Maldoror a écrit:Sandrilicia a écrit:Je crois que vous accordez trop d'importance à vos textes, et que vous en oubliez de sentir, au delà du texte, les sentiments que vous pouvez ressentir.
C'est précisément parce qu'il y a eu à mon sens un peu trop de "bons" sentiments et pas assez de contenu dans le texte que nous en sommes arrivés à la situation présente.
C'est un point de vu parfaitement défendable, je trouve !

Je crois que "l'objectivité" est une façon de vouloir se placer sur une base "affective" commune et neutre pour essayer de régler les problèmes.
Mais je ne crois pas en l'existence d'une zone dénuée de sentiment et de sensations. Pour moi, l'objectivité n'existe pas, seul l'affectif existe, et l'illusion de pouvoir s'en passer.
(Et je suis effectivement à l'origine du point de vue de Titsta sur la question, mais je reste plus ouverte que lui, en général, sur les questions de différence de point de vu

)
Oui, il est toujours possible qu'une personne interprète de façon erronée les propos d'autrui. Que cette personne, malgré les divers éclaircissements apportés, persiste dans l'insulte et la diffamation, est toujours possible mais pas acceptable.
Je suis d'accord, la souffrance n'est pas acceptable. Du moins celle qui s'éternise, on peut excuser une souffrance "de choc".
Plus que le manque d'objectivité proprement dit, plus généralement, je crois que ne pas savoir se placer dans un "mode" de discussion accepté par celui avec qui on parle est une erreur à tenter de corriger.
Si le problème peut aussi se régler en se plaçant tous les deux dans un "mode" affectif, pourquoi pas ?

Maldoror a écrit:Le racisme comme exutoire institutionnalisé de certaines pulsions agressives... intéressant. Tu peux développer un petit peu plus?
(n'hésite pas à faire des pavés digne de l'empire gallo-romain, on est entre nous

)
Ok pour le pavé
Je crois qu'on cumule souvent en nous la dureté du monde, en essayant d'être fort et de ne pas être affecté.
Mais à force de le cumuler, il faut bien l'évacuer quelque part.
Chacun à sa manière de l'évacuer, pas nécessairement agressive, mais je crois que certains l'évacuent par de l'agressivité.
Je crois aussi que quelque part, on ressent forcément que c'est malsain. Donc on a besoin d'en trouver une justification affective.
Affirmer son agressivité envers un groupe, avec des mots, permet de trouver autours de nous des personnes qui fustigent ce même groupe. On peut donc y trouve à la fois un moyen d'évacuer son agressivité, et un moyen de justifier, par l'existence d'autre qui font pareil, l'évacuation de cette agressivité de cette manière.
Donc bien que malsaine, c'est une pratique qui est stable, qui s'auto-entretiens.
Voir qui attire d'autre personnes, qui se retrouve, par esprit de groupe à évacuer son agressivité de cette manière. Et qui sens bien que ça le soulage quelque part.
ça peut concerner ceux qui fustigent les hommes politiques, les pauvres, les riches, les femmes, les hommes etc...
Mais à partir du moment où le groupe prend conscience de son existence, il va chercher à assurer la survie la plus longue possible de ses besoins vitaux. À savoir l'évacuation de cette violence.
Ne permettre à l'"énemi" aucune échappatoire, en l'attaquant sur une notion de "nature", et pas sur un simple point de vue, ou une situation qu'il peut quitter, est une solution efficace. Je crois que l'origine du racisme viens de là. Quelqu'un de différent par sa nature ne peut rien y changer, il ne peut donc pas échapper à cette violence.
Je crois aussi que notre corps sens qu'il ne s'agit pas d'une méthode saine. Et signale ça par une sorte de malaise. Un signal qui montre la fragilité de cette façon d'agir. Mais comme il y a fragilité ressenti, il y a méfiance de la part du groupe, qui a tendance à se sentir agressé. (et donc forcément par l'ennemi, d'où pourrai provenir une fragilité sinon

)
Pour moi, c'est ça le racisme.
Bien sûr, il existe certaines forme de racisme "sans haine".
Je ne veux pas dire sans sensations malsaine, mais sans haine particulière, dirigé sur une personne en du groupe en particulier.
C'est un peu ce qu'on trouve dans certaines forme de racisme (dans ma définition), où les personnes ne haïssent pas les membres du groupe qu'ils fustigent.
ça peut paraître paradoxal, mais les sensations et sentiments sont souvent paradoxaux.
Je pense à des petits vieux qui sont racistes "anti-arabe", sauf ceux qu'ils fréquentent tout les jours, femme de ménage, commerçant etc... Qui eux sont "des gens bien".
En général, ce racisme se développe chez des personnes qui savent bien lutter contre le sentiment de haine en eux.
Mais comme je l'ai dis plus haut, la haine est aussi un excellent moyen d'évacuer son agressivité, et l'objet de la haine est très facile à trouver quand on est raciste.
Il est facile de passer d'un racisme "de groupe" à un racisme combiné à une haine des personnes de ce groupe en tant qu'individu.
Enfin, c'est l'idée que je me fais du racisme. Mais comme tu l'as dis, ce mot change de sens presque à chaque personne qui l'emploie.
(ce qui ne veux pas dire qu'il n'en a plus, à mon avis, sinon, plus personne ne l'utiliserai

)