Des virus dans des fichiers image, c'est possible
La récente découverte d'une faille affectant des logiciels de visualisation d'images a rappelé que même des fichiers en apparence inoffensifs comme les Jpeg pouvaient être pris comme cible par des virus.
Faire attention aux pièces jointes aux e-mails, ne pas ouvrir les fichiers suspects : grâce à la médiatisation de certains problèmes de sécurité informatique, les utilisateurs ont acquis un minimum de connaissances sur les virus. Mais attention, certaines de ces "vérités établies" ne le sont pas vraiment, comme le fait qu'un virus est toujours un fichier exécutable et que des fichiers texte ou image sont à priori inoffensifs. La récente découverte d'une faille affectant certains logiciels de visualisation d'images a rappelé que des pirates pouvaient bel et bien insérer des codes malicieux dans des fichiers Jpeg. Pas de panique, les attaques concernant ces types de fichiers sont pour l'instant limitées, mais il ne faut pas pour autant baisser votre garde. Voici quelques exemples d'attaque qui ont visé les images Jpeg et les précautions à prendre pour s'en protéger.
1) Perrun ou le virus expérimental
Apparu en 2002 et largement médiatisé, le virus Perrun est en fait un virus expérimental (il a seulement été envoyé aux éditeurs d'antivirus sans être mis en circulation). Bien qu'inoffensif, il reste le premier des codes malicieux qui s'est attaqué aux fichiers Jpeg. Comme tout virus qui mérite son nom, Perrun aussi dissimulait un code viral dans un fichier paraissant inoffensif, en l'occurrence des Jpeg. Mais à la différence d'autres virus, Perrun ne pouvait ni s'auto-exécuter, ni s'envoyer en masse vers d'autres destinataires. Le code viral caché dans le fichier Jpeg avait besoin d'un "cheval de Troie" pour être extrait et exécuté. Perrun a le mérite d'attirer l'attention sur le fait que des fichiers images n'étaient pas à l'abri, mais il a surtout ouvert la voie à d'autres auteurs de virus qui ont poursuivi son idée de combinaison "Jpeg + cheval de Troie" et qui ont développé plus tard des virus cette fois-ci dangereux.
2) Faux Jpeg mais vrais virus
L'apparence inoffensive des fichiers Jpeg et leur large utilisation ont été plusieurs fois exploitées par des auteurs de virus. Des messages infectés prétendant contenir des photos de Jennifer Lopez ou encore des images d'un match de foot ont circulé sur le web et piégé de nombreux internautes. Mais ces codes malicieux étaient en fait de fausses images Jpeg contenant de vrais virus. Le fichier infecté, bien que paraissant comme un fichier image, avait une double extension et était en fait un code exécutable. Plus récemment, les vers Bropia.F et Bobax.H ont piégé leurs victimes avec un procédé semblable. Prétendant contenir des photos sexy pour Bropia et des photos de Saddam Hussein mort pour Bobax, ils ont contaminé les machines des internautes qui croyaient ouvrir des fichiers d'image. Pour éviter ce piège, il est conseillé de faire analyser toute pièce jointe à un antivirus à jour avant de l'ouvrir.
3) Un Jpeg peut cacher un cheval de Troie
En septembre dernier, certains forums de discussions étaient envahies par des photos piégées à caractère pornographique : en ouvrant ou visualisant les images, les internautes se sont exposés à des chevaux de Troie. Il s'agissait en fait de l'exploitation d'une faille concernant les logiciels de traitement d'image de Microsoft… qui était en fait corrigé à la date de l'apparition de la menace. Mais comme d'habitude, la plupart des internautes n'avaient pas mis à jour leurs logiciels et se sont trouvé exposés au risque. D'autres images piégées ont aussi circulé sur la messagerie instantanée AOL. Comment le fait de visualiser une image peut-il déclencher une infection ? Le virus exploitait en fait une faille de Graphics Device Interface Plus (GDI+) de Microsoft. Les auteurs du virus ont inséré un code dans la section de commentaires du programme et provoqué ainsi le dépassement de la capacité de la mémoire tampon. Ce qui ouvrait ensuite la voie à l'infiltration des chevaux de Troie. Pour protéger les internautes contre ce type de menace, Symantec propose un contrôle de validité des images Jpeg dans son antivirus.
4) Des problèmes de "peau" de Winamp
Autre exemple de la dissimulation des codes malicieux dans des fichiers image : la faille qui a touché le logiciel de lecture des fichiers musicaux Winamp. Les "skins" ("peau" en français, les habillages du logiciel) pouvaient en fait être détournés par des pirates pour y insérer des codes viraux. La faille a été corrigée en août 2004, mais elle a encore une fois démontré la fragilité de fichiers inoffensifs en apparence, comme les fichiers d'image.
http://www.laposte.net/portail/Securite/