d’uranium enrichi, qui peut être accomplie par deux méthodes, la centrifugation ou la diffusion gazeuse. La centrifugation, le procédé choisi par les Iraniens, consiste à soumettre le gaz à de très fortes accélérations à l’intérieur de centrifugeuses qui tournent à 600 tours/seconde. On l’aura compris, l’uranium a deux usages: le pacifique qui permet par le contrôle de la réaction en chaîne d’avoir de l’électricité, et il suffit pour cela d’un uranium enrichi à 3%; l’uranium militaire est beaucoup plus concentré (90%).



Le potentiel nucléaire israélien

Le programme israélien a été lancé en 1948. Israël est ainsi, incognito, dans le club fermé des pays possédant l’arme nucléaire par la porte de service du nucléaire civil. En refusant de signer le Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP) en 1968, il a affirmé son intention de poursuivre son programme nucléaire militaire sans aucun contrôle international (1). Shimon Peres, «père» du programme nucléaire israélien, a reconnu que la France avait accepté en 1956 de doter Israël d’une «capacité nucléaire».

En 1967, Israël disposait probablement de deux bombes qu’elle déploie secrètement pendant la guerre des Six jours. Les vecteurs qui peuvent la transporter, des avions de chasse, ont été fournis par les Américains (1) (2). Israël aurait été tenté aussi d’utiliser des armes nucléaires tactiques pour stopper les blindés syriens sur le Golan durant la guerre d’Octobre 1973. C’est sur la base d’une stratégie de containment et de surveillance, sûrement en accord avec Washington, que le 7 juin 1981 Israël lance une attaque surprise contre le réacteur nucléaire Tamouz-1 à Osirak, en Irak. «Se plaçant dès lors en situation de monopole du nucléaire au Moyen-Orient avec le soutien américain, il a mis en joue tous ses voisins les uns après les autres. Israël, considéré par l’opinion européenne comme une menace prioritaire pour la paix, doit être soumis à une inspection internationale de ses installations nucléaires» (1).

La visite en Israël de Mohammed El-Baradei, directeur de l’AIEA, le 7 juillet 2004, ne déboucha sur rien. «El-Baradei avait annoncé ne pas avoir l’intention de blâmer Israël, si Tel-Aviv s’abstenait de confirmer ou de nier posséder l’arme nucléaire». «Si nous devons faire quelque chose avec El-Baradei, c’est de lui demander de poursuivre son action pour pousser les Iraniens à mettre un terme à leurs efforts pour développer l’arme nucléaire», a dit M. Shalom. Ariel Sharon s’en est d’ailleurs tenu mardi à cette politique d’ambiguïté (3). Reconduit dans ses fonctions, son Agence a eu un prix Nobel immérité, qui devrait revenir en toute justice aux victimes de la bombe de Nagasaki et Hiroshima. El-Baradei est un homme aux ordres.

Ce qui semble admis, et surtout obligatoire pour l’ensemble des pays du monde, exception faite sans doute pour les cinq puissances nucléaires officiellement déclarées, - qui négocient entre elles leur auto-inspection-, ne le semble pas pour Israël qui échappe ainsi, jusqu’à maintenant, au droit de regard de l’AIEA. L’Irak a été occupé, ses habitants massacrés par dizaines de milliers sous le prétexte fallacieux de possession par ce pays d’armes de destruction massive qui n’existent pas, et la Syrie et l’Iran sont menacés du même sort pour la même raison (4). On comprend que le 7 octobre 2003, Ariel Sharon, encouragé par le soutien américain à son bombardement en Syrie, déclare qu’Israël frappera ses ennemis «à n’importe quel endroit et avec n’importe quel moyen». Ainsi Ariel Sharon, qui vient de bombarder la Syrie, se déclare immédiatement prêt à utiliser l’arme nucléaire (5).

Sur la base d’estimations diverses, les forces armées israéliennes possèdent entre deux cents et quatre cents têtes nucléaires. Selon la revue anglaise Jane’s Intelligence Review, leur arsenal est équivalent à 3.850 bombes d’Hiroshima. Comme vecteurs nucléaires, les forces israéliennes disposent d’environ 300 chasseurs F16 fournis par les Etats-Unis et 25 F15 dotés de systèmes de guidage plus sophistiqués. Le missile nucléaire Popeye Turbo a été installé sur trois sous-marins Dolphin, de dernière génération, fournis par l’Allemagne en 1999-2000. Il faut ajouter environ 50 missiles balistiques Jéricho II sur des rampes mobiles de lancement avec une portée d’environ 1.500 km, emportant une charge nucléaire d’une tonne. En outre, Israël possède le Shavit, un engin qui a permis de mettre en orbite les satellites Ofek.

A partir de 1998, la situation change en effet quand la droite hindoue, non seulement fait exploser des armes nucléaires mais entreprend de renforcer ses liens avec les Etats-Unis et Israël, essayant de créer une nouvelle entente Washington-Tel-Aviv-New-Delhi. Israël a aussi aidé l’Inde pour son programme d’armes nucléaires. En septembre 2003, la visite d’Ariel Sharon en Inde est la première d’un chef de gouvernement israélien depuis l’indépendance du pays en 1947 (6). Le Pakistan, dont le statut nucléaire a été perçu dans le monde musulman comme un contrepoids positif à l’arsenal israélien, a fait aussi exploser sa bombe (7).

Mieux encore, dans le cadre de leur «partenariat stratégique», les Etats-Unis ont accordé des fonds supplémentaires à Israël. Le Congrès a ainsi approuvé, fin décembre 2005, une allocation de 133 millions de dollars pour le développement du projet de missiles Arrow ainsi que 600 millions de dollars supplémentaires à Israël, en plus de ce que l’Etat hébreu reçoit annuellement. Sous couvert d’un prétendu bouclier antimissile israélien, les Etats-unis arment en fait Israël contre l’Iran: les dollars seront ainsi affectés à la construction de drones, à l’acquisition de blindages de transport de troupes et de systèmes anti-leurres. Israël participe activement à la campagne de diabolisation de l’Iran (8).



Le nucléaire coréen

Les pourparlers à six (Chine, deux Corées, Etats-Unis, Japon et Russie) sont dans l’impasse depuis la signature, en septembre 2005, d’un accord au terme duquel Pyongyang s’engageait à renoncer à son programme nucléaire en échange d’une aide et de garanties de sécurité. Salué comme un pas en avant, cet accord ne comportait cependant aucune modalité ni calendrier. Tout était à négocier (9).

La Corée du Nord, comme on le sait, a annoncé qu’elle disposait de deux bombes atomiques. L’accord qu’elle a signé en septembre ne l’empêche pas de continuer et de diluer le problème dans des considérations économiques, avec le parapluie bienveillant de la Chine, qui fait que tout le monde regarde ailleurs s’agissant du programme coréen dont on ignore tout.



Le nucléaire iranien

Depuis deux ans et demi, trois pays européens font pression sur l’Iran pour ralentir son programme nucléaire. Malgré le battage médiatique occidental, les autorités iraniennes réfutent tout projet de fabriquer la bombe atomique. Elles affirment vouloir maîtriser l’énergie nucléaire à des fins civiles. Elles expliquent que la population, aujourd’hui forte de 70 millions d’habitants, devrait se stabiliser à 100 millions d’ici à vingt ans, ce qui va provoquer une forte demande en énergie. L’Iran est certes le troisième producteur pétrolier au monde, mais consomme la moitié de sa production.

Téhéran a annoncé mardi 10 janvier la reprise de ses activités de recherche dans le domaine de l’enrichissement d’uranium, n’acceptant pas la proposition de compromis des Russes d’enrichir, en Russie seulement, l’uranium iranien. En novembre 2005, le Conseil des gouverneurs de l’AIEA avait mis en garde l’Iran en affirmant que la reprise des activités d’enrichissement serait inacceptable, qu’elle pourrait être assimilée à une menace à la sécurité et à la paix internationale, ce qui pourrait conduire à une saisine du Conseil de sécurité de l’ONU. Pour Bruno Tertrais, le programme nucléaire iranien est d’abord une menace potentielle pour le Moyen-Orient. C’est ensuite une menace pour l’avenir du régime de non-prolifération nucléaire qui est en jeu dans cette affaire. C’est enfin une menace potentielle pour l’Europe, qui sera bientôt à portée des missiles iraniens. Le TNP est un traité très imparfait, qui a gelé la situation nucléaire à un moment donné, de manière quelque peu arbitraire. Il s’agissait de stopper le phénomène de prolifération nucléaire. L’Iran et Israël sont dans des situations totalement différentes du point de vue du droit international. L’Iran s’est interdit lui-même d’avoir la bombe en signant le TNP. Israël n’a pas signé le TNP, et donc son programme nucléaire n’est pas contraire au droit international (10).

On voit un parti pris sans nuance, l’Iran qui menace l’Europe !! En clair, rien ne peut arriver à Israël parce qu’elle se met hors jeu en ne reconnaissant pas le TNP. Pourtant, l’article 6 du TNP engage tous les signataires à la cessation de la course aux armements et à des négociations de bonne foi tendant vers le désarmement nucléaire ainsi que vers le «désarmement général et complet». Aucun pays membre du Conseil de sécurité ne respecte à la lettre cet article, mais ceci est une autre histoire. Si Téhéran ne se plie pas, le Conseil de sécurité de l’ONU pourrait décider des sanctions économiques. Une éventuelle frappe militaire se ferait donc sans le feu vert de l’ONU. Aux Etats-Unis, cette hypothèse figure parmi les scénarios envisagés par l’administration Bush. «L’option» militaire restait sur la table. Une opération militaire pourrait sans doute ralentir le programme iranien, mais elle provoquerait aussi une violente montée de tension dans toute la région. Déjà, dans une édition d’octobre 2003, l’hebdomadaire allemand Der Spiegel révèle qu’Israël n’exclut pas une frappe «préventive» des sites nucléaires iraniens. Selon Der Spiegel, «une unité spéciale du Mossad (services secrets israéliens) a reçu la mission de travailler à des plans d’attaque contre une demi-douzaine de cibles».

Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, est «très préoccupé» par la situation du dossier nucléaire iranien. Il est fort à parier que l’ONU se fera porter aux abonnés absents quand il s’agira de mettre en oeuvre l’option militaire. Pourquoi l’AIEA, qui, dans le cadre de sa mission de prévention de la prolifération nucléaire, menace l’Iran de déférer son cas devant le Conseil de sécurité de l’ONU, ignore totalement le seul Etat de la région disposant effectivement des armes de destruction massive ? L’Occident, qui veut imposer sa vision des choses, ne tient naturellement pas compte du patrimoine culturel et cultuel des Autres qu’il veut asservir. L’impunité d’Israël est à bien des égards un catalyseur de la fitna. La phrase prophétique de Théodore Herzl, «le fondateur du sionisme», est plus que jamais d’actualité: «Là-bas, nous établirons, pour le compte du monde occidental, un mur contre la barbarie». Le mur est là, il est construit. Et là-bas désigne, on l’aura compris, le monde arabe (11).



Notes

1. Bernard Ravenel. Israël:

Une Menace Nucléaire Globale.

Le Monde Du Mardi 27 Janvier 2004.

2. Dominique Lorentz. Affaires Atomiques. Editions Gallimard 2001.

3. M.O. Bherer El-Baradei Pour Un Proche-Orient Sans Armes Nucléaires, Courrier International, 07-07-2004.

4. L’autre Tabou Est L’arsenal Nucléaire Israélien:

Http://Forum.La-Croix.Com/View. Php?Site=Infos&Bn=Infos.

5. Journal Haaretz, 8 Octobre 2003.

6. Journal Le Monde, 11 Septembre 2003.

7. Dilip Hiro. Middle East International, 19 Juin 1998.

8. Les Etats-Unis Arment Israël Contre l’Iran, Réseau Voltaire Du 13 Janvier 2006.

9. Philippe Pons. Les Nouvelles Critiques Américaines Contre Pyongyang Compliquent La Sortie

De Crise Sur Le Nucléaire. Le Monde

Du 12 Janvier 2006.

10. Débat Avec Bruno Tertrais: Le Monde Du Vendredi 13 Janvier 2006.

11. C.E. Chitour. Le Nucléaire En Question. L’Expression Des 27

Et 28 Juillet 2004.
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Messagede Telepion le Ven Jan 20, 2006 19:14

Il est vrai que de plutot desarmer les pays de cette menace pour les peuples Il faut surencherir, surencherir....
Tant il est aussi vrai que le peuple Iranien tirrera d'enorme bénéfice de cette bombe providentielle.
C'est vrai continuons a soutenir les maitres du monde arabes ou occidentaux car il est vrai aussi vrai qu'ils font profiter a leurs peuples leurs énormes benefices que génére le pétrole. La richesse du peuple Iranien etant reconnu LOL.

"l’homme pouvait maîtriser l’apocalypse" grand penseur que ce Chems Eddine Chitour c'est vraiment n'importe quoi.

Triste monde, triste idéologie.
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Telepion, tu as bien trop abusé de ma patience et demon gout du dialogue.
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