Ainsi donc, le gouvernement est en train de nous concocter la loi tant promise contre "l'homophobie". Il est vrai qu'un homme politique tel que Raffarin aurait bien mauvaise grâce à ne pas se plier au diktat des sacro-saintes zassociations, puisque leur rôle dans la société est de dire le bien, tandis que le salaud d'électeur moyen ne poursuit que son propre intérêt personnel. Qui oserait s'opposer à cette nouvelle caste inquisitoriale de grands clercs, qui disent le bien dans l'approbation générale de leurs relais médiatiques? Les grands clercs ont donc décrété que les homosexuels étaient des victimes, et que ceux qui leur feraient du mal seraient punis. Les homosexuels rejoignent donc les baleines bleues, les edelweiss, les picard-tournaisienphones, les trisomiques, et toutes les espèces protégées à la limite de a souffrance épileptique dès que la mise en cause de leurs prérogatives se profile.
Cette loi m'embête sacrément, parce que moi, justement, je suis homophobe. Je me prépare à faire mes valises et à être déchu de ma nationalité Française. Je pourrais évidemment envisager de fermer ma gueule et de rester chez moi tranquillement, de ne pas perturber la messe en boucle des ténors du milieu-zassociatif qui disent le bien, et qui seront bientôt les seuls autorisés à dire quelque chose, à condition que ce soit toujours la même chose, c'est à dire le bien tel qu'ils le conçoivent. Cependant il n'est pas clair que cela suffise, et n'est-ce pas une trahison envers le Parti? Ne représenterai-je pas un danger latent pour la société en trimballant mes sentiments homophobes refoulés dans les lieux publics et les rassemblements festifs pleins de spectacles vaudous afin qu'avancent les causes justes de la paix dans le monde, des drouadlom et tutti quanti? Il me semble qu'au minimum, je devrais me plier à une psychotérapie pour extirper de moi les idées homophobes que ces saloperies de neurones mal connectées font circuler dans ma matière grise. Il a bien fallu en arriver là pour que Chtcharansky, Sakharov et autres détruisent en eux leurs préjugés bourgeois et capitalistes, et pourtant le communisme est un idéal encore plus noble et respectable que l'homosexualité.
Je vais donc aller au-devant des désirs du Parti, en espérant qu'après quelques années de camp et de psychotérapie j'aimerai sincèrement les homosexuels et qu'en considération de cet amour que le Parti aura enraciné en moi, je ne serais pas déchu de ma natonalité Française, ce bien on ne peut plus précieux puisque nous sommes la patrie des droits de l'homme, comme en témoignent toutes ces lois qui permettent au nom du bien universel à des associations "humanitaires" de tradire en justice des citoyens pour ce qu'ils disent et ce qu'ils pensent.
Chers membres du parti, oyez la tragique odyssée d'une brebis galeuse qui partie de la bien-pensance la plus cachère qui soit, des bons sentiments que même au sein des courants les plus altruistes du PS on saupoudre d'une pincée de hargne pour avoir l'air plus chic, est descendue dans la spirale immonde de l'homophobie.
On ne naît pas homophobe, on le devient.
Cher commissaire du Parti, je vous entend déjà penser: "milieu traditionnaliste...sans doute des militaires de carrière...ex-collabos...réaction...grandes familles...".
Je vous rassure tout de suite, j'ai été élevé dans les plus orthodoxes traditions soixante-huitardes. Chez moi on crachait quotidiennement sur la famille, on ne jurait que par Freud et Marcuse, et mes parents désiraient sincèrement que je pratique l'homosexualité, qui à l'époque était déjà plus branchée et mieux vue, bref plus mainstream, plus officielle, que l'hétérosexualité.
A l'âge de vingt ans j'avais beaucoup d'amis homosexuels (j'attire l'attention du Parti là-dessus dans l'espoir d'obtenir une réduction de peine); je n'en avais rien à foutre, dans la plupart des cas je n'étais pas même au courant, et ils me foutaient la paix avec leur homosexualité.
Mais depuis une bonne dizaine d'années, voilà que je vis dans une pénible impression de harcèlement. Bien sûr en tant que membre de caste inférieure, je ne saurais prétendre à aucune compensation d'aucune sorte pour le harcèlement dont je m'estime victime. Mais je voudrais attirer l'attention du Parti sur le fait que ce harcèlement m'a, à mon insu, rendu homophobe, au bout d'un processus insensible, lent et pervers.
Je me retrouve dans la même situation que ce héros de Lauzier, maoïste fervent, qui après vingt ans d'ingurgitation quotidienne des pensées du Grand Timonnier, s'y est retrouvé allergique et a succombé à une crise de nerfs, finissant par crier devant sa femme et ses enfants:
-LE PRESIDENT MAO EST UN GROS CON ET SES PENSEES ME FONT PROFONDEMENT CHIER!
Lesquels se sont bien entendu empressés d'aller le dénoncer à la police.
Eh bien moi aussi je me trouve dans cet état de névrose et j'ai envie de hurler:
-LES ACTIVISTES HOMOS SONT DES ENCULES ET LEURS LOIS, ILS PEUVENT SE TORCHER AVEC.
Allez savoir pourquoi, on a parfois de tels accès de violence...
Mais, cher Monsieur le Commissaire, vous me demanderez d'où vient ce sentiment de harcèlement?
Eh bien, il y a d'abord le fait qu'on ne peut plus ouvrir un journal sans entendre parler des "revendications des homosexuels"; à force, ça finit par taper sur les nerfs, surtout quand c'est illustré par moults patins cloniques roulés par des personnes du même sexe. A ça, on peut rajouter l'ambiance chique-lesbienne de nombre de publicités (au fait, pourquoi lesbienne et pas homo?). C'est bizarre, mais je n'ai pas envie que mes enfants vivent dans un monde pareil. Je dois être un vieux con.
Ensuite, il y a le fait que je paye des impôts. Et je ne comprends pas très bien pourquoi les associations homosexuelles veulent qu'on leur donne l'argent de mes impôts, au simple motif qu'elles se livrent à la promotion de l'homosexualité. Est-ce que l'homosexualité serait un bien public, une composante essentielle du développement durable? Des études statistiques récentes auraient-elles démontré qu'il n'y a pas assez d'homosexualité, et que celle-ci doit-être encouragée par les pouvoirs publics, au moyen de subventions? Et ce que je comprends encore moins bien, c'est pourquoi l'Etat subventionne des films pornographiques homosexuels? J'aimerais qu'on m'explique, je dois être un peu con. Est-ce pour éduquer les enfants? Pour accroître le rayonnement de la France à l'étranger? Pour lutter contre la progression des maladies véneriennes? Pour réduire les incitations au viol? Je dois être injuste, mais j'ai comme l'impression que ce monde dans lequel je n'ai pas envie que mes enfants vivent, ce sont les représentants des homosexuels qui le façonnent. Avec mon argent.
Il y a aussi le fait que je crois à un certain nombre de valeurs. La famille, par exemple, institutionnalisée par le mariage. Certes, monsieur le Commissaire, cela prouve tout simplement que je suis un vieux con, et je sais pertinemment que les vieux cons n'ont plus leur place dans l'Espace de Francitude Génial. Cependant, quand j'entends parler de mariage homosexuel, je ne peux pas m'empêcher de penser que cette mascarade a pour but de démolir le mariage tout court, et aussi d'ouvrir la porte à l'adoption d'enfants par les homosexuels. Seulement voilà, l'idée que mes petits enfants, par exemple, puissent vivre dans un foyer avec deux parents du même sexe, m'horrifie. Et j'ai l'impression désagréable que c'est ce que veulent les représentants des homosexuels, et qu'ils sont prêts pour cela à (i) imposer des quotas d'adoption pour empêcher les juges de se fier à la morale judéo-chrétienne en faisant adopter les mômes par des couple normaux, pardon, hétéros, (ii) en attendant, me faire taire à coup de lois gauchistes à la sauce Raffarin, comme d'habitude sans la moindre critique de la part d'aucun organe de presse.
Bref, je me sens harcelé par les homosexuels, tous les jours, par médias interposés. En tant que partisan de la liberté d'expression. En tant que conservateur. En tant que contribuable. En tant qu'usager de l'espace public. Ces gens-là qui demandent le respect à grands cris, quel respect ont-ils pour moi? Ils se démènent pour imposer des lois qui m'empêchent de m'exprimer, et ils veulent qu'on les aime?
La majorité des imbéciles qui peuplent ce pays pensent que le principal danger pour la démocratie vient du Front National. Comme si l'histoire se répétait et qu'ils pouvaient accéder au pouvoir autrement qu'en tant que partenaire minoritaire dans une coalition. Ce qui ne risque pas d'arriver puisque la clique qui nous gouverne préfèrerait confier à Besanceconnot les clés du royaume pourqu'il le parsème de petits Goulag, plutôt que d'accorder le ministère de la cueillette des pâquerettes à un ignoble partisan de la "préférence nationale".
Non, l'histoire ne se répète pas, et de tous temps le totalitarisme a été dans le sens du vent et politiquement correct. Le Maréchal Pétain était unanimement considéré comme le "sauveur de la France". Honnir la ploutocratie judéo-américaine tenait du conformisme sous Hitler. Le culte du chef et du sport introduit par Mussolini était dans l'air du temps de l'époque. Et je ne rappellerai pas les troupeaux de brebis aveugles, normaliennes ou autres, qui bêlaient en choeur que Staline était un génie.
Pour connaître les vrais dangers, écoutons ce que bêlent les moutons, voyons ce à quoi personne n'ose résister, traquons les unanimités.
Alors peut-être nous commencerons à ouvrir les yeux.