Jusqu'où la Vie se laisse t-elle respecter ?

Les grandes idées du monde

Jusqu'où la Vie se laisse t-elle respecter ?

Messagede mika le Ven Juin 23, 2006 15:02

Jusqu'où la Vie se laisse t-elle respecter ?

Le signes qu'émettent les animaux pour communiquer ( et survivre finalement ) sont moins articulés et complexes que ceux avec lesquels nous sommes habitués depuis des millénaires et cette communication est, à ce stade de notre civilsation, le fait principal nous distinguant des autres espèces. Son nom commun : la culture. Nous sommes des animaux cultivés. Ce qui est un avantage ( séléctionné par la nature ou par un dieu ) des moins négligeables : De part cette culture, nous savons trés bien nous protéger des autres espèces que nous tuons et mangeaons de façon trés élaborée : la marchandisation de leur viandes et fourrures ( entre autres ) est, par nécéssité économique, légale et industrielle, à l'instar des experimentations en laboratoires faites au nom de la recherche médicale. Mais cette culture est aussi faite de valeurs : nous savons, par exemple, domestiquer et sauvegarder la santé de nos animaux domestiques : nous nous interdisons soi-même de les maltraiter et pouvons même être vertueux dans leur éducation : Bref, nous savons faire plein de choses élaborées avec les choses qui nous entourent. Lesquelles, dans le même temps, nous transforment, nous enrichissent. Dialectique bien connue. Bon. Pour autant, il est une chose sur laquelle je butte : les maltraitances infligées aux animaux à l'endroit desquels nous devrions, au contraire, nous sentir redevables... Petit récapitulatif : Avant l'aire industrielle, il y avait, la chasse et la pêche, essentiellement : l'animal vivait et évoluait dans son mileu naturel. Le chasseur arrivait armé de son fusil et tirait sur le lapin. Lequel mourrait, soit instantanément, soit peu de temps après. En tous cas, pas dans d'interminables et atroces souffrances. Bref, peu d'élaboration. Heureusement, notre époque est nettement plus élaborée ! C'est l'aire de la productivité : c'est l'élevage en batterie, etc... Les animaux sont, bien sûr, sur place ; Inutile d'aller les chercher un par un : ils sont sur des tapis roulants, dans des cages, des bocaux, des tuyaux, tout ce qui peut faire rêver un être vivant. Ce magnifique lieu de vie est celui-même dans lequel il est nourri, vitaminé, tué et découpé. En masse, à la chaîne s'il vous plaît ! Car il en faut toujours plus et plus vite. Ainsi, tous les jours, dans ces usines, une quantité industrielle d'oies, est, durant des mois, gavée à la chaîne et ce, jusqu'à "implosion" des foies ( procédé d'obtention du foie gras ). Tous les jours, durant une dixaine d'heures de transport en poids lourds, une quantité industrielle de moutons est entassée au point que des pattes soient brisées et des nerfs tendus jusqu'à l'infarctus. Car c'est là un gain de temps et donc d'argent. Cette compétitivité torture donc industriellement des êtres qui, encore vivants, sont déjà traités comme des marchandises ( viandes, fourrures, etc... ) à produire toujours plus massivement et rapidement. ( Et je ne parle pas des animaux de laboratoire qui, eux aussi, avant de mourir au nom de notre médecine, souffrent souvent bien plus que de raison. ) Voilà qui est élaboré ! Voici qui démontre mieux que jamais notre supèriorité par rapport à l'animal ! Qu'attend t-il maintenant, avec son fin langage, cet animal, pour engager une procédure pénale à l'encontre des grossiers personnages qui le maltraitent ?! Oh que nous sommes forts, virils et puissants ! Les plus forts de la chaîne alimantaire ! Voilà comment nous vivons. Ainsi vivons-nous. Alors inutile -de chez inutile- de diviniser ou de diaboliser ce compétitionnisme : Nous le nourrissons chaque jour et c'est tout ce qu'il demande. Hé oui ! ce productivisme ne fait pas que du mal; il fait aussi du bien. Il est même une nécéssité économique; et si la politique le laisse esquiver, ci et là, nos valeurs éthiques, grossir et lutter ainsi contre le temps, c'est qu'il permet à notre pays de rester dans la course au niveau planétaire, de ne pas se faire manger par plus gros que soi. Moralité : certe nous souffrons et notre foi en l'Humanité et ses valeurs ne peuvent tout résoudre. Mais regardons bien que notre souffrance est souvent une forme d'égoïsme nous empêchant de voir un monde où certains êtres sont torturés à mort... Certe, nous fonctionnons sur Terre en mangeant et en évitant d'être mangé... Mais à force de vivre pour manger, on en oublie de bien vivre, on en oublie nos valeurs humaines... autrement dit, on en oublie de respecter la Vie... Honnêtement je ne sais pas ce qu'est le monde ni pourquoi il est. Il y a de la misère, de la torture, de la souffrance; et il y a du bien-être, de l'amour et de la sagesse. La conscience de la mort nous rend fous d'impuissance ou sages. La conscience de la vie nous rend fous de pouvoirs ou sages. Simplement, ce qu'on peut remarquer, c'est que nous avons du mal à être adultes, responsables de la vie des êtres que nous inscrivons dans un terrible "devenir marchandise". Nous respectons fort mal la Vie et pourtant, même si la mort est plus forte que nous, même si nous ne saurons jamais trouver un remède contre elle avant qu'elle ne nous donne le sien, qui est en fait le notre, je pense que nous devrions, autant que faire se peut, nous poser toujours mieux la fameuse question "Comment vivre?" et cela pour nous affirmer comme adultes respectueux de la Vie ( Minérale, végétale, animale ).
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Messagede kiki75002 le Ven Juin 23, 2006 15:37

Hello Mika,

L'homme est capable de maltraiter des animaux certe, mais il est capable de bien pire. L'homme est capable de tuer son prochain et de la manière la plus sauvage qui soit. Moi non plus je ne me l'explique pas.
J'aimerais vivre dans un monde ou l'argent n'existerai pas, et où on travaillerai pour s'entraider les uns les autres. Malheureusement, je pense que ça n'arrivera jamais, car l'homme pense et est animé de sentiments qu'il croit juste, parce ce que le fort veut s'imposer au faible et que le faible ne rève que de devenir fort.

Mais une entente mondiale pour s'entraider, ça n'existera jamais, on va certainement droit dans le mur.
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Messagede flora le Ven Juin 23, 2006 21:33

Je suis d'accord sur le fond bien sûr, même si je serai plus prudente sur l'absence de barbarie des temps passés.

Cette compétitivité torture donc industriellement des êtres qui, encore vivants, sont déjà traités comme des marchandises ( viandes, fourrures, etc... ) à produire toujours plus massivement et rapidement.


Les animaux mais aussi les hommes sont traités comme des marchandises. C'est l'effet d'une société qui a commencé par objectivé les corps, avant de réduire les être vivants à ces corps, oubliant par là même qu'ils étaient aussi (pour l'humain) sujet doté d'une conscience...Ce que tu dénonces m'apparait comme un éffet d'un problème plus vaste. Bizarrement, je crois que c'est ne rendant à l'humain son statut de personne, que les animaux s'en porteront mieux.
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Messagede Heydrickx le Sam Juin 24, 2006 01:42

Mika

Je suis à 100% d'accord avec toi. Je n'ai même pas envie de donner mon point de vue sur la question parce que je ne ferais que te répéter :p

Je pense cependant que le monde d'aujourd'hui ne peut pas faire autrement. Vu l'augmentation de la population, je ne vois guère d'autre alternative que la viande à la chaîne pour parvenir à nourrir tout ce "beau monde".
L'homme ne se reproduit pas spécialement vite, mais il n'a plus de prédateur, c'est ça le problème. Il a d'abord eu à affronter les grands animaux prédateurs, il les a vaincu. Il a ensuite dû affronter les animaux minuscules (bactéries, virus) et la victoire lui est acquise.
La nature est bien faite, et en manque de prédateur, l'homme commence à se détruire lui-même (guerres, meurtres, suicides, cancers et autres maladies où l'organisme même d'un homme se retourne contre lui). Mais ce n'est pas suffisant.

Je déplore comme toi la barbarie de la situation.
Que ces animaux soient destiné dès leur naissance à la boucherie et qu'ils passent leurs vies confinés dans de petits espace à se marcher les uns sur les autres en attendant d'être gavés, ça me répugne tout simplement.

Au moins dans le passé dont tu as parlé, l'animal avait sa chance. L'homme se devait de le trouver, le traquer et le tuer.

Mais l'homme est ainsi fait. Il a mit la nature à ses pieds et en fait ce qu'il veut. Je dirais même qu'il la tolère... sans plus.

Tu disais : "Nous respectons fort mal la Vie et pourtant, même si la mort est plus forte que nous, même si nous ne saurons jamais trouver un remède contre elle avant qu'elle ne nous donne le sien, qui est en fait le notre, je pense que nous devrions, autant que faire se peut, nous poser toujours mieux la fameuse question "Comment vivre?" et cela pour nous affirmer comme adultes respectueux de la Vie ( Minérale, végétale, animale )."

Je pense exactement comme toi.
Malheureusement les gens se préoccupent bien peu de savoir "bien vivre". Ils ont fait de leur bien être personnel un but ultime, une fin en soi qui se justifie elle-même. Autant l'homme dans son individualité cherche à écraser les autres, autant l'Homme dans son espèce cherche à soumettre ce qui l'entoure.
Je pense que l'amalgame tragique, c'est qu'on se pose la question : "Est-ce que c'est bien pour moi ?" au lieu de la question : "Est-ce que c'est bien ?" Entre les deux, il y a un monde de différence.
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Messagede Heydrickx le Sam Juin 24, 2006 01:48

kiki75002 a écrit:Hello Mika,

L'homme est capable de maltraiter des animaux certe, mais il est capable de bien pire. L'homme est capable de tuer son prochain et de la manière la plus sauvage qui soit. Moi non plus je ne me l'explique pas..


Je suis d'accord avec toi dans les grandes lignes mais... Juste un détail.
Je ne pense pas qu'il soit pire de tuer un homme qu'un animal.
Je ne parle pas de ceux qu'on tue par accident en marchant dans une pelouse par exemple...
Je veux dire, tuer volontairement.
Pour moi un être vivant est un être vivant. Une vie est une vie.
Tuer un être vivant, quel qu'il soit, c'est retirer son droit le plus fondamental à cet être vivant. Lui refuser le principe même de son existence...
Je pense que l'homme n'a pas ce pouvoir.
Exception faite lorsque l'on suit les règles que la nature a écrites : se nourrir.
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Messagede stargate le Sam Juin 24, 2006 02:12

Heydrickx a écrit:Mika
Je pense cependant que le monde d'aujourd'hui ne peut pas faire autrement. Vu l'augmentation de la population, je ne vois guère d'autre alternative que la viande à la chaîne pour parvenir à nourrir tout ce "beau monde".


je ne suis pas d'accord avec toi, il y a le végétarisme

Les conséquences écologiques de la consommation de viande

Production mondiale de viande :
1950: 44 mio. de tonnes
1990: 170 mio. de tonnes
1994: 194 mio. de tonnes
1997: 210 mio. de tonnes
1999: 217 mio. de tonnes
2002: 242 mio. de tonnes
2003: 253 mio. de tonnes
2004: 258 mio. de tonnes

La production mondiale de viande augmente
Bien que la consommation de viande dans les pays industrialisés soit en diminution depuis plusieurs années, la consommation mondiale est, quant à elle, en augmentation.
En 2003, au niveau mondial, 253 millions de tonnes de viande ont été produites. Depuis 1970 la production de viande a plus que doublé.1 Chaque année en Suisse on en produit 600000 tonnes.2 Il en résulte des conséquences écologiques importantes au niveau mondial qui n’ont malheureusement suscité que trop peu d’attention jusqu’à présent.

Gaspillage des sols
Pour produire un kilo de viande, il serait possible dans un même laps de temps et pour une même surface de sol de cultiver 200 kg de tomates ou 160 kg de pommes de terre. En Suisse, approximativement 67% des terres cultivables sont utilisées pour élever du bétail et pour cultiver des céréales destinées à sa nourriture. Ces chiffres correspondent à la moyenne mondiale.3

Surfaces de sol nécessaires pour la production d’un kilo de:
Bœuf, y compris le fourrage...........................323 m2
Bœuf de pâturage..........269 m2
Poisson.......................... 207 m2
Cochon............................. 55 m2
Poulet d’engraissement..53 m2
Oeufs................................ 44 m2
Riz..................................... 17 m2
Pâtes................................ 17 m2
Pain.................................. 16 m2
Légumes/
Pommes de terre...............6 m2
Source: WWF Suisse

Aux Etats-Unis 230000 km2 sont nécessaires à la production de fourrage pour les animaux de rente, alors que seulement 16000 km2 (=7%) le sont pour produire des aliments végétaux.4 Le gaspillage considérable des sols pour la production de viande porte aussi préjudice à la forêt tropicale: En Amérique centrale, en 40 ans, 40% de la forêt tropicale totale a été défrichée ou brûlée principalement pour faire place à des pâturages ou à la culture de fourrage pour les animaux.5

Avec la quantité d`eau necessaire pour produire 1kg de viande on pourrait se doucher quotidienne-ment pendant un an .7
Consommation en eau
Les guerres du futur ne seront plus menées pour le pétrole mais pour l`eau. Un ménage moyen n`utilise pour sa boisson qu’entre 2 et 5 litres d`eau potable par jour et entre 100 et 500 litres à d`autres fins (douche, lessive, etc.). Ces chiffres sont négligeables comparés aux 2000 à 5000 litres d`eau nécessaires à la préparation des aliments d`une famille moyenne.

Les populations les plus pauvres souffrent tout particulièrement en raison de l`énorme quantité d’eau nécessaire pour produire de la viande.

Dans la lutte contre la faim dans le monde, il n`est souvent question que des besoins alimentaires, alors que la quantité d’eau indispensable pour la production de ces aliments n’est pas prise en compte. Une conférence sur l`eau8 s`est récemment tenue à Stockholm, avec pour objectif exclusif l`utilisation de l`eau par les humains. Des résultats intéressants y ont été mis à jour: Si une famille utilise quotidiennement entre 2000 et 5000 litres d’eau par jour pour sa nourriture, cette quantité dépend largement de son type d`alimentation. En moyenne, par an et par personne, c`est environ 1200 m3 qui sont consacrés à la production d’aliments. Dans les régions du monde les plus pauvres qui arrivent à peine à produire de la viande, cette valeur est estimée par an à 600 m3. A l`opposé, dans les régions où la consommation de viande est le plus élevée (Etats-Unis, Europe), ce sont 1800 m3 par an et par personne qui sont nécessaires. Une comparaison directe souligne encore davantage l`impact de la consommation de viande. Dans une alimentation suffisante, composée de 80% d`aliments végétaux et 20% de produits animaux (dans les pays industrialisés, la quantité de produits animaux est actuellement entre 30 et 35%)9 la quantité d`eau utilisée est actuellement de 1300 m3 par an, alors qu`avec une alimentation végétarienne cette quantité diminue de près de moitié.10
En raison de la consommation croissante de produits animaux, il y a un besoin d`eau de plus en plus grand dans l`agriculture au niveau mondial. En Inde, dans de nombreuses régions, l`eau doit être pompée à une profondeur de plus de mille mètres. Il y a encore une génération, les paysans creusaient à la main pour atteindre des sources destinées à l`irrigation. Aujourd`hui, 95% des petites installations de pompage sont à sec.11 Il en va de même dans d`autres pays asiatiques.

De plus en plus de céréales et légumi-neuses sont destinées à nourrir les animaux de boucherie.
Gaspillage de nourriture

7 à 16 kg de graines de soja sont nécessaires pour produire 1 kg de viande. Voilà bien la manière la plus efficace de gaspiller la nourriture! Cette extension artificielle de la chaîne alimentaire due à la transformation de céréales en viande entraîne une perte de 90% des protéines, 99% des hydrates de carbone et 100% des fibres.
En plus, seule une petite part du corps de l’animal abattu est utilisée pour produire la viande consommée: 35% du poids d’un bovin adulte, 39% d’un veau (sans les os).12
En Suisse, 57% des cultures sont destinées à la nourriture des animaux (en 1990). Aux Etats-Unis, cette proportion s’élève à 80% (pour nourrir 8 milliards d’animaux dits de boucherie). 90% du soja est utilisé pour nourrir le bétail au niveau mondial.13 A peu près la moitié des céréales produites mondialement est destinée à nourrir les animaux pour la production de viande. Si les Américains consommaient 10% de viande en moins, la quantité de céréales économisée pourrait nourrir 1 milliard de personnes souffrant de la faim. Environ 1700000 tonnes de nourriture concentrée est distribuée au bétail en Suisse, des céréales pour la plupart. La Suisse peut se permettre un tel gaspillage, ce qui n’est pas le cas des pays en développement: la FAO rapporte qu’en 1981, 75% des céréales en provenance des pays en développement ont été utilisées comme aliments pour les animaux d’élevage. Mais les cultures indigènes sont également en compétition avec les cultures mondiales pour le bétail: En Egypte, durant les 25 dernières années, les cultures de maïs comme fourrage ont remplacé en partie les cultures de blé et de millet qui constituent de la nourriture de base pour humains! La part des cultures destinées à la nourriture animale est passée de 10% à 36%.14
Le même phénomène s’est produit dans les autres pays qui ont augmenté leur consommation de viande. Dans les années 1950 à Taïwan 170 kg de céréales par tête d’habitant étaient nécessaires pour nourrir la population. En 1990, la consommation de viande et d’œufs a été multipliée par six. En conséquence, le besoin en céréales est passé à 390 kg à cause de l’extension de la chaîne alimentaire. Taïwan ne peut satisfaire cette demande croissante qu’en important des céréales, malgré une hausse des récoltes indigènes. Alors qu’en 1950 Taïwan était exportateur de céréales, en 1990 il est importateur de 74% pour les besoins de nourriture du bétail.15
La même situation est constatée dans l’ex-URSS: la consommation de viande a triplé depuis 1950 et la demande de céréales pour les animaux a quadruplé. En 1990 le bétail en ex-URSS a consommé trois fois plus de céréales que les être humains. Les importations de céréales comme nourriture pour animaux sont passées de zéro en 1970 à 25 millions de tonnes en 1990. Les pays de l’ex-URSS sont devenus les deuxièmes importateurs mondiaux de céréales pour animaux.

Le purin: une cause de la mort des forêts

De nombreuses plaintes sont émises à propos de la puanteur émanant des matières fécales provenant des étables. Et pourtant les conséquences écologiques de ces matières sont encore bien plus graves.

Les dernières recherches scientifiques montrent clairement que les élevages massifs d’animaux pour la boucherie et la production de lait constituent une des principales causes de la mort des forêts. Le biologiste Dr. Hans Mohr16 affirme dans «Spektrum der Wissenschaft» de janvier 1994: «Après 10 ans de recherche sur les causes de la mort des forêts, il est apparu qu’un des facteurs responsables est la quantité excessive de nitrates, particulièrement d’ammonium17, dans l’atmosphère. Il est donc prioritaire d’en réduire la quantité dans les activités agricoles. […] Un problème crucial est le traitement des quantités croissantes d’excréments animaux et humains.»

Les émissions d`ammoniac resultant de l`agriculture sont dues pour 90% au purin et au fumier .18
De nos jours, les excréments humains sont traités pour la plupart dans des usines d’épuration. Par contre les déjections d’animaux sont toujours épandues sur les champs.
L’azote (N), disséminé sous forme d’ammoniac (NH3), responsable en grande partie de la mort des forêts, est causé pour 85% par les excréments du bétail.19
L’azote, qui est le principal nutriment pour les prairies, les forêts et la vie aquatique, peut mener à une sur-fertilisation s’il est présent en excès. Ce phénomène a hélas été constaté trop tard. En effet, les forêts ont d’abord poussé plus rapidement avec le surplus d’azote, puis ont commencé à dépérir lorsque le sol est devenu saturé.
En 1992, le comité de recherche du gouvernement allemand chargé d’étudier la préservation du climat est parvenu aux mêmes conclusions. Sur le sujet des émissions d’ammoniac, il a publié un rapport: «Les changements climatiques menacent le développement national»:
«Les émissions de NH3 sont dues pour 90% à l’agriculture et pour 80% au bétail, et ce tant pour l’Allemagne que pour les pays de l’Europe de l’ouest et même globalement. 528000 tonnes d’ammoniac sont émises chaque année en Allemagne, on en trouve dans les élevages, sur les champs et dans le stock de fertilisants organiques. […] Les quantités d’ammonium et d’azote rejetées pourraient être réduites en diminuant le nombre d’animaux de boucherie, en changeant le mode d’alimentation, et en diminuant l’épandage de purin. […] C’est non seulement souhaitable d’un point de vue écologique, mais également d’un point de vue économique.»20

Les poussières fines dues à la détention des animaux
L’ammoniac contenu dans les excréments animaux n’a pas seulement des conséquences néfastes sur les pluies acides. L’ammoniac génère aussi des émanations secondaires dans l’atmosphère sous forme de poussières fines (PM10) affectant la santé de l’humanité.
La direction de l’Office fédéral de l’Environnement, des Forêts et du Paysage (OFEFP) estime le taux de mortalité à 3700 personnes par an due à la quantité de poussières fines. En outre les coûts de la santé dus à ce problème s’élèveraient à 4,2 milliards de francs par an.21 Malgré cette lourde charge, il n’est jamais question dans le cadre de la lutte contre les poussières fines du rôle joué par la détention des animaux. Comme preuve qu’il est difficile pour les politiques d’aborder ce problème on peut citer la réaction de Monsieur Moritz Leuenberger, actuel président de la Fédération suisse, lors de sa conférence du presse du 2 février 2006 sur le thème des poussières fines. A la question posée sur le lien entre l’agriculture et les poussières fines, il s’est contenté de répondre: «Un sujet délicat.»

Pollution des eaux
Aux Etats-Unis la pollution due aux éxcrements provenant des fabriques d`animaux est 130 fois plus élevée que celle provoquée par les humains. 23
L’ammoniac n’a pas seulement des conséquences néfastes sur les forêts et l’air, mais aussi sur l’eau. La sur-fertilisation cause la prolifération excessive d’algues, qui à leur tour absorbent l’oxygène de l’eau. Les élevages intensifs d’animaux, qui sont indépendants du sol, produisent de telles quantités de purin que les eaux souterraines sont sérieusement menacées.22 Par exemple les lacs de Sempach et de Baldegg en Suisse sont oxygénés artificiellement par d’énormes pompes. Environ 50% de la pollution des eaux en Europe est due aux élevages intensifs d’animaux. Les nitrates issus de l’agriculture ont pénétré si profondément dans le sol que certaines marques d’eaux minérales ne répondent plus aux normes de qualité exigées pour l’eau potable.24 Aux Etats-Unis la part de la pollution des eaux due à l’agriculture est plus importante que celle due à toutes les villes et industries réunies!25Excès d’acidification des sols
L’ammoniac et l’oxyde d’azote sont en grande partie responsables de la sur-acidification des sols. Ce phénomène a pris une telle ampleur qu’aux Pays-Bas, en 1989 déjà, les autorités se sont préoccupées du problème. Voici les résultats de l’Institut néerlandais pour la santé et la protection de l’environnement:26
«Les nitrates qui proviennent du purin diffusent de l’ammoniac dans l’ai et empoisonnent l’environnement. Ils causent les pluies acides et autres dépôts contenant des acides. En Hollande, la plupart des précipitations émanent des gaz d’ammonium provenant des élevages de bovins: elles causent plus de dommages au pays que les automobiles et les industries».

Depuis 1970, plus de 20 millions d`hectares de forêts tropicales ont été détruits pour faire place aux pâturages pour l`élevage de bovins.
Worldwatch Institute

Les pâturages pour le bétail occupent déjà un tièrs du térritoire de la planète. 29
Worldwatch Institute

Effet de serre
Jusqu’à présent ce sont principalement le trafic automobile et l’ industrie qui ont été rendus responsables de l’effet de serre. L’influence d’une agriculture basée sur les élevages intensifs d’animaux a été négligée. Ernst U. von Weizsäcker, chef de l’Institut Wuppertal pour le climat, commente: «L’impact de l’élevage de bovins sur l’effet de serre est le même que celui du trafic automobile si l’on considère les effets de la déforestation pour la transformation en pâturages pour les bovins d’élevage. […] La transformation de savanes en déserts, l’érosion des montagnes, les besoins gigantesques en eau pour les élevages de bovins, ainsi que l’énorme quantité d’énergie nécessaire à l’engraissement des animaux sont les conséquences désastreuses de notre appétit pour la viande!»27
L’effet de serre est causé entre autres par trois gaz: le méthane, le dioxyde de carbone et l’oxyde d’azote. Tous les trois proviennent des méthodes d’élevage de masse du bétail. 12% des émissions de méthane sont dues au 1,3 milliard de bovins vivant en permanence dans le monde.
L’élevage du bétail produit 115 millions de tonnes (115000000000 kg) de gaz de méthane annuellement. L’effet est d’autant plus désastreux que l’on sait qu’une molécule de méthane contribue 25 fois plus à l’effet de serre qu’une molécule de dioxyde de carbone.28



Les quantités de lait exigées des vaches laitières impliquent la nécessité de leur donner des médicaments contre les inflammations des pis. Les résidus de ces médicaments se répandent ensuite dans l’environnement.

Antibiotiques et hormones
Outre les conséquences écologiques de la production de viande déjà mentionnées ci-dessus, un autre aspect est encore négligé. Aujourd’hui, par une méthode d’élevage, des conditions de détention artificielles et un système de nourrissage inadaptés à leur espèce, les animaux dits de rente sont de plus en plus malades. Aujourd’hui, dans beaucoup de pays, donner des antibiotiques à titre préventif chez des animaux sains est interdit. Cette interdiction a été rendue nécessaire, car administrer des antibiotiques, en plus de certaines hormones, comme partie d’une pratique fréquente pour l’engraissement, ont fait l’objet d’un mauvais usage. Mais donner des antibiotiques aux animaux malades reste autorisé comme précédemment. La promiscuité actuelle dans les élevages des animaux de rente a mené à généraliser les traitements aux antibiotiques. Bien qu’en Suisse les traitements à titre préventif d’antibiotiques aux animaux sains soient interdits depuis 1999, une étude effectuée en 2004 a mis en évidence que 90% des veaux suisses étaient traités aux antibiotiques.30 Chez les vaches laitières, administrer des antibiotiques est aussi très fréquent, en raison de la sollicitation importante des pis des vaches laitières produisant de grandes quantités de lait et l’extrême fragilité de leurs mamelles, et par conséquent de fréquentes infections (Mastites).31 C’est pourquoi, dans les produits animaux destinés à l’alimentation humaine, il y a eu des retards importants à la limitation des quantités d’antibiotiques. En avril 2005, une étude a été publiée par le Ministère allemand pour la protection des consommateurs32, signalant pour la première fois la présence d’antibiotiques également dans les plantes alimentaires (céréales). Par les excréments des animaux traités aux antibiotiques, ces produits médicamenteux se sont ainsi disséminés dans l’écosystème. Bien que les valeurs mesurées soient en dessous du seuil de tolérance pour l’alimentation humaine, la permanence de telles petites quantités d’antibiotiques a entraîné une résistance à certaines bactéries, avec comme effet que les antibiotiques incriminés ont peu à peu perdu de leur utilité première. C’est aussi pourquoi des médicaments toujours plus forts ont été développés, qui à leur tour, se répandent dans l’environnement et menacent toujours plus sérieusement l’équilibre de l’écosystème. Tous les médicaments et hormones (par exemple, aux USA où ils sont largement utilisés afin d’augmenter le rendement de la production de lait et de viande), administrés aux animaux, atterrissent tôt ou tard dans la viande, le lait et les œufs; ensuite, les matières fécales se répandent à leur tour dans l’environnement et aggravent encore la détérioration écologique. Les conséquences à long terme de ces pratiques ne sont pas encore évidentes et demeurent peu visibles.

Même la viande des animaux marins ne présente aucune sécurité pour la consommation des humains.
Les poissons comme échappatoire?
Le temps des petits bateaux de pêche sont depuis longtemps révolus. Aujourd’hui, la pêche se fait au moyen de filets longs de plusieurs kilomètres. Etant donné la mise en péril de l’existence des poissons due aux excès de la pêche, on a vu naître au cours des dernières années des fermes d’élevage. Et avec cela, les mêmes problèmes écologiques sont apparus tels décrits plus haut avec d’autres sortes d’animaux. On peut citer l’exemple suivant: Un saumon d’élevage d’environ 4 kg ingurgite près de 400 gr d’antibiotiques jusqu’à son abattage. Dans le même temps, il lui est inoculé des médicaments contre les maladies, résultant de l’exiguïté des réservoirs et de la promiscuité régnant dans ces fermes. Le danger de contaminer les autres poissons était inévitable. Comme les antibiotiques ainsi que les autres médicaments et produits chimiques sont directement administrés dans l’eau des fermes, ces produits pénètrent rapidement dans l’écosystème. Les saumons sauvages se reproduisent normalement plusieurs kilomètres en amont de leur lieu de vie habituel. La détention de saumons dans les fermes d’élevage est si éloignée de leur vie naturelle que leur chair a perdu sa couleur rose (comme les consommateurs étaient habitués de la voir). Pour y remédier, les éleveurs ont cru bon de leur administrer en supplément des colorants artificiels. Pire encore, les maladies touchant les poissons d’élevage se sont aussi transmises à leurs congénères en liberté et ont contribué à menacer l’existence même des poissons sauvages.
La nourriture pour les poissons d’élevage provient elle-même, à nouveau, de la mer. Pour obtenir un kilo de poisson d’élevage, deux kilos de poissons de mer sont nécessaires comme nourriture.33 Des quantités similaires sont aussi utilisées pour ce que l’on nomme «fruits de mer» comme les crabes, les crevettes etc. A côté de ce gaspillage, l’existence des poissons de mer est encore plus menacée par la capture de poissons servant à la préparation de farines qui atterrissent, dans une proportion de deux tiers, dans les mangeoires des animaux de boucherie terrestres.34 En Europe, au cours des dernières années, toujours plus de crevettes de différents types et de crustacés sont consommés. Cette pratique a conduit nombre d’exploitations à s’installer en bord de mer, où se trouvaient auparavant d’importantes forêts de mangroves. Les forêts de mangroves ont une fonction écologique de la plus haute importante: Elles amortissent les razdemarée et atténuent leur violence. Le tsunami de 2004 en Asie a causé d’énormes ravages, car auparavant les forêts protectrices de mangroves avaient été détruites pour faire place aux fermes d’élevage. Un exemple: A l’origine, il y avait aux Philippines plus de 500000 hectares de forêts de mangroves. Maintenant, il n’y en a plus que 36000 hectares. Le reste (environ 93%) a été converti en exploitations de crabes alimentant le commerce mondial.35 En plus des excès de la pêche en mer, les techniques de pêche sont devenues de plus en plus dures. Afin de pouvoir attraper les derniers poissons, une nouvelle technique de pêche par charge explosive a été utilisée, endommageant les récifs de corail tout comme le font les énormes filets dérivants déployés en mer. Outre les nombreuses autres répercussions écologiques, la détérioration des récifs de corail empêche ceux-ci d’atténuer les effets des vagues géantes.36

L’économie
Comment est-il possible que la consommation de viande augmente encore au niveau mondial, en dépit des conséquences dramatiques d’une alimentation basée sur les pro-duits animaux?37 Hormis quelques raisons d’ordre psychologique et social largement dues aux effets de la publicité (par exemple: la viande donne la force etc.), il est un aspect qu’il ne faut pas sous-estimer: l’argent. A première vue, cela paraît être un non sens que dans des conditions normales, un secteur de l’économie qui provoque la destruction d’aliments et de ressources ne se soit pas déjà effondré. Les coûts de l’industrie mondiale de la viande ne sont plus depuis longtemps plus en rapport avec ses bénéfices.

Des coûts reportés sur les contribuables
Une des raisons pour lesquelles l’industrie de la viande se maintient est que si les revenus de ce commerce sont profitables à certains particuliers, les coûts en sont par contre reportés sur le public (donc sur les contribuables). Ce phénomène est bien connu pour d’autres branches de l’économie, par exemple l’industrie de l’automobile. Il n’y a pas de transparence dans les coûts dans l’agriculture, qui ne sont pas répercutés sur les prix. Selon les estimations faites par le réputé Institut Worldwatch de Washington, le prix de la viande devrait être doublé ou triplé si on prenait en considération les coûts incluant l’utilisation de l’énergie fossile, de l’eau de source, la pollution chimique du sol et l’émission de gaz comme l’ammoniac et le méthane.38 Ceci sans prendre en compte les dépenses découlant des maladies causées par la consommation de produits animaux.

Une folie subventionnée
Bien que la plus grande partie des coûts de production de la viande soit imputée au public (=les contribuables), il n’y a toujours pas assez d’argent pour rendre la production de viande rentable économiquement. Alors des interventions supplémentaires (subventions) sont accordées afin que la production de viande soit attractive. L’industrie de la viande n’est pas seulement soutenue au niveau national, mais également international: Depuis 1963 jusqu’à 1985, la Banque Mondiale a injecté 1,5 milliards de dollars dans l’industrie de la viande en Amérique latine, en grande partie pour financer les énormes élevages de bovins.39
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Messagede stargate le Sam Juin 24, 2006 02:17

une autre bonne raison d'arrêter l'élevage intensive

Pas assez d’eau pour la production de viande ?

Les guerres du futur n’auront plus pour objectif le pétrole mais l’eau. Par utilisation d’eau on pense d’abord à l’eau potable. En fait, un ménage moyen n’utilise pour sa boisson que de 2 à 5 litres d’eau potable par jour alors qu’il en emploie entre 100 et 500 litres à d’autres fins (douche, lessive, etc.). En outre, de 2000 à 5000 litres d’eau sont nécessaires pour la satisfaction des besoins alimentaires d’une famille moyenne. Quel rôle la consommation de viande y joue-t-elle?

Aliments besoin en eau
en m3/kg
Viande de bœuf
(production de fourrage comprise) > 15
Moutons 10
Volailles 6
Céréales 0,4–3
Huile de palme 2
Fruits/agrumes (citrons, etc.) 1

Dans la lutte contre la faim dans le monde, il n’est souvent question que des besoins alimentaires, alors que l’aspect relatif à l’eau, indispensable pour la production de ces aliments, est négligé. Une conférence sur l’eau s’est récemment tenue à Stockholm[1], dont l’objectif était consacré exclusivement à l’utilisation de l’eau par les humains. Des résultats intéressants mais aussi inquiétants y ont été révélés:

Si une famille absorbe quotidiennement entre 2000 et 5000 litres pour sa nourriture, cette quantité dépend largement de son type d’alimentation. En moyenne, par an et par personne, c’est environ 1200m3 qui sont consacrés aux besoins alimentaires. Dans les régions du monde les plus pauvres qui peinent à produire de la viande, cette valeur est estimée à 600m3. A l’opposé, dans les régions qui consomment le plus de viande (Etats-Unis, Europe), ce chiffre passe à 1800m3. Une comparaison directe met encore plus clairement en relief l’influence de la consommation de viande.
Avec une alimentation suffisante, composée de 80% d’aliments végétaux et 20% de produits animaux (dans les pays industrialisés, la quantité de produits animaux s’élève aujourd’hui à 30-35%)[2], la quantité d’eau utilisée est actuellement, annuellement, de 1300m3, alors qu’avec une alimentation végétarienne ce chiffre se réduit de près de moitié.[1,3]

L`eau courante est sans aucun doute un problème mondial pour l`avenir. La distance aux puits les plus proches s`allonge constamment.

Qu’en est-il pour la Suisse?

En raison de sa situation géographique, au milieu des Alpes, une pénurie d’eau éventuelle ne semble pas constituer une grande menace. Ce serait cependant une erreur d’ignorer ce problème. En effet, en important des aliments, y compris du fourrage pour les animaux, c’est aussi de l’eau virtuelle qui est importée, du fait que la production de ces aliments implique une utilisation d’eau dont la Suisse fait alors l’économie. Malheureusement, la pénurie d’eau frappe en premier lieu les populations les plus pauvres. En raison des besoins énormes d’eau dans le secteur agricole, le pompage est de plus en plus nécessaire et absorbe toujours davanta

ge les réserves des nappes phréatiques. Les paysans les plus pauvres ne peuvent accomplir leurs tâches que par pompage manuel ou autres moyens relativement peu efficaces. Lorsque le niveau des nappes phréatiques est sérieusement abaissé, ce sont en premier lieu dans les nombreux petits puits où un pompage en profondeur ne peut être pratiqué que le problème se manifeste avec le plus d’acuité. En Inde, dans beaucoup de régions, l’eau doit être pompée à une profondeur de plus de mille mètres. Il y a encore une génération, les paysans creusaient à la main pour atteindre des sources destinées à l’irrigation. Aujourd’hui, 95% des petites installations de pompage sont à sec.[4] Il en va de même dans d’autres pays asiatiques. Il est remarquable que, malgré ces chiffres impressionnants qui mettent clairement en évidence la production de viande comme le plus grand utilisateur d’eau, l’alimentation végétarienne n’a pas été traitée

dans les études sur le sujet de l’eau. Cela fait supposer qu’il n’est pas venu à l’esprit des scientifiques qu’il existait une alternative à cette situation! Une fois de plus, il faut conclure que, quand il s’agit de la consommation de viande, une neutralité scientifique n’est nullement garantie et que les résultats des études menées dépendent si les scientifiques impliqués sont des mangeurs de viande ou des végétariens.

Renato Pichler

http://vegetarismus.ch/heft/f2005-1/eau.htm
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Messagede Heydrickx le Sam Juin 24, 2006 02:21

stargate

Je ne suis pas contre le végétarisme. Et je suis sûr que si tout le monde l'était, ça arrangerait certains (beaucoup) de problèmes soulevés ici.

Mais d'un autre côté, on ne peut pas demander aux gens de devenir végétariens...
L'homme est omnivore. Il mange de la viande. La nature l'a ainsi fait.
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Messagede stargate le Sam Juin 24, 2006 02:33

peut-être, mais dans ce cas il faut penser aux conséquences de la surconsommation de viande point de vue écologique et environnemental... et au moins réduir cette consommation de viande afin de supprimer l'élevage intensif ou les conditions des animaux sont pitoyable, sans parler de leur transport
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Messagede Heydrickx le Sam Juin 24, 2006 02:33

Là on se rejoint :)
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Messagede mika le Sam Juin 24, 2006 18:35

Merci à tous pour vos réactions.
Merci Stargate pour les informations; Je vais me laisser le temps de les assimiler avant de réagir ( peut-être plus tard via un autre sujet ).
Je n'ai pas assez de temps pour régir à chaque message et puis vu que nous sommes, heureusement, en effet tous d'accord, je me limiterais ici à une simple précision relativemment d'ailleurs au message de Flora qui, par ailleurs, fait echo à une discussion que nous avions eu tout deux avec Titsta au sujet de la différence entre l'homme et l'animal.
D'emblée je précise que je ne suis pas du tout assuré des hypothèses que j'avance là : Je pense, en effet, qu'il est préférable de traiter l'homme comme un sujet et non comme un objet. Les sciences de l'homme vont de plus en plus vers cette objectivation. Et leurs descriptions scientifiques, ou plutôt, pseudo-scientifiques, font de plus en plus autorité dans le monde de la recherche. Or, je pense, que ce n'est pas completement sans danger car les préscriptions des prescripteurs ( en médecine, en psychologie, en politique, en pédagogie, en enseignement, dans les médias, etc... ) s'inspirent, malgrés tout, des descriptions qui font autorité. Ces descriptions déteignent. Ainsi, avons-nous une représentation de plus en plus réductionniste de l'homme et, dans le même temps, un certain apauvrissement de chacun quand à sa manière de répondre à la question "Comment vivre?". Appauvrissement au sens que nous interprétons hativemment ces descriptions pour finalemment ne plus penser avant tout qu'à éviter le déplaisir, et la douleur de notre corps, sans délais, sans efforts, au lieu même de penser à un bonheur à conquérir en se positionnant à chaque instant en adulte responsable avec la richesse de notre humanité et de sa culture, et face aux problèmes de ce monde... Mais, comme je l'ai déjà dit, je ne suis pas certain de la pertinence de ce que je viens de dire. Ce doit suremment être infiniement plus complexe...
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Messagede flora le Dim Juin 25, 2006 12:45

Les sciences de l'homme vont de plus en plus vers cette objectivation. Et leurs descriptions scientifiques, ou plutôt, pseudo-scientifiques, font de plus en plus autorité dans le monde de la recherche. Or, je pense, que ce n'est pas completement sans danger car les préscriptions des prescripteurs ( en médecine, en psychologie, en politique, en pédagogie, en enseignement, dans les médias, etc... ) s'inspirent, malgrés tout, des descriptions qui font autorité. Ces descriptions déteignent. Ainsi, avons-nous une représentation de plus en plus réductionniste de l'homme et, dans le même temps, un certain apauvrissement de chacun quand à sa manière de répondre à la question "Comment vivre?".


Oui, tout à fait d'accord, juste un peu étonnée que tu n'aies pas cité l'économie, la championne toute catégorie en matière de réductionnisme et d'influence sociétale. :lol:



Appauvrissement au sens que nous interprétons hativemment ces descriptions pour finalemment ne plus penser avant tout qu'à éviter le déplaisir, et la douleur de notre corps, sans délais, sans efforts, au lieu même de penser à un bonheur à conquérir en se positionnant à chaque instant en adulte responsable avec la richesse de notre humanité et de sa culture, et face aux problèmes de ce monde... Mais, comme je l'ai déjà dit, je ne suis pas certain de la pertinence de ce que je viens de dire. Ce doit suremment être infiniement plus complexe...


Personne ne peut être sûr de détenir la Vérité, ceux qui le sont, sont aussi souvent ceux qui en sont le plus éloignés, je pense.
Lorsque je pense "appauvrissement", je vois une recherche extérieure à soi de consommation rapide et facile plutôt de qu'un long chemin avec soi et les proches pour être bien dans sa vie.
(c'est tout le jeu entre l'être et l'avoir, çà me passionne çà aussi :love: )
Mais je n'avais pas vraiment pensé au fait d'éviter les sensations de déplaisir et de douleur corporels. C'la permet de faire le lien avec ce besoin d'hypersécurité, comme si on pouvait se protéger de vivre. Je vais y réfléchir, merci...
flora
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Messagede stargate le Jeu Juin 29, 2006 11:49

Elevages

Une catastrophe écologique Catastrophe ! Le monde mange de plus en plus de viande. L'élevage industriel émet des fleuves de polluants, fait disparaître des millions d'hectares de biodiversité, abrite des virus mortels et, surtout, accélère dangereusement la fièvre terrestre.


Frédéric Lewino Pour sauver la planète, mangeons moins de viande ! L'élevage industriel qui se développe, surtout en Asie, entraîne un coût écologique de plus en plus insupportable. Ce qui amène plusieurs institutions, dont la Fao, à pousser un cri d'alarme.

On oublie que, pour fabriquer un poulet, un boeuf ou un mouton, il faut dépenser beaucoup d'énergie en chauffage, nourriture, transport, découpe de la viande, chaîne du froid... D'où un rejet important de gaz à effet de serre. Auxquels il faut ajouter le méthane émis par les ruminants. Pour le compte de l'Ademe, l'expert Jean-Marc Jancovici a chiffré la part du régime carnivore dans la fièvre terrestre. Stupéfiant ! Le kilo de viande de veau équivaut à un trajet automobile de 220 kilomètres ! L'agneau de lait : 180 kilomètres ! Le boeuf : 70 kilomètres ! Le porc : 30 kilomètres ! Et encore Jancovici n'a-t-il pas comptabilisé les apports carbonés de l'emballage, du déplacement du consommateur et de la cuisson. A titre de comparaison, la production de 1 kilo de blé ou de pommes de terre équivaut tout juste à un créneau en voiture.

Pour ne rien arranger, le cheptel mondial augmente au moins aussi vite que le parc automobile. Selon le plus récent décompte de la FAO, la planète abrite désormais 17 milliards de poulets, 1,8 milliard de moutons et de chèvres, 1,4 milliard de bovins, 1 milliard de cochons et 1 milliard de canards. Auxquels il faut ajouter les nombreuses autres espèces consommées : dindes, chameaux, poissons, chiens... Le monde devient, en effet, de plus en plus carnivore. Depuis les années 50, la consommation mon-diale de viande a quintuplé. Et même si elle stagne en Occident depuis une vingtaine d'années, elle s'envole dorénavant dans tous les pays émergents. Les Chinois et les Indiens ne se contentent plus de leur bol de riz ou de lentilles. Entre 1991 et 2002, les Chinois ont quadruplé leur régime carné et les Indiens l'ont doublé. Selon la Fao, en 2030, le tiers-monde consommera près des deux tiers de la viande mondiale. Il ne fait que suivre notre exemple avec un siècle de retard.

Mais les méfaits écologiques des élevages intensifs ne s'arrêtent pas à la fièvre planétaire. Le mal est plus profond. A commencer par l'artificialisation de la nature. Voilà longtemps que les animaux ne sont plus nourris avec de l'herbe ou des déchets. L'élevage industriel réclame des quantités astronomiques d'aliments qui monopolisent 29 % de la surface terrestre sous forme de pâturage et de cultures fourragères. Ainsi, le soja est cultivé à 90 % pour assurer l'alimentation animale. En quelques années, rien qu'au Brésil, en Argentine, au Paraguay et en Bolivie, cette culture s'est emparée de 40 millions d'hectares, surtout pour alimenter les bovins européens et chinois. Or les écologistes accusent cette extension de se faire le plus souvent au détriment de milieux naturels de grand intérêt, comme la savane arborée brésilienne, le Chaco argentin, la forêt chiquitana bolivienne. Depuis quelques années, c'est même la forêt amazonienne qui recule devant de nouvelles variétés de soja appréciant le climat tropical. En mangeant donc de la viande bien française, nous participons indirectement à la perte de la biodiversité amazonienne. Si encore cette nouvelle industrie enrichissait les petits paysans. Même pas. « Le boom du soja remplace les agriculteurs par des investisseurs financiers. Ils engrangent des bénéfices allant jusqu'à 50 % par an. Demain, ils s'en iront vers d'autres produits plus rentables, laissant derrière eux une catastrophe écologique et sociale », dénonce, dans La Revue durable, Marc Hufty, enseignant-chercheur à l'Institut universitaire d'études du développement (IUED) de Genève. Par ailleurs, fabriquer de la viande avec du soja est un gâchis protéique, puisqu'il faut 18 kilos de protéines végétales pour fabriquer 1 kilo de boeuf ! La planète serait donc bien mieux nourrie avec un régime végétarien.

C'est aussi l'élevage qui explique le succès du maïs, ce boit-sans-soif qui vide les nappes phréatiques et rend exsangues les rivières, ce consommateur d'engrais et de pesticides qui pollue l'air, le sol et l'eau. La Bretagne, qui élève un cheptel faramineux de porcs et de volailles, en sait quelque chose. « Il faudrait produire moins de viande, mieux entretenir le territoire et gérer les cycles biologiques », dit Christian Mouchet, professeur d'économie rurale à l'Agrocampus de Rennes. Importation de soja, excédents de céréales. « Le résultat est une agriculture non durable qui puise dans les ressources naturelles de façon quasi minière, économiquement inefficace et créatrice de déséquilibres territoriaux », ajoute-t-il. Quelques éleveurs tentent de faire marche arrière.

C'est pourtant cette voie bretonne peu recommandable qu'empruntent les pays émergents asiatiques. Le rivage de la mer de Chine se couvre d'élevages industriels de porcs et de volailles. Mais il y a pire que cette pollution. Depuis quelques années, la Fao s'inquiète de la cohabitation des grands centres urbains avec ces élevages géants. Le mélange est détonant. Hier, en Europe, la maladie de la vache folle a fait craindre le pire. Aujourd'hui, c'est la grippe aviaire. Lorsqu'il mutera défavorablement, le H5N1 provoquera des millions de morts dans la population humaine. Lui ou un autre. Les virus et microbes pathogènes abrités par les animaux d'élevage sont légion. « En cultivant en grande quantité des protéines (poulets, moutons...) identiques, on crée une sorte de réacteur biologique. Si un virus est adapté à un des animaux, il sera aussi adapté à tous les autres. Et l'élevage sera décimé », explique François Renaud, directeur du laboratoire Génétique et évolution des maladies infectieuses (CNRS-IRD). Louise O. Fresco, sous-directrice générale de la FAO, complète : « La nature transfrontière de ces maladies et leur capacité potentielle à franchir les barrières des espèces et à toucher l'homme constituent des enjeux sérieux. » Et de se rassurer : « La science peut faciliter un développement de l'élevage durable, équitable et sans danger, en innovant dans une vaste palette de secteurs. » Certes, la science peut tout, mais l'homme reste un fou. Comptons sur lui pour ne pas renoncer facilement à son bifteck ou à son poulet aux champignons noirs. La santé de son estomac lui importe davantage que celle de la planète. A moins d'une épidémie faisant des millions de morts...

http://www.lepoint.fr/sciences/document.html?did=180246
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