VOMISSURES D’ERRANCE
Je déambule sans but ni rêve
Entre deux mondes différents:
La poésie, art attachant
Et la folie, antique sève.
Je ne peux vivre sans espoir
Pour moi, les portes se referment.
Serait-il temps de mettre un terme
A mes chroniques dérisoires.
La pluie me lave de ma sueur
Par où la crasse s’accumule.
L’indifférence rendrait nulle
La moindre petite lueur.
Je suis un mendiant sans excuses
Qui va au gré de ses rencontres;
N’ai plus de règles ni plus de montres,
Abandonné même par sa muse.
Je vais errer vers l’impossible
Vers le sommaire ou l’abandon.
Je ne réclame plus de dons
Et ne tend plus ma main nuisible.
J’ai dans le cœur la pierre fendue
Un lourd caillou de meurtrissure
Je guérirai si j’étais sûr
D’avoir un jour quelques revenus.
Je perds pied chaque matin
Chaque réveil est douloureux.
Quant aux regards des amoureux
Il participe a mon chagrin.
Ainsi mes vers se font angoisses
Ils prennent l’eau pour me noyer.
Alors, brisé, j’avance au gré
De ma dérive dégueulasse.
Je suis un monstre en liberté
Un psychopathe de la rime.
Qui n’a pour lui aucune estime.
Pas plus que pour l’humanité.
LOQUINET.


Très beau cri poétique sur le comportement de notre société de cocooning 




