Pour une révolution mentale

Nature et cadre de vie

Pour une révolution mentale

Messagede tolosa le Mer Aoû 31, 2005 20:24

Bonjour,
Je suis intimement persuadé que nous sommes à la veille (cela se compte en décennie) d’un écroulement de notre civilisation consommeriste. Pour une raison simple : elle n’est pas tenable dans le temps car elle ne tient pas compte que le monde est un espace fini. La seule question qui vaille pour nos enfants (et pour les plus jeunes forumeurs..) est celle de savoir si cet écroulement sera violent ou s’il sera la conséquence d’un changement radical des mentalités.
Le constat actuel est simple et connu : Nous cannibalisons nos ressources. Il nous reste à mon avis moins de 50 ans pour modifier radicalement notre mode de vie si nous voulons sauvegarder l'écosystème. Il reste, au rythme de consommation actuel, 41 années de réserves prouvées de pétrole, 70 années de gaz, 55 années d'uranium. Nous consommons désormais plus de ressources fossiles que nous en découvrons de nouvelles. De plus, Il est prévu, d'ici à 20 ans, un doublement du parc automobile mondial ainsi qu'un doublement de la consommation énergétique mondiale. Enfin, plus nous approchons du terme des ressources, plus celles-ci sont difficilement extractibles.
Nous détruisons à un rythme accéléré la nature : ainsi si le rythme actuel de déforestation n’est pas modifiée dans cinquante ans, la forêt amazonienne aura cessé d’exister. Des 998 millions d’hectares de forêts en 1970, il ne restait que 958 millions en 1980, 919 en 1990 et 913 en 1994, soit plus de 60% de la quantité coupée sur l’ensemble de la planète. On estime, par ailleurs, la destruction de la floresta amazonica à 5,8 millions d’hectares par an. Sources : Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE)
La pollution des sols, des mers et de l’air augmente de façon alarmante
Ce constat est connu de tous : le seul remède possible est de sortir est de l’univers mental dans lequel nous sommes enfermés et qui conduit à une inversion des valeurs : la consommation n’est pas un moyen de subsistance mais une fin en soi. Car nous avons fait de l’économie le dernier dieu encore vivant. La funeste constitution européenne en est une dérisoire manifestation : ériger comme valeur suprême la recherche d’une économie hautement compétitive est une aberration qui nous coûtera cher : un exemple pour rendre compétitif l’économie, il faut en diminuer les charges, il faut donc agir sur les variables d’ajustement. Le coût de la main d’œuvre est la première variable. Une telle logique conduit donc à la délocalisation. Car le drame est que le coût écologique des délocalisations n’est jamais pris en compte dans le prix de revient des produits. Par exemple exporter 60 % des jouets de Chine ou de Thaïlande suppose l’utilisation de combustibles fossiles pour le transport, de la pollution maritime (dégazage par exemple). Je le dis haut et fort même si cela peut paraître emphatique, pour sauver la planète, il faut cesser cette course suicidaire à un marché mondial et revenir à des marchés locaux. Toutes nos actions politiques, économiques et sociales ne devraient aujourd’hui essentiellement déterminées que par rapport au critère de leur impact environnemental.
Or, cette pensée est aujourd’hui incroyablement difficile à accepter parce que nous sommes conditionnés par un mode de pensée incroyablement puissant. Nous attendons par exemple la reprise de la croissance comme étant la planche nécessaire de salut de notre société pour en soulager une partie de ces maux. Pourtant qu’est-ce que la croissance sinon une agression supplémentaire d’un monde qui n’en peut plus ?
Sans une révolution mentale, nous ne saurons pas capable de relever les défis gigantesques qui sont devant nous
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Messagede tolosa le Mer Aoû 31, 2005 20:58

Je continue si vous le voulez bien ma reflexion..
Tout le système économique repose sur la création de valeur monétaire. Cette création de valeur n'est pas un moyen pour atteindre un but (l'amélioration du mode de vie de chacun) mais une fin, qui a eu certes comme conséquence l'amélioration de la qualité de vie d'une fraction finalement assez faible de la population mondiale). Elle a un coût écologique majeur que nul aujourd'hui d'honnête ne conteste. Par exemple, le système économique a un besoin vital que le marché chinois se développe. Or, que signifie en terme de coût écologique le développement économique considérable de la Chine sinon des atteintes considérables et peut-être irréversibles aux éco-systèmes, mais cela ne semble choquer personne que le système économique dans lequel nous vivons exige une atteinte sacrificielle du patrimoine commun de l'humanité.
Le système mis en danger par un rejet de plus en plus fort du corps social secrète quelques anti-corps conceptuels (qui fonctionnent bien manifestement sur quelques esprits qui ne demandent qu'à être convaincus).
De quels anticorps s'agit -il ?. Je n'ai pas la prétention de me livrer à une analyse exhaustive : en voici un florilège.
1° la relation entre néo-libéralisme et dégats écologique n'est pas établie : c'est une thèse que l'on a beaucoup entendu s'agissant du réchauffement de la planète. Personne aujourd'hui ne conteste que les activités humaines ont un rôle majeur sur le rechauffement de la planète. Personne aujourd'hui ne conteste également que le refus de voir l'évidence a été pour beaucoup motivé par des considérations purement économiques.
2° Les atteintes à l'environnement seraient inévitables sauf à sacrifier le mode de vie des pays développés.
Ce n'est absolument pas vrai. Un exemple : le néo-libéralisme qui est pour simplifier le triomphe des investisseurs financiers sur les entrepreneurs exige une ouverture complète des frontières (pour profiter des conditions économiques les plus favorables à la rentabilité des capitaux). Or cette ouverture complète des frontières - outre qu'elle constitue une aberration économique - à un coût écologique majeure car elle multiplie les besoins de transport dont le coût écologique est énorme. Il serait tellement plus judicieux de mettre en place des marchés locaux (au niveau européen protégé car le protectionisme est une mesure excellente)
On ne peut pas décoreller la protection de l'environnnement d'une réflexion globale sur notre système économique.
Le seul projet viable, et qui constitue une mission exaltante, est de maintenir au maximum possible notre qualité de vie (ce qui ne signifie pas nécessairement notre mode de vie). La qualité de vie doit être entendue à la fois dans le sens matériel (il est hors de question pour reprendre l'expression d'un forumeur d'aller vivre dans les arbres), culturel (sommes nous condamnés pour toujours à la sous-culture mercantile ), et écologique, car que signifie une croissance de 3 % si le prix à payer est de vivre dans un environnement dégradé ?
Cet objectif devrait être la finalité même de notre système économique et politique. Or, force est de constater que ce n'est pas du tout le cas, bien au contraire.
Par exemple, l'ouverture sans frein des marchés (qui est si on réflechit bien, la négation même de la concurrence, ce qui n'etonnera que ceux qui ne connaissent pas bien les entreprises), entraîne nécessairement une déflation salariale forte, une pression de plus en plus grande sur les salariés et le monde du travail de façon plus générale, pour le plus grand profit des entreprises (ce ne sont pas des propos maoïstes, comme la vulgate néolibérale voudrait le faire croire, mais la réalité que chacun peut percevoir). De plus, une telle libéralisation entraîne des coûts écologiques de plus en plus importants. Un seul exemple : la libéralisation des marchés s'est accompagnée d'une libéralisation sauvage du transport mondial qui est aujourd'hui assuré pour beaucoup par des navires dans un état souvent lamentable, servis par des marins exploités venant d'anciens pays communistes (ce qui pourrait être en soi un sujet de reflexion)
Un exemple, il n'est pas aujourd'hui une activité salariée qu'on ne puisse délocaliser en Inde ou en Chine. Favorier la libre circulation des marchandises, revient à favoriser les délocalisations, ce qui permet d'augmenter les profits, d'assurer le maintien continu d'une pression salariale, et augmenter les impacts écologiques négatifs.
EN d'autres termes, le développement durable est subordonné à une réflexion majeure sur notre système économique, lequel est très pernicieux, et qui est servi par une propagande idéologique très forte qui brouille les repères pour masquer les enjeux.
Changeons notre système et modifions nos mode de vie pour maintenir notre qualité de vie.
En d'autres termes, sauvons le capitalisme, en luttant contre le néolibaralisme.
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