[Texte] Le viel homme

Vous vous sentez l'âme d'un artiste ? Lachez vous !

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Messagede existence le Lun Juin 25, 2007 22:36

Chapitre I : Des souvenirs

Seul, dans sa cave, le vieil homme traçait sur le papier ce qui était peut-être les dernières pensées qui le traversaient. En effet, il savait que la fin de sa vie était proche, mais, si son corps acceptait lentement l'inévitable déchéance, son esprit ne pouvait se résoudre au néant.

Quelle pensée pouvait résumer son devenir ? Quel mot pouvait saisir tout le signification de l'extinction de sa vie ? La mort ? Si peu de signification pour une vie entière. Pour des souvenirs innombrables, pour des milliers de visages qu'il ne pouvait pas oublier.

C'est comme s'il devait faire machine arrière. Remonter le passé pour défaire un à un ses souvenirs. Entreprise impossible que voilà se dit le vieil homme. Comment pourrais-je faire cela ? Pourquoi devrais-je faire cela ?

Il se cramponnait de tout son esprit, tendu vers ces souvenirs. Pourtant l'ombre de la mort continuait à se profiler à l'horizon de son esprit, comme une éclipse qui cache inopinément une journée qu'on voudrait alors éternelle.

Quoique je fasse, se dit-il, cette éclipse grandit peu à peu dans mon esprit. Je crains cette nuit obscure qui s'apporche, car je ne peux pas l'imaginer. Trop d'étoiles brillent encore dans le ciel de mon esprit.
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Messagede existence le Lun Juin 25, 2007 22:39

Chapitre II : Un autre espace

Assis à la table, le vieil homme prit sa tête au creux de ses paumes, et l'espace d'un instant il s'oublia lui-même. Il lui semblait à présent que tout était trop lointain. Il écarta les mains et en les regardant, il voyait les souvenirs de son passé lui échapper, comme sortant de ses paumes et s'évaporant dans l'air.

Il sentait que lui-même perdait sa consistance. La texture de son corps lui semblait de plus en plus vaporeuse. Tout cela pouvait-il être le fruit de son imagination ? Il se rendait compte qu'il entrait petit à petit dans un autre espace.

Son corps était toujours là, mais son esprit avait bientôt dépassé le mur. Il voyait la maison. Et il voyait le jardin et la clôture. Ou était-ce son imagination ? Il ne se posait plus vraiment la question.

Il lui semblait qu'il pouvait distinguer les poteaux blancs avec leurs sommets anguleux. Il entendait le vent qui murmurait dans une langue qu'il comprenait du fond de son coeur. Le vent disait « je suis le proche et je suis le lointain ». Les feuilles de l'arbre bruissait et disait au vieil homme « il est le proche et il est le lointain. Si tu le suis, il t'emmènera là où tu ne vas pas ». Mais le vieil homme s'était déjà endormi...
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Messagede existence le Lun Juin 25, 2007 22:46

Chapitre III : Le rêve

Les contours cotoneux du rêve donnait à l'arbre du jardin une texture irréelle. Pourtant les contours de son écorce étaient bien nets. Chaque feuille avait son propre mouvement, pourtant il semblait qu'elles bougeaient ensemble.

Une feuille brune et craquelée se détacha de l'arbre et s'envola par delà la clôture. Elle survola la route et se posa devant la porte de la maison jaune.

Elle vibra au son de la voix d'une femme qui criait ou pleurait la mort de son mari. Son frère tentait en vain de la consoler mais l'absence lui tenaillait le ventre. Sa profonde souffrance s'était dressée comme un fil de fer barbelé arrachant des lambeaux de paysage et des morceaux de couleurs.

Le frère sortit un instant pour respirer, prendre l'air et en ouvrant la porte de la maison, la feuille s'envola de nouveau par delà les pavés. Elle passa au-dessus d'un ou deux jardins et finalement se posa sur une table en plastique blanc.

Sur la table il y avait deux tasses. Elisabeth et Jean prenait le café sur la terrasse. Ils parlaient de tout et de rien et ils souriaient. Jean regardait sa femme plein de tendresse alors qu'Elisabeth passait la main sur son ventre.

On ne pouvait pas le voir mais sous sa main, il y avait un enfant. Jean et Elisabeth le savait bien. Ils décidèrent de rentrer car le vent soufflait de nouveau. La feuille continua alors son voyage et s'envola par-delà les poteaux de la clôture de leur jardin.
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Messagede existence le Lun Juin 25, 2007 23:11

Chapitre IV : Rêve et réalité

Le vieil homme se réveilla au petit matin. La lumière commençait à remplir la pièce par la petite fenêtre. La bougie s'était éteinte. Il s'était endormi sur la table et son dos lui faisait remarquer que l'idée n'était pas bonne du tout. Il avait dit à Sarah qu'il ne tarderait pas mais, bien sûr, il n'était pas remonté se coucher.

La table du petit déjeuner était recouverte d'une nappe plastique avec comme motif des carreaux rouge et blanc. Il était encore tôt et Sarah ne s'était pas encore levé. Il commença à tartiner de la margarine avec un couteau à bout rond sur sa tartine. Il repensa au rêve étrange qu'il avait fait.

Il décida d'aller voir dehors. Il prit le temps de finir son petit déjeuner et sortit modestement vêtu dans l'air frais du matin. Il y avait bien une maison jaune, il l'avait déjà remarquée. Mais c'était des gens qui parlaient peu et à vrai dire, il ne savait si son rêve était juste.

Il continua le long de la route jusqu'à l'autre maison où était allé la feuille. La table blanche était bien là, enfin, elle n'était pas si blanche que cela. Encore une fois, difficile de savoir si son rêve lui avait joué des tours. Il regarda sur la boite au lettre mais il était inscrit seulement le nom de famille : M. et Mme Delacor.

Il était un peu trop tôt pour sonner, et puis, il aurait l'air bête. Il rebroussa chemin et marcha vers la fin de son petit déjeuner écourté.
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Messagede Naï le Lun Juin 25, 2007 23:12

Sérieux. Excellentissime !!

Y'a pas d'autre mot !
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Messagede existence le Lun Juin 25, 2007 23:16

Naï a écrit:Sérieux. Excellentissime !!

Y'a pas d'autre mot !

Merci, merci :fou:

J'ai un peu modifié le chapitre II. Ca faisait trop court et trop saccadé.
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Messagede Naï le Lun Juin 25, 2007 23:21

La suiiiiiiiiiiiiiiiite !!!! :love::love:
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Messagede existence le Lun Juin 25, 2007 23:29

J'ai rajouté le chapitre IV, chépa si t'as vu.

Sinon, il est un peu tard, je crois que je vais bientôt aller au dodo
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Messagede Naï le Jeu Juin 28, 2007 23:26

Oui, j'avais vu :ok:

Mais y'a bien une suite ? :-? non :-?

En tout cas, j'aime :)
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Messagede existence le Ven Juin 29, 2007 12:47

Naï a écrit:Mais y'a bien une suite ? :-? non :-?

Faut que je la trouve... :fou:
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Messagede Naï le Ven Juin 29, 2007 22:54

Oki :)
J'attend la suite :love:
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Messagede silence le Sam Juin 30, 2007 00:32

:love: Moi aussi :love:
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Messagede lafleurdesbois le Sam Juin 30, 2007 19:29

moi aussi
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Messagede boo le Sam Juin 30, 2007 19:36

pareil


oh une fleurdesbois par ici :coucou:
je prefere vivre pauvre avec mon ame que vivre riche avec la leur......
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Messagede existence le Sam Juin 30, 2007 21:19

NB: ce texte est une fiction et toute ressemblance avec des personnes ayant existé ne pourrait être que fortuite...

Chapitre V : Peindre un coucher de soleil

Sur la toile, une ligne bleue était tracée suivant le contour de l'horizon. La toile avait encore quelques parties blanches que Sarah était en train de compléter. Quelle couleur, se demanda-t-elle vais-je mettre pour faire ressortir ce coucher de soleil ? Si le bord de la colline est trop bleu, on le confondra avec le ciel, mais si il est trop marron, le contour ne sera pas assez doux.

Elle posa son pinceau et s'assit dubitative devant le tableau. Eh bien, je vais lui donner une teinte entre le marron et le sable. Ce sera légèrement doré et accompagnera subtilement le soleil au loin.
Elle continuait sa peinture quand une feuille morte vint se poser sur le petit rebord de la fenêtre.

Ayant envie de s'aérer un peu, elle ouvra la fenêtre et remarqua la feuille. Elle repensa au rêve que lui avait raconté son mari, puis, afin de faire place nette, souffla sur la feuille qui s'envola vers une propriété non loin de là.

Là-bas, des voisins discutaient en prenant un apéritif. C'était un peu trop loin pour qu'elle puisse entendre la conversation. Mais elle pouvait voir bien sûr qu'il y avait deux couples qui discutaient et un enfant qui s'émerveillait devant des jouets en plastique.

L'un d'eux parlait un peu plus vivement et ponctuait ses interventions de mouvements avec ses bras. Un autre parlait plus doucement avec des gestes plus lisses. Un troisième ne parlait pas beaucoup, passant la plupart du temps à acquiesser. Enfin, le quatrième intervenait de temps en temps en prenant une posture un peu philosophique. L'enfant, lui ne se souciait guère de leurs digressions.

Chapitre VI : La ballade

L'après-midi, Sarah et son mari décidèrent de faire une ballade. Ils marchèrent le long de la rue qu'ils habitaient puis obliquèrent au croisement vers le quartier des lilas. L'air frais de ce début de printemps les revigorifiait. Le vent s'était calmé et le soleil les réchauffait légèrement.

Ils croisèrent en chemin un homme qui attira leur attention. Petit, il avait souffert de relations difficles avec ses parents. Il s'était construit avec certaine colère contre eux et à présent, il travaillait dans le bâtiment. Cela l'épanouissait et lui permettait d'oublier ces dures années, même si le travail était parfois pénible. Il s'était construit un mur envers ses parents et il était très désagréable quand dans une discussion on s'approchait du sujet. Il était marié, avait deux enfants. Sa femme était toujours d'accord avec lui de peur de le fâcher et cela lui convenait tout à fait étant donné qu'il voulait toujours avoir le dernier mot.

Tout cela, Sarah et Edouard ne le savait pas. Tout ce qu'il savaient, c'est qu'il s'appelait Nathan Dujardin et qu'il habitait dans la maison au coin de la rue. Ils se dirent « Bonjour » poliment puis continuèrent leur chemins respectifs.

Plus tard, ils croisèrent une femme. Elle attirait leur attention sans qu'il ne puisse l'expliquer. Quand elle avait 15 ans, elle avait été violée par son cousin de cinq ans son ainé, mais par peur de la réaction de son entourage et par honte, elle ne leur avait jamais rien dit. Ce souvenir était une grande souffrance mais elle n'arrivait pas à l'oublier. Elle était fan de puzzle et elle passait beaucoup de temps à ce loisir, quand elle avait du temps bien sûr. Elle travaillait à la pizzeria et cela ne lui déplaisait pas trop. Elle gardait toujours une certaine distance avec les hommes et du fait de son effort à chasser son souvenir de son esprit, elle avait une certaine crispation qui était parfois intérprêté comme un air snob.

Sarah et Edouard ne connaissait que son nom, elle s'appelait Jeanne Raplomb. Ils voyaient bien son air qui pouvait sembler légèrement hautain, mais auraient été incapable de dire ce que cela voulait dire. Elle tourna avant qu'ils ne se croisent. Sarah et Edouard continuèrent leur ballade et se dirigèrent vers la forêt.
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