L'excès de guerre mène l'Amérique de Bush au repli

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L'excès de guerre mène l'Amérique de Bush au repli

Messagede Jameslol le Ven Aoû 18, 2006 03:57

L'excès de guerre mène l'Amérique de Bush au repli


ECHEC. Des appels pour mettre fin à une surenchère de dépenses et de mesures de sécurité.


Le Temps
Vendredi 18 août 2006

Quelque chose est en train de changer aux Etats-Unis. Les généraux ont commencé leur autocritique. La plus puissante armée du monde est enlisée dans la guerre civile en Irak. La politique de la réplique massive s'épuise.

D'autres s'interrogent. Une longue enquête qui paraît dans le numéro de septembre du mensuel Atlantic montre de nombreux stratèges et théoriciens de la guerre (souvent favorables à une intervention forte en Irak) en proie au doute qui aboutissent à cette conclusion: l'Amérique a réagi au 11 septembre 2001 exactement comme Al-Qaida l'espérait; le coût de cet engagement militaire est exorbitant, alors que la sécurité des Etats-Unis n'est pas vraiment en jeu. Conclusion: il faut changer de stratégie, renoncer à combattre le terrorisme par des moyens militaires, se replier et ouvrir de nouvelles voies.

Des documents retrouvés du côté de Kandahar montrent comment Ben Laden, chef d'Al-Qaida, attendait explicitement la réaction américaine: que l'ennemi vienne sur son terrain, il y serait meurtri, brûlé à petit feu, écœuré. Cela devait se passer sur sol afghan. C'est arrivé dans une autre nasse: l'Irak. Et cela se répète en plusieurs points du globe où les Etats-Unis appuient leurs alliés face à la menace islamiste.

L'erreur est là, entend-on aux Etats-Unis: la lutte contre le terrorisme ne peut pas être une guerre conduite par des armées.
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Messagede Jameslol le Ven Aoû 18, 2006 14:56

Etats-Unis : la tentation du repli








Les Américains prennent conscience que des ripostes massives à des actions terroristes font le jeu de l'adversaire.


Alain Campiotti, New York
Vendredi 18 août 2006

Pour les généraux, l'heure de l'autocritique a sonné. A Jérusalem comme à Washington, ils doivent expliquer comment deux des plus puissantes armées du monde ont fini dans une nasse. L'exercice vient de commencer en Israël, alors que, dans le Sud-Liban dévasté, le Hezbollah reprend le contrôle de son territoire, commence seul la reconstruction, avec la certitude que personne ne viendra le désarmer. Les chefs de guerre américains, eux, ressassent depuis quelque temps la leçon amère. Il y a quinze jours, arrivant de Bagdad, ils avouaient devant le Congrès que la guerre civile en Irak devenait incontrôlable. Aujourd'hui, il leur faudrait admettre que la violence des groupes armés sunnites et chiites se concentre à nouveau sur les forces d'occupation.

Où est l’erreur ? Un homme peut aider à la comprendre. «Tout ce que nous avons à faire, c'est d'envoyer deux moudjahidin avec un morceau de tissu sur lequel est écrit «Al-Qaida», et les généraux rappliquent»: Oussama ben Laden, robe brune et turban blanc, parlait ainsi en octobre 2004, narguant George Bush qui allait être réélu. En Israël, un raid et l'enlèvement de deux soldats ont fait l'affaire. Vis-à-vis des Américains, le «morceau de tissu» a été agité souvent, et le 11 septembre 2001, naturellement, il accompagnait le meurtre de masse.

Dans les deux cas, la réplique a été massive. Dans les deux cas, elle s'est épuisée. Des documents retrouvés du côté de Kandahar montrent que le chef d'Al-Qaida attendait explicitement cette réaction : que l'ennemi vienne sur son terrain ; il y serait meurtri, brûlé à petit feu, écœuré jusqu'au moment où il choisirait de lâcher prise, comme les Soviétiques en Afghanistan. Ben Laden pensait que ce tombeau américain serait aussi sur sol afghan. Il n'avait pas prévu l'Irak, plus parfaite trappe encore.

Cette façon de parler des guerres «contre le terrorisme» revient à décrire un désastre stratégique pour ceux qui les mènent. C'est exactement ce que fait James Fallows dans la livraison de septembre d'Atlantic, historique mensuel américain. Fallows, dans l'auscultation de l'Amérique en guerre depuis cinq ans, a des lettres de noblesse. C'est sa passion unique, et il avait publié à la veille de l'invasion de l'Irak un long article qui a fait date. Il lui avait donné un titre provoquant: «The Fifty-first State?» (le 51e Etat, de l'Union voulait-il dire). Faire cette guerre, écrivait-il, signifie que nous aurons à assumer toutes les responsabilités d'une puissance occupante, gérer l'économie, maintenir la paix, protéger les frontières d'Irak, pour des années ou peut-être des décennies. «Sommes-nous prêts pour cette relation à long terme?», demandait-il. Trois ans après, la réponse terrible s'écrit dans le sang.

James Fallows a continué à fouailler les entrailles des guerres d'après le 11 septembre, et sa dernière installation est un clou dans le cercueil. Pourtant, comme par malice, il donne à son enquête un ton optimiste : il donne au président des Etats-Unis, quel qu'il soit, le conseil de proclamer la victoire dans sa lutte contre Al-Qaida.

Fallows, trois ans après, a refait la tournée de tous les théoriciens de cette guerre, dont bon nombre avaient approuvé le renversement de Saddam Hussein par la force. Mais il s'intéresse à l'origine, à Al-Qaida. Et il pose cette question : du point de vue de l'organisation d'Oussama ben Laden, et de tout ce qui tourne autour, la situation est-elle bonne? La réponse est presque unanime : non. Michael Jenkins, un expert de la Rand Corporation, dans un livre qu'il vient de publier, imagine le bilan que peut tirer aujourd'hui un cadre de l'organisation. En cinq ans, tout est devenu plus difficile. Al-Qaida a perdu son sanctuaire, ses camps, des milliers de membres, tués ou arrêtés. Il ne peut plus communiquer que par coursiers, il n'a pas de commandement unifié, le financement est devenu compliqué, sous haute surveillance. L'organisation est dispersée. Elle existe en groupes séparés, pour lesquels Internet, fait remarquer Peter Bergen, ne remplace pas la camaraderie idéaliste des camps des vallées afghanes, ni la prise de décision d'une organisation soudée.

Des grandes opérations, comme celle du 11 septembre, sont dans ces conditions bien plus difficiles à mener à chef. Le démantèlement du réseau pakistano-britannique qui voulait faire exploser en vol des long-courriers est arrivé, après l'enquête de Fallows, comme une confirmation. Des attentats auront lieu, sans doute, y compris aux Etats-Unis, mais ils ne mettront pas sérieusement en péril la sécurité du pays. Ils seront désorganisateurs, mais les citoyens s'habituent à ce risque diffus.

Les experts interrogés par James Fallows disent autre chose, qui est en fait crucial. Al-Qaida a pris des coups, et il n'est peut-être pas plus dangereux que le mouvement anarchiste du tournant du XIXe siècle. Il conserve pourtant une formidable puissance de nuisance, qui est tout entière dans la manière dont l'Amérique et ses alliés ont répondu à sa menace. La comparaison anarchiste est éclairante. Les nihilistes ont peut-être tué en tout 2000 personnes, ce qui n'est rien. Mais il a suffi de deux de leurs victimes, un Archiduc et sa femme, pour que le monde entier plonge dans la barbarie de la guerre mondiale, presque dans un suicide de civilisation, dont les terroristes attendaient une révolution régénératrice.

Les Etats-Unis se sont abandonnés à une sur-réaction du même ordre, qui a correspondu de surcroît très exactement à ce que leurs ennemis attendaient : c'est le «morceau de tissu» de Ben Laden. Les armées américaines sont allées se faire saigner sur des terres musulmanes, en tuant des musulmans : ce qu'Al-Qaida les accusaient depuis toujours de faire ; elles sont entrées dans le rôle écrit à leur intention.

A l'intérieur, dans une surenchère hystérique, le pays s'est engagé dans des dépenses et des mesures de sécurité absurdes, sachant pourtant qu'il ne peut pas empêcher tous les coups qu'on veut lui porter. C'était aussi un objectif affiché par Al-Qaida: le «djihad économique», qui passe par des attaques contre les centres pétroliers, puis la débauche sécuritaire qui peut mettre en danger la productivité américaine. Il fallait que l'empire se saigne lui-même. L'exemple le plus symbolique de cette dérive aveugle, c'est la difficulté toujours plus grande, pour les étudiants du tiers-monde (levain de l'économie américaine) d'obtenir un visa et une place dans une université américaine.

L'autre sur-réaction est bien sûr l'abandon dans ce combat, par l'Amérique, de ses principes mêmes, à Guantanamo, à Abou Ghraib. C'est la plus grande victoire islamiste.

Toutes ces fautes stratégiques, les experts de Fallows les réunissent en une seule : la lutte contre le terrorisme ne peut pas être une guerre conduite par des armées, sauf à faire le jeu d'Al-Qaida, dont c'est l'attente démontrée.

Que faire alors? C'est la pirouette ultime de James Fallows, qui peut aussi être un programme politique. L'Amérique doit proclamer qu'elle a gagné : le mouvement terroriste ne menace plus sa sécurité. Ensuite, elle doit reconstruire une autre politique, en commençant par une désescalade. La lutte contre les extrémistes violents doit ressembler à celle qu'on mène contre des criminels. La sécurité intérieure, refusant le barricadage, doit privilégier les moyens de réagir à un événement catastrophique. L'Etat doit rétablir ses assises morales et développer une diplomatie intense.

Dans un climat de défaite, il est possible qui ces idées travaillent aussi bien la société israélienne que les Etats-Unis eux-mêmes.







Le Liban était-il un laboratoire avant l’Iran ?
Seymour Hersh affirme que les Etats-Unis étaient informés à l'avance des plans de bombardement israéliens.
Alain Campiotti
Les Arabes et les musulmans, dans leur condamnation de la guerre au Liban, associent les Etats-Unis à Israël. Parce que beaucoup d'armes de Tsahal sont américaines, et parce que l'administration Bush n'a pas demandé de cessez-le-feu tant qu'elle a pu croire que le Hezbollah aurait les reins brisés pour de bon.

La connivence entre les deux alliés dans cette campagne d'été a-t-elle été plus grande encore? C'est ce qu'affirme Seymour Hersh, pourfendeur aguerri du pouvoir républicain. Le reporter du New Yorker a l'oreille d'une partie de l'appareil de sécurité en rébellion contre la Maison-Blanche.

Quand le président américain, à Saint-Pétersbourg, avait dit que l'opération israélienne était un «moment de clarification», et qu'il fallait aller aux «racines de l'instabilité régionale» provoquée par le soutien de la Syrie et de l'Iran au Hezbollah, tout le monde a compris qu'il avait en tête la sécurité de l'Etat hébreu. C'était bien son souci, mais Seymour Hersh avance d'autres hypothèses. Il affirme - contre les démentis de l'administration - que les plans de bombardements préparés par l'aviation israélienne étaient connus à Washington avant le 12 juillet, date du raid islamique en Galilée et de l'enlèvement de deux soldats de Tsahal.

Que des plans d'actions aient préexisté, et que les alliés américains en aient eu connaissance, ce n'est pas très étonnant: les états-majors sont là pour ça aussi. Mais Hersh va plus loin. Il laisse entrevoir une coopération plus poussée, avec un objectif bien plus gros.

Le reporter avait déjà révélé au printemps que l'Air Force américaine avait dressé des plans de bombardements des installations nucléaires iraniennes enterrées, au cas où Téhéran refuserait de céder aux pressions du Conseil de sécurité et continuerait d'enrichir l'uranium.

Une campagne de bombardements des tunnels et des bunkers du Hezbollah, construits avec l'assistance de la République islamique, pouvait avoir à cet égard un triple intérêt. C'était un test de la capacité de les détruire du ciel seulement. C'était un avertissement aux Iraniens. Et en cas d'action ultérieure contre les installations nucléaires de Téhéran, c'était enfin priver les alliés islamistes libanais des moyens d'une attaque de diversion contre Israël.

Si ces calculs ont été faits à Washington (au Conseil national de sécurité, dans les services du vice-président Dick Cheney, mais avec la méfiance de Donald Rumsfeld, dit Hersh), ils sont maintenant réduits à néant. Avec même un effet négatif: l'avertissement s'est retourné contre l'expéditeur, en raison de la capacité de résistance et d'organisation du Hezbollah encadré par les Iraniens.

Le seul témoin qui parle à visage découvert dans l'enquête du New Yorker, Richard Armitage, ancien bras droit de Colin Powell, voit dans les difficultés militaires d'Israël une mise en garde à tous ceux qui rêvent d'en découdre avec Téhéran. Ce fut difficile au Liban, ce serait désastreux en Iran.
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Messagede droopy78 le Ven Aoû 18, 2006 18:21

Il est vraisemblable que Al Qaïda possède de quoi fabriquer une arme nucléaire. Non pas un missile intercontinental, mais plutôt une bombe "sale", à savoir une ceinture d'explosif qui serait fixée sur un kamikaze et qui comprendrait des éléments radioactifs.

En effet, depuis la chute de l'URSS, la mafia russe a entrepris de revendre des éléments nucléaires à plusieurs puissances étrangères (l'Iran notamment) et ce, avec la bienveillance des différents gouvernements qui se sont succédés à la tête de la Fédération de Russie.

Ce qui laisse penser que, si menace sur le territoire américain il y a, elle sera probablement de cette nature......
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Messagede Jameslol le Ven Aoû 18, 2006 18:53

J’ai toujours dis que Bush était un gros (mot sensuré) de va en guerre, je me disais qu'il avait ses conseillés autour de lui, mais nous avons assistés à trois départ de son entourage en un an. Je crains fort pour les américains et leur économie variante. L'avenir nous dira quoi mon commandant, mais pour moi lorsque l'on prend une décision à l'échelle mondiale, il ne faut pas se tromper (ce qui est le cas ici)


Salutations,


James
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