silence a écrit:Notre personnalité résulte d’identifications successives mais ce qui me semble le plus grave, ce sont nos 5 premières années à tous.
Grave ? Important, oui, mais grave... c'est un jugement de "valeurs" sur ton cadre familial ?
Nous n’avons aucun moyens d’actions sur notre environnement, notre religion et autre cadre référentiel imposé. Des croyances s’installent en l’état et elles sont inconscientes.
Oui et il est peu probable d'en sortir ensuite, même à supposer des recherches phylosophiques ou des connaissances culturelles en immersion. S'y opposer même n'est pas en être indifférent. L'indifférence à sa mère, est-ce cela être adulte ?
De même et inconsciemment, je pense que nos amis proviennent d'affinités culturelles liées à la petite enfance, et donc que nous reconstituons autour de nous un milieu en phase avec notre identité culturelle. Nous en sommes quasi prisonniers, alors que paradoxalement, le voyage ethnologique commence sur le palier de porte d'à côté.
Je crois que ce sont des mondes parallèles qui se cotoient, à la fois faits de cultures différentes et de générations différentes.
Par exemple, je ne crois pas qu'un ancien de 60 ans ou un jeune de 10 ne vivent quotidiennement mon quartier comme je le vis. Les maisons, arbres, boutiques sont à la même place, mais nos visions du monde, nos constructions et nos centres d'intérêts doivent être bien différents.
Se positionner en dehors de nos propres cadres de références afin de ne plus subir leurs influences, n’est pas donné à tout le monde.
Non et comme le dit Bourdieu, une auto-analyse culturelle permanente est nécessaire de manière à ne pas porter de jugements de valeurs.
Je crois pour ma part que cela provient à la fois d'expériences d'enfants (la découverte de familles autres via des amis) mais également d'une culture particulière considérant les autres cultures comme étant égales et dignes d'intérêt (car alors sinon quel intérêt de connaîtres d'autres cultures?)
De fait, je me demande même si le libre arbitre peut exister en dehors d’une situation ponctuelle ou dans le désir d'objection.
Comme le dit judicieusement Mara, le "mythe personnel" reste réconfortant, idéalisé mais ne détruit pas les processus compensatoires mis en place.
Et je crois que c'est une bonne chose, notre rationalité étant limitée et notres formattage et personnalité des plus complexes; le risque serait de se louper ou de se perdre. Cette limite à notre liberté est certainement un mécanisme de sécurité.
L’accession concrète à d’autres systèmes de cognition demande une mort à soi-même, un reformatage total et si nous lisions entre les lignes des livres sacrés, c’est exactement ce qu’elles proposent.
Pourquoi pas l'immersion totale qui fait que par infusion, notre personnalité s'adapte à notre milieu ambiant, via les interfaces de communication ? Cela me semble moins dangereux et plus une démarche vers les autres qui humanise, qu'un travail sur soi, qui trop souvent déshumanise, non ?
Merci Chiron pour avoir fait remonter ce Topic
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Et merci à toi de relancer les discussions.
Le forum manque de philo ces derniers temps...

Il faut rire de tout, et surtout de soi.