Un rapport en faveur du clonage thérapeutique
Le député (UMP) Pierre-Louis Fagniez propose de modifier la loi bioethique de 2004. Son rapport plaide pour le clonage thérapeutique et la recherche sur les cellules souches embryonnaires.
La France va-t-elle rejoindre la Grande Bretagne, la Suède et la Belgique sur la liste des pays européens autorisant le clonage humain à des fins thérapeutiques ? C'est ce que souhaite le professeur Pierre-Louis Fagniez, chirurgien et député (UMP, Val-de-Marne) dans un rapport remis hier au Premier ministre.
Le document --basé sur les auditions d'une centaine de scientifiques, juristes, spécialistes de l'éthique, philosophes -- propose aussi d'étendre la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Actuellement, la loi n'autorise ce type de recherche que pour une durée de cinq ans et à deux conditions : elle doit être "susceptible de permettre des progrès thérapeutiques majeurs" et aucune autre méthode de recherce ne doit pouvoir s'y substituer.
Pierre-Louis Fagniez voudrait voir levées ces restrictions, au nom du progrès scientifique. "La recherche sur les cellules souches est un des sujets de la science du XXIè siècle", insiste le député.
Les cellules souches embryonnaires présentes aux premiers stades du développement humain, peuvent se transformer en cellules de n'importe quel organe. En maitrisant leur développement, les scientifiques espèrent pouvoir obtenir des organes ou des tissus de "rechange" qui pourraient être greffés sur des patients malades. Mais le rapport souligne : "Le développement de traitements à court terme n'est pas envisageable dans l'état actuel des connaissances." En revanche, l'étude des cellules souches embryonnaires peut faire progresser la recherche fondamentale et apporter une meilleure connaissance de certaines pathologies (Parkinson, cancer, diabète...)
Pour obtenir ces cellules, deux solutions : les prélever sur des embryons surnuméraires, issus d'une fécondation in vitro et ne s'inscrivant plus dans le cadre d'un projet parental (c'est ce que prévoit la loi de bioéthique de 2004). Ou les prélever sur un embryon cloné à cette fin, comme le préconise le rapport. Entre autres avantages, cette méthode donnerait accès à une plus grande quantité de cellules souches.
Dans les deux cas, l'opération nécessite de détruire l'embryon au stade dit du blastocyste (5-6 jours)
Dans un entretien paru, hier, dans La Croix, Pierre-Louis Fagniez explique pourquoi il préfère la solution du clonage thérapeutique, qu'il propose d'ailleur de rebaptiser, "clonage non reproductif": "Les embryons surnuméraires sont destinés, à l'origine à répondre à un projet procréatif [...]. Le clonage embryonnaire, lui, n'aura jamais de finalité reproductive. Je le vois comme une technique de laboratoire permettant d'obtenir des cellules souches sans recourir aux embryons surnuméraires."
Cette proposition est loin de faire l'unanimité. Pour Mgr André Vingt-Trois, archevèque de Paris, l'embryon doit être considéré comme un être humain, même s'il n'et pas implanté dans l'utérus d'une femme. "L'embryon humain, à quelque stade de son développement qu'on le prenne, est un être engagé dans un processus continu, coordoné et graduel, depuis la constitution du zygote (oeuf ndlr) jusqu'au petit enfant prêt à naître", défend-il dans sa contribution au rapport. Le prélat met également en garde contre le clonage, une "voie périlleuse pour l'humanité".
Polémique dans ses propositions, le rapport Fagniez ne pousse pas à la précipitation: il recommande de réviser la loi bioéthique à la date prévue, en 2009.
Ouest France, Vendredi 28 juillet 2006
Ce rapport pourrait être à l'origine de l'avancée des recherches sur la réparation des cellules axonales et de la moelle épinière, afin qu'un jour nous puissions espérer remarcher !



et ça tombe bien car il n'y a pas eu de discution houleuse, j'suis pas d'humeur en ce moment.

