lug a écrit:m'agace un poil oui ce philosophe bourdieu

et ma colere de ses propos n'a d'egale que sa grande suffisance et son mepris.
Attention Lug, à rendre à Bourdieu ce qui appartient à Bourdieu (tiens j'ai un style prophétique aujourd'hui

).
Car il s'agit ici de
quelqu'un qui cite quelqu'un qui cite Bourdieu, qui est la très grande référence en sociologie française de fin du XXème siècle.
Or les combats de Bourdieu étaient multiples:
- le premier était d'éviter la déformation de ses propos par des journalistes (il a leur a même imposé des interviews sans aucun montage, après plusieurs manipulations de ses propos). Or c'est justement ce que je crois voir ici.
D'ailleurs Ahmed, quelle est ta source ?
- Il a dénoncé la souffrance des catégories sociales françaises les plus démunies, abandonnées par les élites (La Misère du Monde)
- Il a critiqué l'hermétisme et la manipulation des symboles par les élites (La Noblesse d'Etat).
Je crois que le texte ommet des éléments et que l'analyse de Megaouf est exacte: l'opinion citée de Bourdieu provient probablement d'une dénonciation des différences d'éducation, d'appropriation des connaissances et symboles permettant de différencier ce qui est considéré comme art et art mauvais, l'art étant détourné pour symboliser et légitimer une différence sociale.
C'est toute la différence entre des mômes ayant cotoyé tous les musées parisiens depuis l'âge de cinq ans et les autres qui "en ont fait" trois ou quatre dans leur vie lors de sorties scolaires. Les premiers vont avoir leurs peintres et sculpteurs favoris, connaissent les différentes techniques de peinture, l'histoire des peintres, l'évolution de leurs peintures, tandis que les autres ne savent pas citer deux peintres.
La même chose existe en musique. Je chante actuellement avec un ensemble dont chaque membre connaît le répertoire classique sur le bout des doigts, assiste à chaque saison de Garnier, l'opéra comique et Bastille, parce que dès 8 ans ils y assistaient déjà.
Le profil moyen est d'être écrivain, chef d'entreprise, noble, thésard, cadre de direction ou mère au foyer avec domestiques.
Dans cet ensemble , je suis un peu l'exeption populaire, y découvre souvent des auteurs pour moi inconnu, n'ai pas honte de dire que je ne connaissais pas, me moque un peu de la structure, mais vis pleinement (trop sans doute

) l'histoire musicale d'un morceau en lui donnant de la vie.
Mais beaucoup plus que les critiques qui ne sont jamais que des artistes ratés, les vrais artistes sont très tolérants et pour preuve, mes camarades de chant m'ont très chaleureusement adopté, même si mes convictions et arguments m'ont valu mon surnom de sans-culotte
Pour revenir à l'analyse de Mégaouf, on distingue souvent en sociologie le capital financier du capital culturel. Le premier peut s'augmenter très rapidement (en général par du vol

), tandis que le second s'augmente très lentement et nécessite plusieurs générations.
Voilà pourquoi un riche sans culture a toujours été considéré comme un parvenu, un nouveau riche, et cette absence de culture freine une ascension sociale. Aussi des gagnants du loto risquent de se transformer en bourgeois gentilhomme, à posséder de l'art parce qu'il en faut, mais sans l'apprécier car peu éduqués culturellement, et paraissant ridicules auprès de ceux qui possèdent une éducation culturelle.
Le capital culturel est même bien plus important que le capital financier car seul le capital culturel permet d'intégrer des milieux favorisés par la connaissance des codes et des symboles.