bah pourquoi désolé ? c'est super intéressant !!
Je comprend bien ton comportement Prunelle, et j'avoue que je me reffusais aussi au comportement de violance ou de souffrance donné aux autres.
Personnellement, j'ai été très vite confronté à la cruauté du monde, presque après la maternelle.
Quand, j'étais petit, j'étais très fière de mon grand frère (je le suis toujours d'ailleurs

)
Mais il est autiste. Et petit, quand je le présentais à mes copains, il le trouvaient grand fort etc... bref, pas de problèmes.
Mais dès l'écoles primaire ils commençaient à sentir qu'il y avait quelque chose qui "clochait" avec lui
Et ils me le faisaient bien sentir comme seul peuvent le faire sentir les enfants entre eux
Quelques armes que j'ai dévellopés très tôt, c'est premièrement la parole.
Je me faisais passer pour un extra-terrestre dans ma classe (dans mon école même, on peut dire

)
Et simplement par la parole, j'ai réussi à convaincre toute ma classe que c'était vrai. En étant différent, et en assumant cette différence, même imaginaire, je gagnais du pouvoir sur eux.
En CM, j'ai commencé à avoir du mal à convaincre.
Les esprits commençaient à se structurer, ils devenaient plus logiques, et ils commençaient à me demander des preuves difficiles à contourner par la simple parole.
La seule chose que j'arrivais à obtenir, c'était le bénéfice du doute.
Au collège, J'ai utilisé alors une autre "arme", toujours centrée sur la parole : la peur.
J'étais différent, et on ne me cherchais pas d'emmerde
Ne serait-ce que par la peur du ridicule que j'étais capable de donner à n'importe qui tentait de me faire du mal.
Cette peur a aussi servi de filtre, pour laisser passer des amis qui savaient vraiment s'engager, et passer au dela des apparences.
Le défaut, c'est que ça m'a un peu coupé du monde, du même coup
Maintenant, je ne sais pas vraiment si la connaissance de cette dureté de la vie, et les armes que j'ai dévellopé pour lutter contre elle a vraiement changé ma crise d'adolescence
Mes parents m'ont toujours parlé comme à un adulte. que ce soit sur des questions philosophique ou sur des sujets comme la mort etc... (par exemple, je savais ce qu'était le complexe d'œudipe à 6 ou 7 ans

, mon père me le balançant à la tête à chaque fois que je prennais parti pour ma mère contre lui

)
Et quand à 6 ou 7 ans, tu dois t'occuper de quelqu'un qui en a 18, 19 ça change radicalement l'idée classique de la séparation du monde entre "les adultes" et "les enfants".
ça apprend que chacun a des responsabilitées en fonction de ses capacitées. (Ce qui fait que j'ai souvent tendance à prendre les choses en mains quand je suis face à des
incapables

)
Mais pourtant, j'ai quand même vécu une sacrée crise d'adolescence.
Principalement parce que mes parents ne reconnaissaient pas mes capacitées à me gérer moi même.
(Ils le reconnaissent toujours pas complètement d'ailleurs

)
Puis mon grand frère "aidant", ils avaient pour référence quelqu'un dont il faut s'occuper comme un enfant de 5 ans, même à 25 ans.
J'étais le deuxième, mais je devais quand même leur apprendre ce que c'était un enfant dont on n'a pas a s'occuper. Pas facile de leur faire perdre leur habitudes de comportements, quand elles sont encrées depuis plus de 30 ans
En plus, mon père l'a faite en même temps que moi sa crise
C'était cocasse à la maison, quand c'était moi qui prenait le comportement responsable et raisonnable quand mon père piquait ses crises d'ado
Je crois que j'ai toujours été plus responsable que mon père
Bref, je sais pas si je suis une bonne référence en fait, pour parler de la crise d'adolescence, en fin de compte,

même si j'ai eu mon quota de crises à la maison
En fait, ça a toujours été mon frère le plus facile à gérer des trois pendant ses crises, et c'est pas peu dire
