de existence le Sam Juin 30, 2007 21:19
NB: ce texte est une fiction et toute ressemblance avec des personnes ayant existé ne pourrait être que fortuite...
Chapitre V : Peindre un coucher de soleil
Sur la toile, une ligne bleue était tracée suivant le contour de l'horizon. La toile avait encore quelques parties blanches que Sarah était en train de compléter. Quelle couleur, se demanda-t-elle vais-je mettre pour faire ressortir ce coucher de soleil ? Si le bord de la colline est trop bleu, on le confondra avec le ciel, mais si il est trop marron, le contour ne sera pas assez doux.
Elle posa son pinceau et s'assit dubitative devant le tableau. Eh bien, je vais lui donner une teinte entre le marron et le sable. Ce sera légèrement doré et accompagnera subtilement le soleil au loin.
Elle continuait sa peinture quand une feuille morte vint se poser sur le petit rebord de la fenêtre.
Ayant envie de s'aérer un peu, elle ouvra la fenêtre et remarqua la feuille. Elle repensa au rêve que lui avait raconté son mari, puis, afin de faire place nette, souffla sur la feuille qui s'envola vers une propriété non loin de là.
Là-bas, des voisins discutaient en prenant un apéritif. C'était un peu trop loin pour qu'elle puisse entendre la conversation. Mais elle pouvait voir bien sûr qu'il y avait deux couples qui discutaient et un enfant qui s'émerveillait devant des jouets en plastique.
L'un d'eux parlait un peu plus vivement et ponctuait ses interventions de mouvements avec ses bras. Un autre parlait plus doucement avec des gestes plus lisses. Un troisième ne parlait pas beaucoup, passant la plupart du temps à acquiesser. Enfin, le quatrième intervenait de temps en temps en prenant une posture un peu philosophique. L'enfant, lui ne se souciait guère de leurs digressions.
Chapitre VI : La ballade
L'après-midi, Sarah et son mari décidèrent de faire une ballade. Ils marchèrent le long de la rue qu'ils habitaient puis obliquèrent au croisement vers le quartier des lilas. L'air frais de ce début de printemps les revigorifiait. Le vent s'était calmé et le soleil les réchauffait légèrement.
Ils croisèrent en chemin un homme qui attira leur attention. Petit, il avait souffert de relations difficles avec ses parents. Il s'était construit avec certaine colère contre eux et à présent, il travaillait dans le bâtiment. Cela l'épanouissait et lui permettait d'oublier ces dures années, même si le travail était parfois pénible. Il s'était construit un mur envers ses parents et il était très désagréable quand dans une discussion on s'approchait du sujet. Il était marié, avait deux enfants. Sa femme était toujours d'accord avec lui de peur de le fâcher et cela lui convenait tout à fait étant donné qu'il voulait toujours avoir le dernier mot.
Tout cela, Sarah et Edouard ne le savait pas. Tout ce qu'il savaient, c'est qu'il s'appelait Nathan Dujardin et qu'il habitait dans la maison au coin de la rue. Ils se dirent « Bonjour » poliment puis continuèrent leur chemins respectifs.
Plus tard, ils croisèrent une femme. Elle attirait leur attention sans qu'il ne puisse l'expliquer. Quand elle avait 15 ans, elle avait été violée par son cousin de cinq ans son ainé, mais par peur de la réaction de son entourage et par honte, elle ne leur avait jamais rien dit. Ce souvenir était une grande souffrance mais elle n'arrivait pas à l'oublier. Elle était fan de puzzle et elle passait beaucoup de temps à ce loisir, quand elle avait du temps bien sûr. Elle travaillait à la pizzeria et cela ne lui déplaisait pas trop. Elle gardait toujours une certaine distance avec les hommes et du fait de son effort à chasser son souvenir de son esprit, elle avait une certaine crispation qui était parfois intérprêté comme un air snob.
Sarah et Edouard ne connaissait que son nom, elle s'appelait Jeanne Raplomb. Ils voyaient bien son air qui pouvait sembler légèrement hautain, mais auraient été incapable de dire ce que cela voulait dire. Elle tourna avant qu'ils ne se croisent. Sarah et Edouard continuèrent leur ballade et se dirigèrent vers la forêt.