Le nouveau maître du jeu ...

ici on parle des faits d'actualité

Messagede Jameslol le Lun Juil 17, 2006 15:05

Force est de constater que depuis que les allier ont autorisés les juifs à faire d'une partie de la Palestine une nation Israélienne (1948), ils n'arrêtent pas de se taper sur la figure...
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En Ecosse, un homme a été arrêté pour attentat à la pudeur... parce qu'il s'épongeait le front avec son kilt.[Coluche]
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Messagede boo le Lun Juil 17, 2006 18:06

Jameslol a écrit:Tout va bien des deux côtés, les gens meurent (même les bébés) et je vous renvoie à vos journaux parlés pour plus d'informations ! Le topique vous laissant indifférent.



Salut


point d'indifference de ma part james , loin de la...ça me rend malade moi ...j'ai un melange de revolte, de honte, de tristesse...de beaucoup de sentiments qui malheureusement ne serviront pas a grand chose..il se passe des choses tellement grave en ce moment partout dans le monde , et les gens s'en tapent...

mais j'ai beau me revolter contre tous ( me revolter contre les connards de journalistes qui font passer des evenements de tels ampleurs après le quotidien des français au bord des plages et au fait qu'ils ont trop chaud....faits si interessants et capitaux pour la paix mondiale) je ne m'en sens pas moins impuissante...impuissante face à des inconscients et des meurtriers sanguinaires, impuissante face a la misere de tous ces ptits momes qui n'ont rien demander a personne et qui "eux non plus n'ont pas la chance de partir en vacances " (cf journaux français :((( ) je suis impuissante et degoutée et je ne sais pas quoi dire d'autres James , je ne sais ce que j'y peux, je ne sais meme plus parfois l'interet qu'il y a à se battre contre des forces beaucoup plus puissantes que ma colère....
je prefere vivre pauvre avec mon ame que vivre riche avec la leur......
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Messagede ombre de sang le Lun Juil 17, 2006 18:36

Pas d'indifférence mais que veut tu que l'on dise? :roll:
Tout le monde savais que ca terminerais comme ca un jour et tout le monde sait que ca va s'amplifier encore et encore mais personne ne sait comment arreter le truc depuis des decennies.

me revolter contre les connards de journalistes qui font passer des evenements de tels ampleurs après le quotidien des français au bord des plages et au fait qu'ils ont trop chaud....faits si interessants et capitaux pour la paix mondiale)

Ha bon? ils ont osés?
Alors là je présente toute mes félicitations à eux, j'aurais pas osé faire la meme. :D
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Messagede Jameslol le Mar Juil 18, 2006 21:14

Vous avez raison tout les deux boo et ombre de sang, que pouvons nous faire nous à notre niveau de citoyens...Bien je crois bien que rien. Mais le G8 et sont gaffeur de Bush, eux peuvent mais laissent faire parce que ...Quoi ?


Je me paye un dernier gros pavé du journal Le Temps




Beyrouth ou la peur que tout s'effondre








• Le Liban redécouvre avec effroi le visage de la guerre. Le bilan humain s'alourdit chaque jour.
• Pour le gouvernement libanais, impuissant face au Hezbollah, la priorité est l'unité nationale.
• Ehoud Olmert, de son côté, a autorisé Tsahal à amplifier ses opérations au Liban et à Gaza.


Richard Werly, de notre envoyé spécial à Beyrouth
Mardi 18 juillet 2006

• Les frappes israéliennes contre le pays du Cèdre ne sont pas toutes ciblées. Au Sud-Liban, plusieurs bavures sont déjà à mettre à l'actif de l'Etat hébreu. Le bilan humain s'alourdit chaque jour: près de 200 morts depuis le début de l'opération israélienne mercredi dernier. Reportage aux côtés des équipes de la Croix-Rouge libanaise.

• Le ministre libanais de la Culture, Tarek Mitri, face au nombre croissant des festivals et des événements annulés à cause de la guerre, estime que l'urgence est de parvenir à une trêve. Son gouvernement, même affaibli, doit rester, selon lui, l'interlocuteur naturel de la communauté internationale.



Les combinaisons orange et bleues de ses coéquipiers sont au repos, posées sales sur un brancard. Au centre national des opérations de secours de la Croix-Rouge libanaise, sur les hauteurs de Baabda, à Beyrouth, Roudy reçoit en tee-shirt avec trois talkies-walkies à la ceinture. Pour cet ingénieur agronome originaire de Jezzine, au Sud-Liban, la facture civile de la guerre aérienne conduite par Israël est déjà «très lourde»: près de 200 morts et de 500 blessés; 84 sorties d'ambulance pour la seule journée de lundi dans la capitale.

«Membres déchiquetés, brûlures, cadavres coincés dans la carcasse de leur maison ou de leur voiture..., ce que nous voyons ne ressemble pas à des frappes ciblées», témoigne le responsable du centre de Baabda. Deux mille volontaires comme lui sont au front humanitaire vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans toutes les parties du pays. Ils répondent aux appels au secours lancés sur le numéro d'urgence 140, et par radio. Leurs témoignages sont accusateurs.

Le Liban n'est pas encore aux abois. Mais le bilan des frappes israéliennes est déjà lourd. A Saïda, un appel d'urgence a été lancé pour faire face à une pénurie de sang. Au niveau financier, le président de la Croix-Rouge libanaise, Cheikh Sami Dahdah, s'apprête à réclamer un million de dollars d'aide d'urgence. «Les offres d'aide matérielle ne sont pas adéquates, explique-t-il. La destruction systématique des infrastructures, notamment les ponts, empêche de les acheminer.»

Le pilonnage de l'aviation israélienne s'accompagne d'un dramatique blocage. Un convoi de plusieurs camions du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est attendu ce mardi à Beyrouth. Il est rempli de médicaments, de nourriture et de kits domestiques (couvertures, réchauds...) pour les déplacés. Sa progression est ralentie par les conditions de sécurité.

Les nouvelles en provenance des zones les plus touchées alimentent l'angoisse de la population. Les bavures israéliennes y sont pour beaucoup. Dimanche, une famille de huit Libano-Canadiens a péri dans sa maison de vacances du Sud-Liban prise pour cible par erreur. Douze autres civils ont été fauchés lundi par un missile à Rmeilé, au sud de Beyrouth. Les frappes contre des véhicules nourrissent la psychose. «Le vrai visage de cette guerre apparaît, poursuit Roudy, du centre d'opérations de la Croix-Rouge. Plus le bras de fer avec le Hezbollah va se durcir, plus la pluie d'obus va s'accroître.»

Le spectacle retransmis à la télévision de l'évacuation massive de près d'un millier d'Européens sur un ferry affrété par la France a aussi fait monter la tension. «Psychologiquement, chaque jour est plus dur», reconnaît un couple de Libano-Suisses qui a choisi de rester.

L'isolement gagne aussi. Le maire de la ville méridionale de Nabatié, Moustapha Badrédinne, a lancé à la télévision un appel poignant pour que le gouvernement désenclave les «300000 habitants encerclés chez eux». La question est évidemment celle des stocks. Le Ministère de l'intérieur a publié un communiqué affirmant que pour l'heure, ni l'essence, ni l'eau, ni la nourriture ne manquent au Liban, dont toute une partie de la population estivale a déguerpi après les premières bombes.

Sur le terrain toutefois, les déplacés comptent les jours: «Comme toutes les villes assiégées, nous serons bientôt à sec», a prévenu le maire de Nabatié. Les tracts israéliens intimant l'ordre de fuir aux habitants ajoutent le chaos à la peur et aux privations. «Dans les zones exposées, les malades qui suivent des traitements lourds, comme les diabétiques, sont en danger de mort», estime le président de la Croix-Rouge libanaise.

L'hôpital Rassool Azzam est, à Beyrouth, le baromètre du drame humanitaire. C'est dans cet établissement que les «scouts du message islamique», les brancardiers du Hezbollah, acheminent les blessés des quartiers sud de la capitale. Deux chirurgiens s'y partagent les amputations. Les sirènes des ambulances retentissent. Les linges souillés de sang s'empilent avant d'être incinérés. «On retrouve les réflexes des années de guerre civile», dit un infirmier.

Les chiffres fiables manquent après six jours de frappes aériennes, mais l'on sait que 13 écoles transformées en camps d'accueil, dans le sud, vont devoir être évacuées. L'épreuve pour le Liban ne fait que commencer. Mais la solidarité est heureusement au rendez-vous: en six jours de bombardement, plus de 400 nouveaux volontaires ont rejoint les équipes de secouristes de la Croix-Rouge.







«Sans cessez-le-feu, nous courons au désastre»
Pour le ministre libanais de la Culture, Tarek Mitri, le gouvernement, même affaibli, doit rester le partenaire incontournable.
Richard Werly
L'homme est abattu. Dans son vaste bureau beyrouthin décoré de tableaux modernes, le ministre de la Culture, Tarek Mitri, liste les annulations de festivals estivaux et les projets sabordés par la guerre entre Israël et le Hezbollah. Le coup est rude, il le sait, pour le gouvernement libanais, impuissant face au Hezbollah, qui dispose pourtant de ministres en son sein. Mais pour cet ancien responsable du dialogue avec l'islam au Conseil œcuménique des Eglises de Genève, la priorité doit aller à l'unité, pas aux règlements de comptes.

Le Temps: Que peut faire votre gouvernement pour arrêter ce conflit?

Tarek Mitri: Nous sommes l'interlocuteur naturel de la communauté internationale. Si on ne l'arrête pas, cette guerre contre le Liban va devenir une guerre contre les Libanais. Notre rôle, dans la mesure de nos moyens, doit être d'empêcher l'explosion des équilibres politiques internes encore si fragiles. L'application de la résolution 1559 de l'ONU, qui prévoit le désarmement du Hezbollah, a notre faveur. Mais nous ne croyons pas à son application par la force brute actuellement déployée par Israël. En aucun cas nous n'accepterons à l'intérieur de nos frontières une zone de sécurité aux mains des Israéliens. Il faut donc essayer de bricoler un arrangement.

- Bricoler: ce mot ne trahit-il pas votre impuissance?

- Ceux qui parlent de notre impuissance n'ont aucune idée de ce qu'est le Hezbollah. Il s'agit d'un parti structuré, représentatif d'une majorité de chiites, qui forment 35% de la population libanaise. Le risque était énorme, quand la Syrie a quitté le Liban, que notre communauté nationale se retrouve disloquée. La transition qui a suivi aurait pu nourrir les divisions. Mais non. L'attitude du gouvernement actuel vis-à-vis du Hezbollah doit se comprendre ainsi: notre tâche prioritaire était, et reste, de veiller à l'unité du Liban. On est acculé à raisonner ainsi.

- Le désarmement des miliciens chiites est pourtant a priori la seule façon de sortir de la crise...

- J'estime que l'intégration du Hezbollah dans le gouvernement était un pas dans cette direction. Aujourd'hui, la donne est évidemment différente. Israël cherche à asphyxier le mouvement chiite en le coupant de ses bases arrière et de ses soutiens étrangers, et à le briser sous les bombes. C'est la stratégie de la suffocation. Mais que va devenir le Liban si le Hezbollah, comme il le prétend, a des réserves d'obus suffisantes pour tenir tête à l'Etat hébreu? Notre pays peut-il supporter cent jours d'une telle guerre? Sans cessez-le-feu, on court au désastre.

- Quelle solution alors?

- Redonner aux Nations unies plus de poids dans la surveillance de la frontière en tandem avec nos forces gouvernementales. La force actuelle de l'ONU au Sud-Liban n'est même pas capable de protéger les civils en fuite. Un groupe d'une vingtaine de personnes a été tué dimanche après avoir demandé secours en vain aux militaires onusiens! Le gouvernement libanais est prêt à assumer son rôle légitime si la communauté internationale s'investit à ses côtés. Nous sommes au moins conscients d'une chose: nous avons besoin d'aide!






L'Iran, avec la complicité de la Syrie, affirme ses intentions de puissance régionale incontournable au Moyen-Orient, au grand dam des Etats-Unis embourbés en Irak
Le dessous des cartes de la crise libanaise.
Bernard Guetta
Si ce n'était qu'Israël et les Palestiniens, si ce n'était que l'éternel conflit entre ces deux peuples qui embrasait à nouveau le Proche-Orient, tout serait beaucoup plus simple. En terrain connu, les grandes puissances ne seraient pas aussi dépassées qu'elles le sont par cette crise. Mais c'est un nouveau Proche-Orient qui prend feu, où tout a partout changé depuis le renversement de Saddam.

En quelques mois, la mort d'Arafat, le retrait israélien de Gaza, l'effacement de Sharon, l'affirmation de l'Iran, le retrait syrien du Liban et la rivalité croissante entre sunnites et chiites se sont ajoutés au chaos irakien - et tout cela, sur fond de paralysie des Etats-Unis, l'ancien arbitre régional, désormais embourbé à Bagdad.

• L'étincelle d'un espoir de paix

L'incendie s'installe, mais par quel bout l'attaquer? Ses causes sont si complexes et concomitantes, ses foyers si multiples, ses enjeux si divers, que les grandes capitales en sont toujours à s'interroger sur l'engrenage qui l'a provoqué. Leurs analyses divergent mais la certitude est que c'est un espoir de paix qui a provoqué la première étincelle, un immense espoir qui inquiétait autant la Syrie que l'Iran, les deux premiers chorégraphes de cette danse au-dessus du volcan.

Fin juin, les deux principaux partis palestiniens, le Hamas et le Fatah, négocient les dernières virgules d'un accord qui aurait pu permettre un règlement définitif du conflit israélo-palestinien. Pour la première fois, le gouvernement islamiste issu des élections de janvier et le président laïc élu il y a dix-neuf mois convergent sur le principe de la coexistence de deux Etats le long des frontières de 1967.

Toute la Palestine s'engage, autrement dit, sur la voie d'une reconnaissance d'Israël et cela déclenche l'alerte rouge en Syrie.

• Intransigeance et raison d'Etat

Exilé à Damas, Khaled Mechaal, le chef politique du Hamas, ne veut pas que ce tournant se prenne car, contrairement aux ministres de son parti, il n'a pas été confronté aux responsabilités du pouvoir, à la nécessité de répondre aux besoins quotidiens de la population palestinienne et de trouver, donc, un compromis avec Israël. Il est resté muré dans son intransigeance et, parallèlement, la raison d'Etat mobilise les dirigeants syriens.

Ils ne se préoccupent pas, eux, de la Palestine, de la pureté de sa cause ou du futur tracé de ses frontières. Ils voient bien, en revanche, que cet accord entre le Hamas et le Fatah menace de leur faire perdre l'influence politique qu'ils avaient encore sur les islamistes palestiniens, autrement dit leur place d'interlocuteur obligé dans toute tentative de règlement de paix.

Si cet accord se concrétise, la Syrie risque, en un mot, de perdre le seul instrument de puissance qui lui restait depuis que les Nations unies l'ont forcée à se retirer du Liban, un an plus tôt, après l'assassinat de l'ancien premier ministre Rafic Hariri.

• La mèche des enlèvementsIntransigeance idéologique et raison d'Etat convergent et le 25 juin, deux jours avant que le Hamas et le Fatah ne signent leur accord, trois des groupes palestiniens les plus radicaux enlèvent un conscrit en territoire israélien.

Les services syriens ont-ils directement prêté la main à cette provocation? L'ont-ils suscitée ou seulement laissé faire?

Rien n'est prouvé, rien n'est prouvable mais, pour la Syrie, c'est un plein succès. Israël lance une offensive militaire contre Gaza pour laver l'affront et tenter de récupérer son soldat. Parce que son premier ministre, Ehoud Olmert, ne peut pas poursuivre la politique de repli inaugurée par Ariel Sharon sans faire preuve de la même fermeté que lui, Israël renvoie ses troupes dans cette bande de terre qu'il avait évacuée en septembre dernier.

• Mission réussie pour DamasPiège ou pas, à ce moment politique, Israël n'avait guère le choix et les dirigeants syriens font coup double. Non seulement ils ont réduit en poussière l'accord du Hamas et du Fatah, mais ils font bégayer les Israéliens qui retombent dans la guerre et l'occupation alors qu'ils avaient décidé de se sortir de l'une et de l'autre en se retirant des territoires occupés.

Dans la catégorie basse politique, c'est du grand art et, sur cette lancée, la Syrie fait jouer son autre levier régional, le Hezbollah, qui pénètre en territoire israélien depuis le Sud-Liban et y enlève, à son tour, deux soldats. On connaît la suite.

Jour après jour, les télévisions montrent les bombardements israéliens sur le Liban et les roquettes tombant sur Haïfa mais, là encore, Damas joue gros mais bien.

Après avoir montré qu'elle pesait toujours dans le dossier israélo-palestinien, la Syrie est en train de rappeler qu'elle reste incontournable au Liban grâce au Hezbollah. Cofondé, armé et financé par les services secrets de l'Iran et de la Syrie, le «Parti de Dieu» n'est en effet pas seulement une organisation militaire islamiste qui contrôle tout le sud du Liban depuis qu'Israël s'en était retiré. C'est aussi le seul vrai parti chiite du pays, représenté au parlement et siégeant au gouvernement, une force politique majeure sur l'échiquier libanais.

• L'unité du Liban à l'épreuvePlus Israël s'attaque à ses quartiers généraux, plus la popularité du Hezbollah se renforce, et pas seulement parmi les chiites. Plus les Israéliens bombardent les infrastructures du Liban pour contraindre le gouvernement de Beyrouth à désarmer cet Etat dans l'Etat, plus la classe politique et la population libanaises se divisent non seulement entre ceux qui voudraient céder aux Israéliens et ceux qui s'y refusent mais aussi entre chiites, sunnites et chrétiens.

C'est l'unité du Liban qui est à l'épreuve et les Syriens n'ont rien besoin de formuler pour que les Occidentaux entendent que, s'ils ne veulent pas que le Liban éclate et devienne un nouvel Irak, ils doivent prendre langue avec la Syrie et la laisser remettre la main sur un protectorat auquel elle n'a pas renoncé.

Prises entre ce chantage syrien et la détermination d'Israël à n'accepter aucun cessez-le-feu tant que le Liban n'aura pas désarmé une organisation dont l'armement est de plus en plus sophistiqué, les grandes puissances sont paralysées. Elles ne peuvent pas forcer la main à Israël, qui estime que sa sécurité est en jeu et qu'il est indirectement confronté aux Iraniens et aux Syriens. Elles ne peuvent pas, non plus, faire reculer la Syrie sans rien lui concéder car elle pense, elle, n'avoir rien à perdre et tout à gagner.

• Recomposition du Proche-OrientOn est déjà loin, très loin, d'Israël et des Palestiniens. On est en pleine recomposition du Proche-Orient et, pire encore pour les Occidentaux, la Syrie dispose, là, d'un allié de poids: l'Iran de Mahmoud Ahmadinejad.

C'est là qu'on revient droit à l'aventure irakienne car cette guerre et le chaos qui s'est ensuivi ont fait pousser des ailes à la République islamique. Obligeamment débarrassé, par George Bush, de Saddam Hussein et des talibans, ses deux ennemis régionaux, l'Iran est devenu la première puissance du Proche-Orient. Assuré qu'aucun de ses voisins ne peut plus l'attaquer, disposant de puissants relais parmi les chiites irakiens et certain que les Etats-Unis sont trop occupés à Bagdad pour s'en prendre à lui, l'Iran se sent assez fort pour s'être lancé dans la course à l'arme nucléaire.

Pour une large partie de ses dirigeants, il ne s'agit que d'instaurer un rapport de force avec l'Amérique, de pouvoir échanger, un jour, leur renoncement à la bombe contre une reconnaissance de leur régime et de son rôle régional, mais son président de la République, Mahmoud Ahmadinejad, élu il y a un an, a de bien plus grandes ambitions.

• La tactique de Téhéran pour ébranler les sunnitesCe n'est pas par lubie qu'il voue régulièrement Israël à la destruction et nie la réalité du génocide des juifs. Face aux capitales arabes qui ont accepté le fait israélien, il veut, lui, faire de l'Iran le champion de l'intransigeance, le héros du radicalisme islamique, et rallier ainsi l'ensemble des masses musulmanes, chiites et sunnites, derrière l'Iran chiite.

C'est une stratégie réfléchie et, de fait, chacune de ses sorties contre les «sionistes» augmente sa popularité dans la région et donne, petit à petit, corps à sa grande idée: s'appuyer sur le monde chiite - sur la majorité chiite irakienne à laquelle l'intervention américaine a donné les commandes, sur la minorité chiite au pouvoir en Syrie et sur le Hezbollah libanais - pour achever d'ébranler les régimes sunnites en s'affirmant en nouveau Saladin, contre Israël et les Occidentaux.

A Téhéran, la guerre fait rage entre deux clans du régime islamique mais les services secrets iraniens, contrôlés par Mahmoud Ahmadinejad, n'ont certainement pas vu d'un mauvais œil la provocation du Hezbollah. S'ils ne l'ont pas encouragée, ils ne peuvent que se réjouir de ses résultats qui, tout autant que la Syrie, servent les visées de leur président.

• L'impuissance mondialeLes régimes sunnites sont si inquiets que l'Arabie saoudite en oublie presque de dénoncer Israël pour s'en prendre publiquement à «l'irresponsabilité» du Hezbollah et à «ceux qui sont derrière lui». En quête d'un nouveau souffle, l'Europe réagit en ordre dispersé et, à quatre mois de leurs élections parlementaires, les Etats-Unis sont plus impuissants que jamais.

Damas et Téhéran mènent la danse - pour l'heure, en tout cas.






«Nous combattons un axe de la terreur menant de Téhéran à Damas»
Le premier ministre Ehoud Olmert s'est exprimé devant la Knesset.
Serge Dumont, Tel-Aviv
S'exprimant lundi à la tribune de la Knesset (parlement) durant plus de vingt minutes, Ehoud Olmert a clairement réitéré son intention de «détruire chaque infrastructure terroriste où qu'elle se trouve». Affirmant qu'Israël vit une «minute de vérité nationale», le premier ministre a affirmé qu'il «ne veut pas interférer dans les affaires internes du Liban et de l'Autorité palestinienne mais il va de l'intérêt régional et international de prendre le dessus sur les organisations terroristes qui y opèrent». «C'est ce que nous ferons», a-t-il ajouté.

Contrairement aux prévisions de quelques commentateurs qui avaient évoqué l'hypothèse d'une ouverture diplomatique, le premier ministre de l'Etat hébreu a confirmé la poursuite des opérations militaires dans les territoires palestiniens et au Liban «jusqu'à la libération de nos soldats et jusqu'à l'arrêt des tirs de roquettes». «Nous combattons un axe de la terreur menant de Téhéran à Damas, a-t-il poursuivi. Nos ennemis ont eu le tort de penser que notre capacité à montrer de la retenue est une preuve de faiblesse et ils se trompaient.»

Opérations amplifiées

Concrètement, ce discours prononcé sur un ton offensif et décidé signifie qu'Israël n'interrompra pas ses opérations militaires dans le courant des prochaines heures. Le contraire eût d'ailleurs étonné puisque des dizaines de Katiouchka tirées par le Hezbollah se sont encore abattues lundi sur les villes de Haïfa, de Safed et de Carmiel. Certaines d'entre elles ont déclenché des incendies alors que d'autres ont provoqué l'effondrement d'un HLM avec les habitants qui se trouvaient à l'intérieur (six blessés).

Peu avant le discours d'Ehoud Olmert, Tsahal (l'armée) a en tout cas reçu l'autorisation d'amplifier ses opérations sur tous les terrains où elle est engagée mais principalement au Liban. Plusieurs unités spéciales ont mis le pied sur le sol libanais et de nouvelles batteries de 155mm susceptibles d'envoyer des obus jusque dans la banlieue de Saïda ont été installées le long de la «ligne bleue» (la frontière). Dans la foulée, l'entourage du chef d'état-major israélien Dan Haloutz a également laissé entendre qu'Israël détruira les quatre centrales électriques libanaises si le Hezbollah poursuivait ses tirs de Katiouchka sur Haïfa, la troisième ville de l'Etat hébreu.

A en croire le chroniqueur militaire Alon Ben David, Ehoud Olmert, son ministre de la Défense, Amir Peretz, et Dan Haloutz «veulent en finir une fois pour toutes avec le Hezbollah». «Ils croient pouvoir disposer d'une fenêtre d'opportunité d'environ huit à quinze jours avant que la communauté internationale ne commence à s'agiter sérieusement», affirme-t-il. «Même si (le premier ministre français) Dominique de Villepin s'est rendu lundi à Beyrouth, ils sont encouragés par les prises de position du G8 et ils veulent «mettre le paquet» pour achever leur objectif stratégique avant de voir le monde se retourner contre eux.»

Quant à la libération des soldats israéliens enlevés, elle passe au deuxième plan. «Olmert et son entourage ne les oublient évidemment pas, mais ils veulent d'abord affaiblir le Hezbollah de manière radicale afin de permettre au gouvernement libanais de reprendre pied dans les zones qu'il n'a jamais contrôlées jusqu'à présent», poursuit Alon Ben David.

Comparaissant lundi devant la très puissante commission de la Défense de la Knesset, Amir Peretz n'a d'ailleurs laissé planer aucun doute sur ses intentions. Il a confirmé que les hostilités «ne s'interrompront pas tant que le Hezbollah n'aura pas été repoussé loin de la frontière» et il a évoqué la création d'une «zone de sécurité» au Sud-Liban.

Du côté israélien, l'heure n'est donc pas encore à l'ouverture de pourparlers en vue d'un cessez-le-feu. «Le consensus autour de la politique du premier ministre est étendu», estime le commentateur Emmanuel Rozen qui passe pour l'un des critiques les plus acharnés du chef du gouvernement. «Ceux qui le considéraient comme un personnage plutôt falot reconnaissent désormais qu'ils s'étaient sans doute trompés. Il présente peut-être mieux qu'Ariel Sharon mais il est au moins aussi dur que lui.»






Sur le fil
Le Temps
George Bush a mêlé lundi diplomatie et gaffe en évoquant une mission de sa secrétaire d'Etat Condoleezza Rice dans la région mais ajoutant aussi que le Hezbollah devait «cesser de semer sa merde». Le président américain était filmé au sommet du G8 à Saint-Pétersbourg mais ignorait que ses propos, destinés à Tony Blair, étaient enregistrés.

Au sixième jour des bombardements israéliens, les émissaires de l'ONU et de l'Union européenne (UE) tentaient de leur côté de désamorcer la situation depuis Beyrouth, que les étrangers désertent en masse. Le pays du Cèdre continuait hier d'être la cible de raids dévastateurs qui auraient fait au moins 46 morts.

L'armée israélienne a fait état lundi soir d'une tentative avortée d'un tir de missile à longue portée de fabrication iranienne contre Israël depuis Beyrouth. Selon la télévision publique israélienne, il s'agissait d'un missile de type Zelzal d'une portée de 150 à 200 km. Un missile susceptible d'atteindre la périphérie nord de Tel-Aviv. L'engin en feu vu retombant sur une banlieue du sud-est de Beyrouth avait auparavant été pris par erreur pour un appareil israélien.

Des centaines d'étrangers, pris au piège de Beyrouth sous les bombes, fuient par tous les moyens le Liban soumis sans discontinuer depuis six jours au pilonnage aérien et naval. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France notamment ont commencé à rapatrier leurs ressortissants.

Réunis à Bruxelles, les ministres européens des Affaires étrangères ont condamné les attaques du Hezbollah contre Israël et appelé à une «cessation immédiate des hostilités». Les ministres sont favorables à un «rôle actif du Conseil de sécurité de l'ONU» et notamment à «l'examen de la possibilité d'une présence internationale de surveillance». «Nos Etats membres sont prêts à considérer favorablement leur participation à une telle mission», a indiqué la présidence finlandaise de l'UE, en soulignant cependant que c'était à ce stade «seulement une idée». Il reviendra «avant tout aux Nations unies et au Conseil de sécurité de l'ONU de s'occuper de la question».

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est par ailleurs réuni lundi à huis clos à New York pour discuter des moyens d'enrayer la spirale de la violence. Le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a évoqué au sommet du G8 la possibilité d'une force internationale d'«interposition» au Liban. Il a cependant souligné qu'une telle force ne pourrait être déployée qu'après la conclusion d'une trêve.
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Messagede ombre de sang le Mar Juil 18, 2006 22:36

Mais le G8 et sont gaffeur de Bush, eux peuvent mais laissent faire parce que ...Quoi ?

A part massacrer Israel ainsi que le Hezbolla et leurs alliés, je ne vois pas comment stopper la guerre franchement.....
Pour moi y'a pas de solution pacifique, y'auras guerre, à nous de voir si l'on désire prendre part au conflit et si oui, de quel coté.....
Perso je serait du style à les laisser faire et à n'intervenir qu'en cas de conflit nucléaire, ce qui est plus proche que ce que l'on pense.
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Messagede Casea le Mar Juil 18, 2006 23:10

ombre de sang a écrit: intervenir qu'en cas de conflit nucléaire, ce qui est plus proche que ce que l'on pense.

Ben clairement oui c'est pas rassurant ! J'ai plutot l'impression que tout le monde y pense, sinon on ne les regarderait pas tant ... Ca ne donne pas pour autant de solution :/
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Messagede Jameslol le Mer Juil 19, 2006 00:19

ombre de sang a écrit:
Mais le G8 et sont gaffeur de Bush, eux peuvent mais laissent faire parce que ...Quoi ?

A part massacrer Israel ainsi que le Hezbolla et leurs alliés, je ne vois pas comment stopper la guerre franchement.....
Pour moi y'a pas de solution pacifique, y'auras guerre, à nous de voir si l'on désire prendre part au conflit et si oui, de quel coté.....
Perso je serait du style à les laisser faire et à n'intervenir qu'en cas de conflit nucléaire, ce qui est plus proche que ce que l'on pense.



Exactement la peur sous jacente de ce conflit, Israël à la bombe nucléaire, mais l'Iran la t'elle ou pas. Je rappelle si besoin que la Palestine et le président de l'Iran sont les deux seul pays à avoir dit clairement que Israël devait disparaître de la carte
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Messagede ombre de sang le Mer Juil 19, 2006 00:27

Et l'arabie Saoudite?
Je sais pas pour vous mais moi ca m'as toujours étonné qu'ils n'est soit disant pas cette technologie. (qui date de 6 decennies quand meme)
Ils ont l'argent, ils ont l'armée pour refroidir tout le monde de les attaquer, ils sont protégés par les states, ils ont la puissance économique pour plonger le monde en crise mondial avec le pétrole et aux dernières nouvelles c'est pas le pacifisme meme chez eux...alors pouquoi n'ont t-ils jamais lancés un programme nucléaire?
Ou peut etre l'ont t-ils déjà.
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Messagede Jameslol le Mer Juil 19, 2006 01:15

Pays disposant de la bombe atomique en 2006




http://fr.wikipedia.org/wiki/Bombe_atomique




Il y a des cartes sur les puissances nucléaires en 2006
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Messagede Gattaca le Mer Juil 19, 2006 01:25

Jameslol a écrit:Vous avez raison tout les deux boo et ombre de sang, que pouvons nous faire nous à notre niveau de citoyens...Bien je crois bien que rien. Mais le G8 et sont gaffeur de Bush, eux peuvent mais laissent faire parce que ...Quoi ?


Je me paye un dernier gros pavé du journal Le Temps




Beyrouth ou la peur que tout s'effondre








• Le Liban redécouvre avec effroi le visage de la guerre. Le bilan humain s'alourdit chaque jour.
• Pour le gouvernement libanais, impuissant face au Hezbollah, la priorité est l'unité nationale.
• Ehoud Olmert, de son côté, a autorisé Tsahal à amplifier ses opérations au Liban et à Gaza.


Richard Werly, de notre envoyé spécial à Beyrouth
Mardi 18 juillet 2006

• Les frappes israéliennes contre le pays du Cèdre ne sont pas toutes ciblées. Au Sud-Liban, plusieurs bavures sont déjà à mettre à l'actif de l'Etat hébreu. Le bilan humain s'alourdit chaque jour: près de 200 morts depuis le début de l'opération israélienne mercredi dernier. Reportage aux côtés des équipes de la Croix-Rouge libanaise.

• Le ministre libanais de la Culture, Tarek Mitri, face au nombre croissant des festivals et des événements annulés à cause de la guerre, estime que l'urgence est de parvenir à une trêve. Son gouvernement, même affaibli, doit rester, selon lui, l'interlocuteur naturel de la communauté internationale.



Les combinaisons orange et bleues de ses coéquipiers sont au repos, posées sales sur un brancard. Au centre national des opérations de secours de la Croix-Rouge libanaise, sur les hauteurs de Baabda, à Beyrouth, Roudy reçoit en tee-shirt avec trois talkies-walkies à la ceinture. Pour cet ingénieur agronome originaire de Jezzine, au Sud-Liban, la facture civile de la guerre aérienne conduite par Israël est déjà «très lourde»: près de 200 morts et de 500 blessés; 84 sorties d'ambulance pour la seule journée de lundi dans la capitale.

«Membres déchiquetés, brûlures, cadavres coincés dans la carcasse de leur maison ou de leur voiture..., ce que nous voyons ne ressemble pas à des frappes ciblées», témoigne le responsable du centre de Baabda. Deux mille volontaires comme lui sont au front humanitaire vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans toutes les parties du pays. Ils répondent aux appels au secours lancés sur le numéro d'urgence 140, et par radio. Leurs témoignages sont accusateurs.

Le Liban n'est pas encore aux abois. Mais le bilan des frappes israéliennes est déjà lourd. A Saïda, un appel d'urgence a été lancé pour faire face à une pénurie de sang. Au niveau financier, le président de la Croix-Rouge libanaise, Cheikh Sami Dahdah, s'apprête à réclamer un million de dollars d'aide d'urgence. «Les offres d'aide matérielle ne sont pas adéquates, explique-t-il. La destruction systématique des infrastructures, notamment les ponts, empêche de les acheminer.»

Le pilonnage de l'aviation israélienne s'accompagne d'un dramatique blocage. Un convoi de plusieurs camions du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est attendu ce mardi à Beyrouth. Il est rempli de médicaments, de nourriture et de kits domestiques (couvertures, réchauds...) pour les déplacés. Sa progression est ralentie par les conditions de sécurité.

Les nouvelles en provenance des zones les plus touchées alimentent l'angoisse de la population. Les bavures israéliennes y sont pour beaucoup. Dimanche, une famille de huit Libano-Canadiens a péri dans sa maison de vacances du Sud-Liban prise pour cible par erreur. Douze autres civils ont été fauchés lundi par un missile à Rmeilé, au sud de Beyrouth. Les frappes contre des véhicules nourrissent la psychose. «Le vrai visage de cette guerre apparaît, poursuit Roudy, du centre d'opérations de la Croix-Rouge. Plus le bras de fer avec le Hezbollah va se durcir, plus la pluie d'obus va s'accroître.»

Le spectacle retransmis à la télévision de l'évacuation massive de près d'un millier d'Européens sur un ferry affrété par la France a aussi fait monter la tension. «Psychologiquement, chaque jour est plus dur», reconnaît un couple de Libano-Suisses qui a choisi de rester.

L'isolement gagne aussi. Le maire de la ville méridionale de Nabatié, Moustapha Badrédinne, a lancé à la télévision un appel poignant pour que le gouvernement désenclave les «300000 habitants encerclés chez eux». La question est évidemment celle des stocks. Le Ministère de l'intérieur a publié un communiqué affirmant que pour l'heure, ni l'essence, ni l'eau, ni la nourriture ne manquent au Liban, dont toute une partie de la population estivale a déguerpi après les premières bombes.

Sur le terrain toutefois, les déplacés comptent les jours: «Comme toutes les villes assiégées, nous serons bientôt à sec», a prévenu le maire de Nabatié. Les tracts israéliens intimant l'ordre de fuir aux habitants ajoutent le chaos à la peur et aux privations. «Dans les zones exposées, les malades qui suivent des traitements lourds, comme les diabétiques, sont en danger de mort», estime le président de la Croix-Rouge libanaise.

L'hôpital Rassool Azzam est, à Beyrouth, le baromètre du drame humanitaire. C'est dans cet établissement que les «scouts du message islamique», les brancardiers du Hezbollah, acheminent les blessés des quartiers sud de la capitale. Deux chirurgiens s'y partagent les amputations. Les sirènes des ambulances retentissent. Les linges souillés de sang s'empilent avant d'être incinérés. «On retrouve les réflexes des années de guerre civile», dit un infirmier.

Les chiffres fiables manquent après six jours de frappes aériennes, mais l'on sait que 13 écoles transformées en camps d'accueil, dans le sud, vont devoir être évacuées. L'épreuve pour le Liban ne fait que commencer. Mais la solidarité est heureusement au rendez-vous: en six jours de bombardement, plus de 400 nouveaux volontaires ont rejoint les équipes de secouristes de la Croix-Rouge.







«Sans cessez-le-feu, nous courons au désastre»
Pour le ministre libanais de la Culture, Tarek Mitri, le gouvernement, même affaibli, doit rester le partenaire incontournable.
Richard Werly
L'homme est abattu. Dans son vaste bureau beyrouthin décoré de tableaux modernes, le ministre de la Culture, Tarek Mitri, liste les annulations de festivals estivaux et les projets sabordés par la guerre entre Israël et le Hezbollah. Le coup est rude, il le sait, pour le gouvernement libanais, impuissant face au Hezbollah, qui dispose pourtant de ministres en son sein. Mais pour cet ancien responsable du dialogue avec l'islam au Conseil œcuménique des Eglises de Genève, la priorité doit aller à l'unité, pas aux règlements de comptes.

Le Temps: Que peut faire votre gouvernement pour arrêter ce conflit?

Tarek Mitri: Nous sommes l'interlocuteur naturel de la communauté internationale. Si on ne l'arrête pas, cette guerre contre le Liban va devenir une guerre contre les Libanais. Notre rôle, dans la mesure de nos moyens, doit être d'empêcher l'explosion des équilibres politiques internes encore si fragiles. L'application de la résolution 1559 de l'ONU, qui prévoit le désarmement du Hezbollah, a notre faveur. Mais nous ne croyons pas à son application par la force brute actuellement déployée par Israël. En aucun cas nous n'accepterons à l'intérieur de nos frontières une zone de sécurité aux mains des Israéliens. Il faut donc essayer de bricoler un arrangement.

- Bricoler: ce mot ne trahit-il pas votre impuissance?

- Ceux qui parlent de notre impuissance n'ont aucune idée de ce qu'est le Hezbollah. Il s'agit d'un parti structuré, représentatif d'une majorité de chiites, qui forment 35% de la population libanaise. Le risque était énorme, quand la Syrie a quitté le Liban, que notre communauté nationale se retrouve disloquée. La transition qui a suivi aurait pu nourrir les divisions. Mais non. L'attitude du gouvernement actuel vis-à-vis du Hezbollah doit se comprendre ainsi: notre tâche prioritaire était, et reste, de veiller à l'unité du Liban. On est acculé à raisonner ainsi.

- Le désarmement des miliciens chiites est pourtant a priori la seule façon de sortir de la crise...

- J'estime que l'intégration du Hezbollah dans le gouvernement était un pas dans cette direction. Aujourd'hui, la donne est évidemment différente. Israël cherche à asphyxier le mouvement chiite en le coupant de ses bases arrière et de ses soutiens étrangers, et à le briser sous les bombes. C'est la stratégie de la suffocation. Mais que va devenir le Liban si le Hezbollah, comme il le prétend, a des réserves d'obus suffisantes pour tenir tête à l'Etat hébreu? Notre pays peut-il supporter cent jours d'une telle guerre? Sans cessez-le-feu, on court au désastre.

- Quelle solution alors?

- Redonner aux Nations unies plus de poids dans la surveillance de la frontière en tandem avec nos forces gouvernementales. La force actuelle de l'ONU au Sud-Liban n'est même pas capable de protéger les civils en fuite. Un groupe d'une vingtaine de personnes a été tué dimanche après avoir demandé secours en vain aux militaires onusiens! Le gouvernement libanais est prêt à assumer son rôle légitime si la communauté internationale s'investit à ses côtés. Nous sommes au moins conscients d'une chose: nous avons besoin d'aide!






L'Iran, avec la complicité de la Syrie, affirme ses intentions de puissance régionale incontournable au Moyen-Orient, au grand dam des Etats-Unis embourbés en Irak
Le dessous des cartes de la crise libanaise.
Bernard Guetta
Si ce n'était qu'Israël et les Palestiniens, si ce n'était que l'éternel conflit entre ces deux peuples qui embrasait à nouveau le Proche-Orient, tout serait beaucoup plus simple. En terrain connu, les grandes puissances ne seraient pas aussi dépassées qu'elles le sont par cette crise. Mais c'est un nouveau Proche-Orient qui prend feu, où tout a partout changé depuis le renversement de Saddam.

En quelques mois, la mort d'Arafat, le retrait israélien de Gaza, l'effacement de Sharon, l'affirmation de l'Iran, le retrait syrien du Liban et la rivalité croissante entre sunnites et chiites se sont ajoutés au chaos irakien - et tout cela, sur fond de paralysie des Etats-Unis, l'ancien arbitre régional, désormais embourbé à Bagdad.

• L'étincelle d'un espoir de paix

L'incendie s'installe, mais par quel bout l'attaquer? Ses causes sont si complexes et concomitantes, ses foyers si multiples, ses enjeux si divers, que les grandes capitales en sont toujours à s'interroger sur l'engrenage qui l'a provoqué. Leurs analyses divergent mais la certitude est que c'est un espoir de paix qui a provoqué la première étincelle, un immense espoir qui inquiétait autant la Syrie que l'Iran, les deux premiers chorégraphes de cette danse au-dessus du volcan.

Fin juin, les deux principaux partis palestiniens, le Hamas et le Fatah, négocient les dernières virgules d'un accord qui aurait pu permettre un règlement définitif du conflit israélo-palestinien. Pour la première fois, le gouvernement islamiste issu des élections de janvier et le président laïc élu il y a dix-neuf mois convergent sur le principe de la coexistence de deux Etats le long des frontières de 1967.

Toute la Palestine s'engage, autrement dit, sur la voie d'une reconnaissance d'Israël et cela déclenche l'alerte rouge en Syrie.

• Intransigeance et raison d'Etat

Exilé à Damas, Khaled Mechaal, le chef politique du Hamas, ne veut pas que ce tournant se prenne car, contrairement aux ministres de son parti, il n'a pas été confronté aux responsabilités du pouvoir, à la nécessité de répondre aux besoins quotidiens de la population palestinienne et de trouver, donc, un compromis avec Israël. Il est resté muré dans son intransigeance et, parallèlement, la raison d'Etat mobilise les dirigeants syriens.

Ils ne se préoccupent pas, eux, de la Palestine, de la pureté de sa cause ou du futur tracé de ses frontières. Ils voient bien, en revanche, que cet accord entre le Hamas et le Fatah menace de leur faire perdre l'influence politique qu'ils avaient encore sur les islamistes palestiniens, autrement dit leur place d'interlocuteur obligé dans toute tentative de règlement de paix.

Si cet accord se concrétise, la Syrie risque, en un mot, de perdre le seul instrument de puissance qui lui restait depuis que les Nations unies l'ont forcée à se retirer du Liban, un an plus tôt, après l'assassinat de l'ancien premier ministre Rafic Hariri.

• La mèche des enlèvementsIntransigeance idéologique et raison d'Etat convergent et le 25 juin, deux jours avant que le Hamas et le Fatah ne signent leur accord, trois des groupes palestiniens les plus radicaux enlèvent un conscrit en territoire israélien.

Les services syriens ont-ils directement prêté la main à cette provocation? L'ont-ils suscitée ou seulement laissé faire?

Rien n'est prouvé, rien n'est prouvable mais, pour la Syrie, c'est un plein succès. Israël lance une offensive militaire contre Gaza pour laver l'affront et tenter de récupérer son soldat. Parce que son premier ministre, Ehoud Olmert, ne peut pas poursuivre la politique de repli inaugurée par Ariel Sharon sans faire preuve de la même fermeté que lui, Israël renvoie ses troupes dans cette bande de terre qu'il avait évacuée en septembre dernier.

• Mission réussie pour DamasPiège ou pas, à ce moment politique, Israël n'avait guère le choix et les dirigeants syriens font coup double. Non seulement ils ont réduit en poussière l'accord du Hamas et du Fatah, mais ils font bégayer les Israéliens qui retombent dans la guerre et l'occupation alors qu'ils avaient décidé de se sortir de l'une et de l'autre en se retirant des territoires occupés.

Dans la catégorie basse politique, c'est du grand art et, sur cette lancée, la Syrie fait jouer son autre levier régional, le Hezbollah, qui pénètre en territoire israélien depuis le Sud-Liban et y enlève, à son tour, deux soldats. On connaît la suite.

Jour après jour, les télévisions montrent les bombardements israéliens sur le Liban et les roquettes tombant sur Haïfa mais, là encore, Damas joue gros mais bien.

Après avoir montré qu'elle pesait toujours dans le dossier israélo-palestinien, la Syrie est en train de rappeler qu'elle reste incontournable au Liban grâce au Hezbollah. Cofondé, armé et financé par les services secrets de l'Iran et de la Syrie, le «Parti de Dieu» n'est en effet pas seulement une organisation militaire islamiste qui contrôle tout le sud du Liban depuis qu'Israël s'en était retiré. C'est aussi le seul vrai parti chiite du pays, représenté au parlement et siégeant au gouvernement, une force politique majeure sur l'échiquier libanais.

• L'unité du Liban à l'épreuvePlus Israël s'attaque à ses quartiers généraux, plus la popularité du Hezbollah se renforce, et pas seulement parmi les chiites. Plus les Israéliens bombardent les infrastructures du Liban pour contraindre le gouvernement de Beyrouth à désarmer cet Etat dans l'Etat, plus la classe politique et la population libanaises se divisent non seulement entre ceux qui voudraient céder aux Israéliens et ceux qui s'y refusent mais aussi entre chiites, sunnites et chrétiens.

C'est l'unité du Liban qui est à l'épreuve et les Syriens n'ont rien besoin de formuler pour que les Occidentaux entendent que, s'ils ne veulent pas que le Liban éclate et devienne un nouvel Irak, ils doivent prendre langue avec la Syrie et la laisser remettre la main sur un protectorat auquel elle n'a pas renoncé.

Prises entre ce chantage syrien et la détermination d'Israël à n'accepter aucun cessez-le-feu tant que le Liban n'aura pas désarmé une organisation dont l'armement est de plus en plus sophistiqué, les grandes puissances sont paralysées. Elles ne peuvent pas forcer la main à Israël, qui estime que sa sécurité est en jeu et qu'il est indirectement confronté aux Iraniens et aux Syriens. Elles ne peuvent pas, non plus, faire reculer la Syrie sans rien lui concéder car elle pense, elle, n'avoir rien à perdre et tout à gagner.

• Recomposition du Proche-OrientOn est déjà loin, très loin, d'Israël et des Palestiniens. On est en pleine recomposition du Proche-Orient et, pire encore pour les Occidentaux, la Syrie dispose, là, d'un allié de poids: l'Iran de Mahmoud Ahmadinejad.

C'est là qu'on revient droit à l'aventure irakienne car cette guerre et le chaos qui s'est ensuivi ont fait pousser des ailes à la République islamique. Obligeamment débarrassé, par George Bush, de Saddam Hussein et des talibans, ses deux ennemis régionaux, l'Iran est devenu la première puissance du Proche-Orient. Assuré qu'aucun de ses voisins ne peut plus l'attaquer, disposant de puissants relais parmi les chiites irakiens et certain que les Etats-Unis sont trop occupés à Bagdad pour s'en prendre à lui, l'Iran se sent assez fort pour s'être lancé dans la course à l'arme nucléaire.

Pour une large partie de ses dirigeants, il ne s'agit que d'instaurer un rapport de force avec l'Amérique, de pouvoir échanger, un jour, leur renoncement à la bombe contre une reconnaissance de leur régime et de son rôle régional, mais son président de la République, Mahmoud Ahmadinejad, élu il y a un an, a de bien plus grandes ambitions.

• La tactique de Téhéran pour ébranler les sunnitesCe n'est pas par lubie qu'il voue régulièrement Israël à la destruction et nie la réalité du génocide des juifs. Face aux capitales arabes qui ont accepté le fait israélien, il veut, lui, faire de l'Iran le champion de l'intransigeance, le héros du radicalisme islamique, et rallier ainsi l'ensemble des masses musulmanes, chiites et sunnites, derrière l'Iran chiite.

C'est une stratégie réfléchie et, de fait, chacune de ses sorties contre les «sionistes» augmente sa popularité dans la région et donne, petit à petit, corps à sa grande idée: s'appuyer sur le monde chiite - sur la majorité chiite irakienne à laquelle l'intervention américaine a donné les commandes, sur la minorité chiite au pouvoir en Syrie et sur le Hezbollah libanais - pour achever d'ébranler les régimes sunnites en s'affirmant en nouveau Saladin, contre Israël et les Occidentaux.

A Téhéran, la guerre fait rage entre deux clans du régime islamique mais les services secrets iraniens, contrôlés par Mahmoud Ahmadinejad, n'ont certainement pas vu d'un mauvais œil la provocation du Hezbollah. S'ils ne l'ont pas encouragée, ils ne peuvent que se réjouir de ses résultats qui, tout autant que la Syrie, servent les visées de leur président.

• L'impuissance mondialeLes régimes sunnites sont si inquiets que l'Arabie saoudite en oublie presque de dénoncer Israël pour s'en prendre publiquement à «l'irresponsabilité» du Hezbollah et à «ceux qui sont derrière lui». En quête d'un nouveau souffle, l'Europe réagit en ordre dispersé et, à quatre mois de leurs élections parlementaires, les Etats-Unis sont plus impuissants que jamais.

Damas et Téhéran mènent la danse - pour l'heure, en tout cas.






«Nous combattons un axe de la terreur menant de Téhéran à Damas»
Le premier ministre Ehoud Olmert s'est exprimé devant la Knesset.
Serge Dumont, Tel-Aviv
S'exprimant lundi à la tribune de la Knesset (parlement) durant plus de vingt minutes, Ehoud Olmert a clairement réitéré son intention de «détruire chaque infrastructure terroriste où qu'elle se trouve». Affirmant qu'Israël vit une «minute de vérité nationale», le premier ministre a affirmé qu'il «ne veut pas interférer dans les affaires internes du Liban et de l'Autorité palestinienne mais il va de l'intérêt régional et international de prendre le dessus sur les organisations terroristes qui y opèrent». «C'est ce que nous ferons», a-t-il ajouté.

Contrairement aux prévisions de quelques commentateurs qui avaient évoqué l'hypothèse d'une ouverture diplomatique, le premier ministre de l'Etat hébreu a confirmé la poursuite des opérations militaires dans les territoires palestiniens et au Liban «jusqu'à la libération de nos soldats et jusqu'à l'arrêt des tirs de roquettes». «Nous combattons un axe de la terreur menant de Téhéran à Damas, a-t-il poursuivi. Nos ennemis ont eu le tort de penser que notre capacité à montrer de la retenue est une preuve de faiblesse et ils se trompaient.»

Opérations amplifiées

Concrètement, ce discours prononcé sur un ton offensif et décidé signifie qu'Israël n'interrompra pas ses opérations militaires dans le courant des prochaines heures. Le contraire eût d'ailleurs étonné puisque des dizaines de Katiouchka tirées par le Hezbollah se sont encore abattues lundi sur les villes de Haïfa, de Safed et de Carmiel. Certaines d'entre elles ont déclenché des incendies alors que d'autres ont provoqué l'effondrement d'un HLM avec les habitants qui se trouvaient à l'intérieur (six blessés).

Peu avant le discours d'Ehoud Olmert, Tsahal (l'armée) a en tout cas reçu l'autorisation d'amplifier ses opérations sur tous les terrains où elle est engagée mais principalement au Liban. Plusieurs unités spéciales ont mis le pied sur le sol libanais et de nouvelles batteries de 155mm susceptibles d'envoyer des obus jusque dans la banlieue de Saïda ont été installées le long de la «ligne bleue» (la frontière). Dans la foulée, l'entourage du chef d'état-major israélien Dan Haloutz a également laissé entendre qu'Israël détruira les quatre centrales électriques libanaises si le Hezbollah poursuivait ses tirs de Katiouchka sur Haïfa, la troisième ville de l'Etat hébreu.

A en croire le chroniqueur militaire Alon Ben David, Ehoud Olmert, son ministre de la Défense, Amir Peretz, et Dan Haloutz «veulent en finir une fois pour toutes avec le Hezbollah». «Ils croient pouvoir disposer d'une fenêtre d'opportunité d'environ huit à quinze jours avant que la communauté internationale ne commence à s'agiter sérieusement», affirme-t-il. «Même si (le premier ministre français) Dominique de Villepin s'est rendu lundi à Beyrouth, ils sont encouragés par les prises de position du G8 et ils veulent «mettre le paquet» pour achever leur objectif stratégique avant de voir le monde se retourner contre eux.»

Quant à la libération des soldats israéliens enlevés, elle passe au deuxième plan. «Olmert et son entourage ne les oublient évidemment pas, mais ils veulent d'abord affaiblir le Hezbollah de manière radicale afin de permettre au gouvernement libanais de reprendre pied dans les zones qu'il n'a jamais contrôlées jusqu'à présent», poursuit Alon Ben David.

Comparaissant lundi devant la très puissante commission de la Défense de la Knesset, Amir Peretz n'a d'ailleurs laissé planer aucun doute sur ses intentions. Il a confirmé que les hostilités «ne s'interrompront pas tant que le Hezbollah n'aura pas été repoussé loin de la frontière» et il a évoqué la création d'une «zone de sécurité» au Sud-Liban.

Du côté israélien, l'heure n'est donc pas encore à l'ouverture de pourparlers en vue d'un cessez-le-feu. «Le consensus autour de la politique du premier ministre est étendu», estime le commentateur Emmanuel Rozen qui passe pour l'un des critiques les plus acharnés du chef du gouvernement. «Ceux qui le considéraient comme un personnage plutôt falot reconnaissent désormais qu'ils s'étaient sans doute trompés. Il présente peut-être mieux qu'Ariel Sharon mais il est au moins aussi dur que lui.»






Sur le fil
Le Temps
George Bush a mêlé lundi diplomatie et gaffe en évoquant une mission de sa secrétaire d'Etat Condoleezza Rice dans la région mais ajoutant aussi que le Hezbollah devait «cesser de semer sa merde». Le président américain était filmé au sommet du G8 à Saint-Pétersbourg mais ignorait que ses propos, destinés à Tony Blair, étaient enregistrés.

Au sixième jour des bombardements israéliens, les émissaires de l'ONU et de l'Union européenne (UE) tentaient de leur côté de désamorcer la situation depuis Beyrouth, que les étrangers désertent en masse. Le pays du Cèdre continuait hier d'être la cible de raids dévastateurs qui auraient fait au moins 46 morts.

L'armée israélienne a fait état lundi soir d'une tentative avortée d'un tir de missile à longue portée de fabrication iranienne contre Israël depuis Beyrouth. Selon la télévision publique israélienne, il s'agissait d'un missile de type Zelzal d'une portée de 150 à 200 km. Un missile susceptible d'atteindre la périphérie nord de Tel-Aviv. L'engin en feu vu retombant sur une banlieue du sud-est de Beyrouth avait auparavant été pris par erreur pour un appareil israélien.

Des centaines d'étrangers, pris au piège de Beyrouth sous les bombes, fuient par tous les moyens le Liban soumis sans discontinuer depuis six jours au pilonnage aérien et naval. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France notamment ont commencé à rapatrier leurs ressortissants.

Réunis à Bruxelles, les ministres européens des Affaires étrangères ont condamné les attaques du Hezbollah contre Israël et appelé à une «cessation immédiate des hostilités». Les ministres sont favorables à un «rôle actif du Conseil de sécurité de l'ONU» et notamment à «l'examen de la possibilité d'une présence internationale de surveillance». «Nos Etats membres sont prêts à considérer favorablement leur participation à une telle mission», a indiqué la présidence finlandaise de l'UE, en soulignant cependant que c'était à ce stade «seulement une idée». Il reviendra «avant tout aux Nations unies et au Conseil de sécurité de l'ONU de s'occuper de la question».

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est par ailleurs réuni lundi à huis clos à New York pour discuter des moyens d'enrayer la spirale de la violence. Le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a évoqué au sommet du G8 la possibilité d'une force internationale d'«interposition» au Liban. Il a cependant souligné qu'une telle force ne pourrait être déployée qu'après la conclusion d'une trêve.


:voui:
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Messagede Jameslol le Mer Juil 19, 2006 01:39

[center]L’on fait ce que l'on peut quand on n'a pas la plume de Açoka ou titsta pour faire des pavés interminables.



Sacré Gatt



:coucou:



:lol: :boire: :Fete7: :lol: [/center]
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Messagede galeiade le Mer Juil 19, 2006 03:27

et avec tout çà on va oublier l'Irak et avec un peu de chances nous n'aurons plus d'pisode à la Dallas sur les qurelles de nos chers politiciens.

Comme disait Ombre sang çà devait arriver mahleureusement mais que pouvons nous faire ?
Juillet est le mois où des millions de visages sont heureux, souriants, épanouis, lumineux. Ce sont ceux des profs !
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Messagede Jameslol le Ven Juil 21, 2006 00:33

Justement les forces américaines sont en nombre en Irak, très bien pour une intervention rapide en Iran (la force du mal pour Bush). Mais quelle idée à t-il derrière la tête le président des states...Bush dit le guerrier et gendarme du monde !



Nota : je crois que Bush sent fout de l'Irak, mais pas des puits de pétroles, d'ailleurs il n'y a que cela qui a provoqué la guerre en Irak, qu'en penses tu galeiade ?
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Messagede Jameslol le Ven Juil 21, 2006 03:29

EDITORIAUX
Le Temps I Article



Liban, l'abandon





Richard Werly
Vendredi 21 juillet 2006

L'image résume le calvaire du Sud-Liban. A Tyr, hier matin, le ferry affrété par les Nations unies pour évacuer leurs employés et plusieurs centaines de ressortissants étrangers a jeté l'ancre dans le port tandis que les missiles israéliens explosaient sur les collines.

Derrière ces panaches de fumée noire? Des ponts, des immeubles, des dépôts d'essence, des camions, des routes secondaires utilisées par les familles pour évacuer la zone. Les aviateurs israéliens, aidés sans doute par des espions au sol, pourront toujours dire que ces cibles cachent des dépôts d'armes du Hezbollah.

Des sanctuaires islamistes ont sans doute explosé. Tant mieux. Mais les scènes vécues sous le feu ne correspondent pas toujours à la guerre vue du ciel: pour tous les Libanais, les cratères qui trouent le bitume, les voitures renversées, l'autoroute Tyr-Saïda cassée à quatre reprises sont les pièces à conviction d'un pilonnage destiné à casser un pays. Et non à briser une milice fanatique chiite inféodée à Téhéran.

La communauté internationale, face à cela, feint de s'émouvoir. L'ONU, derrière les appels de Kofi Annan à cesser les hostilités, utilise ses Casques bleus censés surveiller le cessez-le-feu au sud pour encadrer honteusement l'exode. Les grandes puissances rivalisent de moyens pour évacuer. Triste et piquant spectacle pour les pilotes de Tsahal: il aurait été tellement facile de quitter le Liban par avion si l'aéroport civil de Beyrouth n'avait pas fait l'objet des premières frappes...

On voit mal maintenant pourquoi le duel ne se poursuivrait pas. Le Hezbollah, dans ses tranchées, y a tout intérêt. La secte militarisée a voulu l'affrontement et compte bien surfer sur les souffrances de la population. Israël a besoin d'achever sa démonstration de force pour se persuader une fois encore que ses bombes sont la seule garantie de son avenir. Les hiérarques incendiaires de Téhéran et de Damas ont retrouvé leur champ de bataille et de coups tordus d'antan. Ne reste qu'à rallumer, à Beyrouth, Tyr, Baalbek ou Saïda, les vieilles rancœurs communautaires pour entériner ce que les roquettes des uns et des autres appellent en fait de leurs vœux: l'abandon du Liban.
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Messagede Yféboenvendée le Ven Juil 21, 2006 10:55

Jameslol a écrit:Force est de constater que depuis que les allier ont autorisés les juifs à faire d'une partie de la Palestine une nation Israélienne (1948), ils n'arrêtent pas de se taper sur la figure...


Pour ton info, ça s'appelait la Judée avant que les juifs s'y installent.

Moi ce qui me fait marrer, c'est les explications des soldats israeliens :"on effectue des frappes chirurgicales...". Ils ont bien retenu le langage médiatique à la Bush version guerre du golf! Mais alors ils sont où les gros méchants barbus abattus??? On ne voit que des femmes et bébés morts :colere:

Plutôt que d'assassiner les populations innocentes, ils devraient régler ça entre dirigeants. Les pions votent, le vote mène à la guerre, les pions meurent : encore du sophisme? :roll:
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