de Enhancer_yws le Mer Mar 17, 2004 19:27
MADRID (AFP) - Les dirigeants occidentaux ont affiché mercredi leur fermeté et leur détermination à défendre les valeurs du "monde libre" face à la menace terroriste, après les attentats meurtriers de Madrid attribués à la nébuleuse Al-Qaïda.
Le terrorisme est "une guerre contre notre mode de vie, une guerre contre notre liberté" et la seule façon de le vaincre est que "la communauté internationale reste ferme", a déclaré mercredi le Premier ministre britannique Tony Blair, en écho à un appel à la "fermeté" du "monde libre" lancé peu auparavant par le président américain George W. Bush.
Une fermeté également prônée par le président français Jacques Chirac, pour qui "face au terrorisme, nos démocraties doivent renforcer leur unité, défendre leurs valeurs, affirmer leur volonté et montrer une détermination sans faille".
"Elles ne se laisseront pas impressionner", a-t-il assuré.
M. Chirac a fait cette déclaration au lendemain de l'annonce qu'un groupe inconnu parlant au nom des "Serviteurs d'Allah le Puissant et le Sage" menaçait la France d'attentats, lui reprochant le vote de la loi interdisant le port du voile à l'école.
Il avait alors insisté sur le fait que la France, hostile à l'intervention américaine en Irak, "n'est pas à l'abri d'actes terroristes".
"Je pense que les terroristes vont tuer d'autres innocents pour essayer de faire trembler le monde", a averti pour sa part le président américain.
Face à cette menace, "il est essentiel que le monde libre reste ferme, résolu et déterminé", a-t-il ajouté, rappelant que les terroristes "n'ont pas tué seulement en Espagne, ils ont tué aux Etats-Unis, ils ont tué en Turquie, ils ont tué en Arabie Saoudite. Ils tuent partout où ils peuvent".
Pour Tony Blair, "il n'y a aucun moyen d'apaiser ces gens, c'est pourquoi nous devons les vaincre". Il a réaffirmé qu'il serait "naïf" de penser que cette menace diminuera en se retirant d'Irak, alors que le futur président du gouvernement espagnol José Luis Zapatero a réaffirmé mercredi sa décision "claire et ferme" de retirer les troupes espagnoles d'Irak.
Les pays engagés au côté de Washington dans la guerre en Irak -- au premier rang desquels la Grande-Bretagne, où Scotland Yard juge une prochaine attaque terroriste "inévitable" -- ont fortement renforcé leurs mesures de protection dans la crainte de représailles d'Al-Qaïda.
La Corée du sud a été placée en état d'alerte, le président par intérim, Goh Kun, estimant que les pays "qui ont des soldats stationnés en Irak sont devenus des cibles privilégiées du terrorisme".
Au Japon, également engagé en Irak, la police va plus que doubler le nombre de ses agents déployés dans les principales gares de Tokyo, alors que l'Australie annonçait une rallonge budgétaire de 400 millions de dollars australiens (300 millions USD) pour ses services secrets.
Partout, les autorités ont affirmé leur volonté de transparence tant à l'égard des populations que de leurs alliés, tirant la leçon des agissements du gouvernement de José Maria Aznar, accusé d'avoir, à des fins électoralistes, délibérément fait porter la responsabilité des attentats à l'organisation séparatiste basque ETA, et cela en dépit des indices démontrant une implication d'Al-Qaïda.
En Espagne, où l'enquête est entrée dans "une phase décisive" selon les autorités, le prochain chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero a jugé prioritaire la mise en place d'un "nouveau modèle de sécurité beaucoup plus sûr face au défi du terrorisme".
Un approfondissement de la coopération européenne en matière de lutte contre le terrorisme sera au coeur des travaux du prochain Conseil européen à Bruxelles, les 25 et 26 mars à Bruxelles.
D'ici là, les ministres de l'Intérieur de l'UE se retrouveront vendredi à Bruxelles et les responsables des principaux services anti-terroristes de l'UE "dans les prochains
En dehors du continent européen, l'Union africaine (UA) a elle aussi décidé d'ouvrir d'ici six mois un "centre anti-terrorisme" qui siègera à Alger.
"Nous ne faisons pas cela pour plaire aux Espagnols ou aux Américains, nous le faisons pour notre propre bien. Nous avons subi le terrorisme nous-mêmes, comme au Kenya et au Maroc", a rappelé le président de l'UA, Alpha Oumar Konaré.
Parallèlement, la traque des membres d'al-Qaïda s'est intensifiée ces dernières heures à la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan.
Des combats entre extrémistes islamistes et forces pakistanaises ont fait 39 morts, dont 15 soldats, depuis mardi dans le district tribal du Sud-Waziristan. De l'autre côté de la frontière, les forces américaines mènent une opération similaire dans la province afghane de Paktika.
Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell, en visite mercredi en Afghanistan, est arrivé jeudi au Pakistan pour s'entretenir notamment des efforts d'Islamabad dans la traque d'Al-Qaïda.