Communion
Nous avons perdu le rivage d’une manière ou d’une autre
Devenus les amis
D'une théorie précoce
Assez intimes pour parler
Du désir et de la peine de l’absence
Des fautes que l’on pourrait faire
La chance en est donnée.
Chaque sourire échangé
Rend plus difficiles à éviter
Les rêves qui nous visitent,
Allongés dans le début de soirée
Rideaux d’ombres, saufs, peau
Contre peau.
Fleur de compassion,
Respect des instants,
Un regard soutenu qui se change
Pour toujours en un nouveau
Voile qui tombe au loin.
Ceci après t’avoir vu
La nuit dernière, pour la première fois
T’avoir humée avec
Permission : Des épaules
Pour s’émerveiller candidement,
Embrassées aussi soigneusement
Que ces bras
Attendus impossiblement.
Ils m’ont serré maintenant
Et ton souffle
En bas de mon dos
A chassé au loin l’air de la nuit
Qui m’ébranlait
Dans la sombre porte
Anglicane.
Sommes-nous ruinés pour
Avoir trouvé l’accès à nos visages
Et voulu en savoir plus
Sur le matin ? Est-ce que
L’amitié est annulée
Si nous ne pouvons plus jamais
Nous appeler l’un l’autre
Dans l’amnésie, nous convier
Aux derniers coups d’œils
Sous les ombrageuses horloges
Qui nous disent quand nous en avons
Eu assez ?
Tes mains qui ne tremblaient pas
Berçant mon crâne
Reconnaissant : Etais-tu en train de toucher
Mon visage pour
Garder une image
Que tu t’es rarement autorisée
Après avoir quitté
Cette alcôve froide ?
Suis-je une photographie
Que tu regardais dans
Les moments de faiblesse ?
Tu m’as commandé,
Mes genoux
Dans tes bras
Ce n’était pas pour mendier
Que je m’agenouillais ; Juste
Pour te voir une fois
Depuis en dessous.
J’ai essayé de dire quelque chose
Qui emplissait ma bouche
Et languissait de se reposer
Au creux de ton oreille.
Je n’ose pas l’écrire
Par crainte qu’il ne devienne
Des mots, rien que
Des mots.




