En effet le communiste a été et est encore (quoi que ce n'est pas le communisme envisagé par Marx). Je trouve normal qu'on puisse prôner l'égalié (c'est tout à fait normal) cependant le liberté me semble-il est le droit le plus cher qu'on puisse avoir. Or en effet, je ne peux pas cautionner le communisme car il est liberticide.
On retrouve un peu là, entre ta position et la mienne, l'impossibilité de concilier une grande liberté et une grande égalité.
Une grande liberté implique la liberté d'entreprendre, d'être faiblement attaché à son milieu familial, professionnel, à autrui. En effet, la famille, le milieu social ou plus généralement un soucis des autres sont autant de freins à l'indidualisme nécessaire à la liberté. Ils peuvent être des freins socialement pénalisants (une personne aidant sa famille prends nécessairement des ressources [temps, argent, ...] à son ascension propre) , ou au contraire, socialement bénéfiques (personne aidée par sa famille, ses amis, ...).
Mon sentiment est que l'individualisme est très rarement bénéfique et très souvent socialement catastrophique, si j'en juge la répartition des très riches/ très pauvres aux USA.
Les faibles droits sociaux au USA dont des droits du travail quasi inexistants pour moi proviennent de l'individualisme du socle anthropologique. Ainsi, on considère un collègue de travail non comme un égal mais un étranger, donc on ne le soutient pas dans l'adversité et l'on trouve normal qu'il soit débauché du jour au lendemain, à la grâce de l'employeur. Je crois que cela sous-entend non seulement une indifférence à la justice sociale (et donc un report des arbitrages en justice tout court) mais également le fait qu'une personne qui se fait licencier à "mal joué" et est donc responsable de cette situation.
De même cette "étrangeté" à la famille même implique une forte mobilité des travailleurs américains, puisque les liens familiaux ne sont pas très importants. Quand à leurs amitiés, elles me semblent un peu conjoncturelles et utilitaristes: loin des yeux, loin du coeur.
Au contraire, une grande égalité s'oppose à l'individualisme et privilégie les communautés, les liens familiaux, les liens avec autrui. Faire partie d'une communauté (famille, amis, professionnelle) limite la liberté par l'acceptation tactite des règles de cette communauté.
De plus le temps et les moyens investis dans la communauté le sont au détriment de l'individualisme. L'homme n'est pas atomisé et intrinsèques, mais plus défini de par ses positions sociales à l'intérieur des communautés.
Je suis libéral car je veux qu'on laisse le choix aux individus de leurs sytèmes (et celà sans pour autant supprimer les institutions existantes, mais autoriser de choisir à ce qui le désirent un autre système)
Il me semble que la République autorise cela, quoique les tentatives d'imposition de constitution européennes me semblent à l'opposé du principe de la liberté du choix
.et par pragmatisme, étant donné la situation économique de la france il faut une alternative, car nous défendons la solidarité imposée (mais pourtant le nombre de personne sous le seuil de pauvreté, les réhèmistes et les personnes sans emploi, mises à la marge, ne cessent d'augmenter).
Mais la situation sociale de la France me semble très bonne comparée à celles des USA ou encore des anglais.
Il ne faut pas confondre des emplois aliénants (promeneur de chiens, voituriers, serveur de café ambulant...) avec de réels emplois.
J'aimerais croire que notre système fonctionne mais ce n'est pas le cas.
Ha bon ? On meurt de faim en France, de violences physiques, de défaut de soins, on n'a pas accès à l'éducation ?
Dans les pays dit "libéraux", on meurt de violences physiques, de défaut de soins...
En outre, des miracles éco, comme celui de l'Irlande, renforce mes convictions.
Oui, sous perfusion de l'UE et vive le dumping social à l'anglaise. C'est cela ton modèle ?
En outre je ne juge pas l'homme à mon image, lorsque j'affirme que le communisme est entravé par l'individualisme et la rationalité des individus.
En est-tu sûr ? Laisse moi te présenter la vie et l'esprit d'amis algériens que je connais bien.
Tout d'abord, leur appartenance à la communauté les poussent (par besoin et envie) de voir leur famille au moins une journée par semaine voire deux journées par semaine. Leur présence aux anniversaires, marriages et enterrements de tous les membres de la communauté est naturelle, sachant qu'une fois marriés ils font partie de deux communautés (60-100 personnes). Bien souvent et pour pouvoir les voir, je participe aux anniversaires de la communauté
Les anciens sont considérés comme l'âme de la communauté: c'est un honneur de les avoir chez soi et les placer dans une maison de retraite serait la honte de la communauté entière et considéré comme le pire crime qui soit. "Celui qui s'occupe bien de ses parents a une meilleure place que les martyrs au paradis" m'a dit un ami.
Enfin, la moitié pensent "nous" lorsqu'ils pensent à eux, c'est à dire qu'ils n'existent que comme une part de la communauté et non en temps qu'individu, et ce malgré une fréquentation de l'école républicaine française. Cela explique que sous certaines pressions, les martyrs (ceux qui se sacrifient pour la communauté) n'y soient pas rares.
En gros, ils se considèrent eux-même comme des fourmis au service de la fourmillière familiale. Et ils ne sont en aucun cas prisonniers de la communauté, mais au contraire dépérissent si le contact avec la communauté est coupé. En un sens, ils sont aussi liés à la communauté qu'un poisson l'est à l'eau: c'est leur milieu naturel.
Dans ces conditions, où est donc l'individualisme ici ? En quoi le rationnel est-il gênant ? C'est juste une autre philosophie, c'est à dire une manière de se définir et d'être. Comprends-tu que pour eux, le libéralisme, c'est leur mort ? Ce à quoi ils sont le plus opposés, une abérration occidentale de décadents ?
Voilà pourquoi je crois que dans ces conditions le communisme peut marcher en Algérie alors que le libéralisme n'y imposera que des souffrances. Le problème est plus le repli familial qui risque de créer des clans s'opposant à l'Etat.
Même si le socle anthropologique est légèrement différent chez les slaves, leur attitude est un peu identique et les fratries très puissantes. Pour eux aussi, l'appartenance à la communauté prime sur l'individualisme au point d'avoir même dans les années 70 qualifié l'individualisme comme une névrose anti-sociale, le refus de s'intégrer dans la communauté, c'est à dire une maladie mentale.
Donc peux-tu comprendre que ta foi envers la liberté (dans le sens où c'est naturel, cela va de soi) n'est pas plus puissante que leur foi envers la communauté ? Et donc qu'eux-même pourraient dire:
"En outre je ne juge pas l'homme à mon image, lorsque j'affirme que le libéralisme est entravé par les liens familiaux et la rationalité des individus."
Mais je peux sans doute avoir ce discours et comprendre ces deux aspects parce que privilégiant l'égalité, je suis un peu indifférent à la notion d'autorité (même si a priori je suis pour la liberté).
Pour moi, "l'axe du mal", c'est l'inégalité prônée. Voilà pourquoi l'équité me semble la voie de l'hérésie
A plus et te lire,


le vrai prob c le liberalisme


